« Les artistes du Projet 244 se rebiffent »

mardi 11 décembre 2012
par  siksatnam
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Le Projet 244 est un collectif d’artistes gérant et mutualisant une friche culturelle partagée, laboratoire des arts de la rue. Depuis plusieurs mois, il est la cible récurrente d’individus regroupés sous le nom « Thanks for the Future », qui font preuve d’harcèlement : diffamation, campagne d’affiches calomnieuses, violences verbales, menaces… et toute une série d’allégations mensongères qui commence à mettre à mal le travail et la patience de la quinzaine de compagnies et des artistes usagers du lieu.

Explication :

L’association « Projet 244 » s’est créée en 1999 sur le site d’une ancienne usine de charpente métallique au 244 rue Auguste Chevalier à Tours. Le site acheté alors par la SEMIVIT est loué par la Mairie de Tours qui accepte, après quelques tractations, de signer une convention d’occupation à titre précaire avec le collectif. Une quinzaine de compagnies y développent alors un projet culturel alternatif, basé sur la mutualisation des moyens et des savoirs-faire. Un lieu de création qui s’inscrit dans l’histoire de la ville avec le carnaval de Tours, la guinguette de Tours sur Loire, des animations en milieu carcéral ou scolaire mais qui rayonne également par des tournées en France et à l’étranger, l’organisation de festivals, des projets de coopération culturelle …

S’y développent une création pluridisciplinaire alliant le théâtre, la musique, le cirque, la danse, la marionnette… et un large réseau de plasticiens, soudeurs, sculpteurs….

Un « turn-over » d’artistes comprenant installations permanentes et résidences ponctuelles.

Les membres du Projet 244 ne comprennent pas l’attitude et les accusations calomnieuses des 4 squatteurs qui se sont installés en 2010 au milieu de la friche culturelle, dans une maison qui n’est pas intégrée à la convention d’occupation qu’a signée le Projet 244 avec la Ville et qui abritait jusque-là des précaires. Prenant possession d’un lieu qui ne leur appartient pas, ils en bloquent l’accès aux plus démunis. La Croix Rouge qui passait jusque-là, ne passe plus….

Si l’on peut comprendre la théorie du squat comme outil politique contre le capital, on comprend beaucoup moins en quoi le fait de ponctionner et d’insulter un collectif d’artistes plutôt désargentés, mettrait à mal le capital et le pouvoir qui lui est associé…

Surtout qu’en parlant de capital, la facture pour les membres du Projet 244 est lourde !

En effet, en plus de payer les consommations d’eau et d’électricité liées à l’occupation du squat, les dommages collatéraux commencent sérieusement à mettre à mal l’outil de travail des artistes et compagnies s’activant sur le lieu au quotidien.

C’est d’ailleurs au moment où le collectif demande à ces individus de faire installer leur propre compteur électrique et de régler leur facture que les relations s’enveniment…

Concerts et projections sauvages, intrusions dans les espaces de travail, menaces, la situation n’est plus acceptable et des mains courantes ont été déposées pour prémunir le Projet 244 de débordements.

Contraints d’annuler certaines manifestations pour ne pas créer d’amalgame malheureux, le Projet 244 est victime d’une véritable propagande : campagnes d’affichage en ville, textes et tracts diffusés par des médias alternatifs, listes de diffusion, profils facebook…

Que penser des associations ou lieux de convivialité qui soutiennent ou relaient ces informations sans même savoir qui nous sommes, sans vérifier une seule seconde la véracité des faits, sans se poser un instant la question de leur responsabilité dans cette affaire ?

Tout cela est en train de ternir l’image d´une association alternative qu’un collectif d’artistes a mis plus de 10 ans à construire et qui représente une vraie dynamique culturelle pour notre territoire.

Certes fin 2013, le Projet 244 devra quitter les lieux et l’association sera dissoute.

Une partie des compagnies fondatrices ira rejoindre d’autres compagnies à Mettray sur le site des grandes brosses où se construit le 37ème parallèle, future fabrique des arts de la rue. D’autres artistes se constituent en collectif pour tenter de poursuivre l’aventure d’une friche culturelle partagée ailleurs, notamment en milieu rural.

