l’islamophobie. Critiquer la violence militante de cette religion dans son incarnation contemporaine était considéré comme du fanatisme.

vendredi 30 novembre 2012
par  siksatnam
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" Quelque chose de nouveau était en train de se produire, la montée d’une nouvelle intolérance. Elle se répandait à la surface de la terre mais personne ne voulait en convenir. Un nouveau mot avait été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles :

l’islamophobie. Critiquer la violence militante de cette religion dans son incarnation contemporaine était considéré comme du fanatisme. Une personne phobique avait des positions extrêmes et irrationnelles, c’était donc elle qui était fautive et non pas le système religieux qui revendiquait plus d’un milliard d’adeptes à travers le monde. Un milliard de croyants ne pouvaient pas avoir tort, les critiques devaient donc être ceux qui avaient l’écume aux lèvres. Quand, voulut-il savoir, était-il devenu irrationnel de détester la religion, quelle qu’elle soit, et de la détester avec force ? Depuis quand la raison était-elle définie comme la déraison ? Depuis quand les histoires fantaisistes des superstitieux étaient-elles hors d’atteinte de la critique, de la satire ? Une religion n’était pas une race. C’était une idée, et les idées résistaient (ou s’effondraient) parce qu’elles étaient assez fortes (ou trop faibles) pour supporter la critique, non parce qu’elles en étaient protégées. Les idées fortes accueillaient volontiers les opinions contraires. « Celui qui lutte contre nous renforce notre résistance et accroit notre habileté, écrivait Edmond Burke. Notre adversaire nous rend service ». Seuls les faibles et les tyrans se détournent de leurs opposants, les insultent et parfois même, leur veulent du mal.

C’était l’islam qui avait changé et non pas des gens comme lui, c’était l’islam qui était devenu allergique à toute une large sorte d’idées, de comportements et d’objet. Au cours de ces années et des années suivantes, des voix islamiques dans plusieurs parties du monde, Algérie, Pakistan, Afghanistan, s’élevèrent pour lancer l’anathème contre des pièces de théâtre, des films, de la musique, certains musiciens ou interprètes furent blessés ou tués. L’art de la représentation c’était le mal, c’est pourquoi les anciennes statues des Bouddhas de Bamiyan furent détruites par les Talibans. Il y eut des attaques d’islamistes contre des socialistes, des syndicalistes, des caricaturistes, des journalistes, des prostituées et des homosexuels, des femmes en jupe et des hommes sans barbe, et même de façon surréaliste, contre des démons épouvantables : les poulets congelés et les samosas".

Ce texte est la page 400 du dernier livre de Salman Rushdie « Joseph Anton une autobiographie » éditions PLON.

L’auteur qui sait (c’est le moins que l’on puisse dire) ce dont il parle est d’une grande actualité quand certains se réclamant même de l’extrême gauche lancent à nouveau des anathèmes.

Oui, Rushdie avait raison, oui, Charlie Hebdo avait raison. La liberté d’expression se défend, elle ne se négocie pas.

JM/G


Commentaires  (fermé)

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vendredi 7 décembre 2012 à 20h43 - par  M

« Les renoncements les plus manifestes et aussi les plus spectaculaires sont peut-être ceux qui concernent des traditions investies d’une valeur essentiellement symbolique, telle le port du voile ou de la chéchia. À la fonction traditionnelle du voile était venue en effet s’ajouter, comme en surimpression, une fonction nouvelle, en référence au contexte colonial. Sans pousser très loin l’analyse, on voit en effet que le voile est avant tout une défense de l’intimité et une protection contre l’intrusion. Et, confusément, les Européens l’ont toujours perçu comme tel. Par le port du voile, la femme algérienne crée une situation de non-réciprocité ; comme un joueur déloyal, elle voit sans être vue, sans se donner à voir. Et c’est toute la société dominée qui, par le voile, refuse la réciprocité, qui voit, qui regarde, qui pénètre, sans se laisser voir, regarder, pénétrer. »
Pierre Bourdieu, « Guerre et mutations sociales en Algérie », Études méditerranéennes, no 7, printemps 1960, p. 25.

dimanche 2 décembre 2012 à 11h00

L’islam, comme le protestantisme, le catholicis ec.. sont des religions porteuses d’un monde autoritaire et réactionnaire. Elles sont criticables et doivent l’être d’autant qu’elles n’hésitent pas à donner leur avis sur e que doit faire la société , à se meler du seculaire, du politique pour imposer leurs vues .

Pour autant pourquoi tant de sreactiosn par rapport au terme "islamophobie". Parce que l’extreme-droite et la droite extreme ont trouver là un moyen de cliver, de trouver un responsable au problèmes sociaux, le tout mis en scène sur font de construction d’un ennemi intérieure : l’individu dont le pays d’origine serait "islamique" ou bien les racines seraient de ces pays, dont les moeurs, les croyances, etc... ne seraient pas solubles dans la "république".

Plus facile a exprimer qu’un racisme frontale, l’islamophobie permet aux fachos d’exprimer tout haut sous d’autres termes, ce qu’ils pensent tout bas pour ne pas tomber sous le coup de la loi (encore pour le moment).

Il semble bien évident que critiquer l’usage politique de l’islamophobie, n’est pas faire sien les precepts religieux de l’islam ni les placer dans les nimbes. Ils doivent etre combattus et critiqués.

En revanche, il s’agit de ne pas hurler de concert avec la meute des fachos, qui ne critiques pas la religion mais ses pratiquants parce qu’ils ne sont ni blancs, ni chretiens pour la plupart. Ce principe de généralisation permettant de dire : vous voyez bien de qui ont veut parler....

Que des libres penseurs se sentent attaqués dans leur liberté d’ expression et de critique lorsqu’on parle d’islamophobie signifie une chose :

ce terme n’est pas clair et peut être aussi bien pris entre la critique d’une religion
et
la critique des moeurs de ses pratiquants ou assimilés (l’amalgame de la droite et de l’extreme droite fait entre les peuples et la religion est volontaire de manière à pouvoir pratiquer un discours raciste sous couvert d’une critique d’une pratique religieuse)

samedi 1er décembre 2012 à 00h16

la phobie est une par définition une peur irraisonnée, le term est donc mal choisit, si la critique de la religion est plus ue jamais nécessaire, celle du colonialisme et du racisme qui aace masqué derrière "lislamophobie "l’est aussi.

La réduction de la pensée procède de l’amalgame de ceux qui critique l’islamophobie comme un racisme déguisé avec une défense de l’obscuratisme religieux. Dénoncé le procédé de l’islamophobie pour mettre en selle d’un racisme sous des termes politiquement correct (l’islamophobie venant masquer la peur fantasmatique de l’invasion d’une europe devant être blanche et chrétienne part des hordes barbares musulmanes basanées) n’interdit pas par ailleurs de critiquer la religion de l’islam, ses prétentions politiques et sociétales, son dogme et sa pensée magique.

En revanche un athéisme conséquent ne peut pas se contenter de produire un dogme face à un autre. Qui plus est lorsqu’il est un athéisme de classe, il ne peut se contenter d’une lecture de l’affinité religieuse et rentrer dans le moule du prétendu choc des civilisation surlequel veut l’emmener l’extreme-droite.

Les ennemis des mes ennemis n’étant pas forcèment mes amis, il serait interessant de voir ce qu’il peut ressortir de tout cela au delà des termes.

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