Malheureusement la crédibilité de ces artistes et compagnies est entachée par les allégations mensongères des squatteurs et les compagnies non–relogées ont de plus en plus de mal à obtenir des rendez-vous institutionnels.

C’est donc pour mettre fin à ce conflit que la présidence collégiale du Projet 244 vient d’adopter à l’unanimité la décision de porter plainte pour harcèlement contre les occupants de la maison connus sous le nom de « Thank for the futur » et diffamation envers les relais et soutiens.

Parallèlement nous remercions les personnes et médias qui comprenant la situation, n’ont pas donné corps à cette manipulation.

Renseignements, rendez-vous et dossier de presse au : projet244@hotmail.fr


Commentaires  (fermé)

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dimanche 16 décembre 2012 à 22h36 - par  Billy
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samedi 15 décembre 2012 à 10h36 - par  Bertold Brecht

Pourquoi alors les choses se déroulent ainsi au "244" ?
Pour moi c’est une question d’image seulement... C’est vrai ça fait tâche un squat quand il faut recevoir du beau monde. C’est le "doux commerce" et sa triste réalité. Bref ce communiqué est à mes yeux une façon de chercher à rassurer les institutions d’un côté et les acheteurs d’art potentiel de l’autre. Les squatteurs là-dedans c’est un grain de sable...
Je sais pas si mes posts servent à grand chose mais merci pour l’espace de discussion. Dans le petit milieu artistique tourangeau, dire ces choses à vue c’est rarement pardonné... Je m’en arrête là.
Bien à vous.

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vendredi 14 décembre 2012 à 20h56 - par  Jojo

En dehors des considérations historiques sur le p244 dont seuls certains peuvent juger en connaissance de cause, ce communiqué est légèrement abjecte et les débordements dénoncés sont des manifestations qui n’empiétaient absolument pas sur les artistes et les compagnies sauf dans leur rapport avec la mairie qui est clairement un rapport de complicité. Qu’un outil militant relaie ce genre d’explications c’est plutôt dommage, il permet quand même de connaître le positionnement des "artistes" en question...
Pour infos, le concert sauvage interdit par la préfecture était organisé devant la maison "Thanks" et les projections dans un hangar réaménagé par un collectif. Donc question débordement, il s’agirait plutôt de politisation de l’espace...
Que la mairie mette la pression sur les artistes pour évacuer les squatteurs depuis qu’il y a de l’activité "politique" et que ces artistes puissent se sentir en difficulté vis à vis de la mairie est compréhensible mais encore une fois, d’un point de vue militant, le parti à prendre est claire et il ne s’agit pas de défendre simplement des squatteurs mais le principe du squat et de l’organisation d’espace de vie et de lutte qui manque vraiment sur Tours. Quand on voit les négociations qui n’aboutissent pas pour rouvrir le bateau ivre on devrait bien comprendre que plutôt que d’attendre des subventions de JPG, il vaut mieux repenser les choses en terme de rapport de force un minimum (sans exclure la possibilité de négociation concernant l’ouverture et le maintien d’espace mais sans que ceux-ci soient ou deviennent "subordonnés" ou dépendants des décisions de la mairie).
Qui plus est garder cet espace permettrait de lutter contre l’urbanisme et la gentrification tourangelle !

Donc on s’en fout de savoir qui est bon qui est méchant, la question c’est de comprendre quels sont les enjeux et là c’est assez explicite.

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vendredi 14 décembre 2012 à 17h57 - par  siksatnam

Balancer un communiqué de ce type alors qu’un procès pour expulser les occupants tombe la même semaine, ce n’est, évidemment pas très sain ; c’est le moins que l’on puisse dire... Mais, visiblement, les choses ont été trop loin (du point de vue du collectif d’artistes du "244").
Après, pourquoi le publier ? Parce qu’il dévoile une problématique inconnue du public : les "gentils squatteurs" ne sont pas si gentils que cela et leurs façons d’agir posent, parfois, problèmes ou questionnements.
Ça ne veut pas dire, pour autant, que nous sommes dupes des contradictions des artistes de "244" et des liens qui existent avec la municipalité socialiste. Ça ne veut pas dire non plus, qu’ils sont tous à mettre dans le même sac.
De même, les tensions entrent compagnies sont multiples et complexes. Les rivalités entre elles ne sont pas toutes de nature politique...
La question du statut de l’artiste dans la société actuelle engendre un certain nombre de compromis. Et sur le domaine de la précarité, beaucoup d’artistes y pataugent, y compris pour certain-e-s du "244".
Pourquoi alors les choses se déroulent ainsi au "244" ?
Eric (DLGS)

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vendredi 14 décembre 2012 à 13h28 - par  Mike

Compliqué, compliqué, pas vraiment. En d’autres lieux et en d’autres temps, les gens se seraient battus pour garder un tel lieu... alors que là nos amis les artistes ils courbent l’échine devant la mairie. On dirait que l’esprit de Notre Dame des Landes n’a pas encore atteint tous les esprits. On pourrait aussi dire "Semivit dégage !". Simplement là ils le diront pas car certaines compagnies n’ont pas intérêt du fait de leur relogement ailleurs. Ceux qui restent, ils l’auront dans l’os... c’est ça qu’ils ont pas compris.
En tous cas on est pas prêt d’avoir à Tours un truc genre Emmetrop...

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vendredi 14 décembre 2012 à 11h48 - par  Bertold Brecht

Il y a pas mal d’hypocrisie dans ce communiqué de presse, à commencer par cette unité de façade. Saviez-vous au moins qu’une 20aine d’entités ne seront probablement pas relogées (on peut néanmoins être optimiste pour 10 d’entre elles qui ont l’air de trouver une solution du côté de Cormery) ? Saviez-vous que dans les 8 compagnies qui seront au chaud au 37ème Parallèle, certaines ont des accointances avec la mairie socialiste ? Et je ne parle pas des pratiques de certaines de ces 8 (notamment sur la gestion des bénévoles de certains qui avait été dévoilée dans un numéro du Canard du Coin).
Plutôt que de publié de communiqué, votre émission ne ferait-elle pas mieux de s’occuper de ceux qui n’ont pas de lieu après 2013 et du mépris que leur porte la mairie ou encore des injustices subies au sein de l’ADU (les 8 Cies « bourgeoises » si j’ose dire versus les précaires, ça ressemblerait plus à ce que vous dîtes, non ?) ? Quand est-ce que vous faîtes une émission sur les petites connivences locales artistes-mairie ? Ou encore sur le fait que le statut d’artiste est souvent pire que le salariat (en ce sens par exemple qu’il demande souvent des compromissions pour être certain de pouvoir manger à la fin du mois) ? Ou enfin pourquoi pas sur l’histoire des arts de la rue à Tours (et y a à dire entre les éternelles scissions Cie Off, Ex Nihilo, Le Muscle et le sabordage par la mairie d’Au Nom de la Loire) ?
Bien à vous
NB : désolé pour le côté véner du 1er post mais là leur truc au P244 c’est destructeur... et en le relayant ça y participe

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jeudi 13 décembre 2012 à 19h11 - par  DLGS

Bonjour, tout cela est bien compliqué... Mais mérite des éclaircissements sur les pratiques des uns et des autres... De là à y consacrer une émission....

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jeudi 13 décembre 2012 à 14h33 - par  Bertold Brecht

Ah ça vous plait de remuer la merde en publiant ce torchon... hein ? Vous finissez tous par être trop cons : artiste, militant ou squatter !

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jeudi 13 décembre 2012 à 14h00 - par  xavier

Bonjour, je n’ai pas bien compris le problème ou l’histoire du projet 244.
Auriez vous d’autres infos, car je trouve leur position un peu bancale.
Et comment demain le grand soir ce positionne sur leurs problèmes...y aura-t-il une émission sur le sujet ?

merci pour votre réponse
xavier

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