Appel à soutien : Le Café-Comptoir Colette ferme. Vive Les Colettes !

dimanche 17 novembre 2013
par  siksatnam
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Le Café-Comptoir Colette est un bar de quartier, qui existe depuis plus d’un siècle sur le quai Paul Bert à Tours. Il accueille quotidiennement une diversité de personnes issues du quartier ou de la ville, mais aussi une multiplicité d’activités à la fois sociales et culturelles.

Depuis deux ans, un collectif s’est constitué avec la volonté de transformer le bar en projet collectif afin de mettre en correspondance la forme de gestion du lieu et l’activité foisonnante qui s’y déploie. Aujourd’hui le Café-Comptoir Colette ressemble plus à un lieu de vie qu’à un bar conventionnel. C’est un lieu de vie où se croisent et se rencontrent des habitants de quartier, des projets associatifs divers, des amateurs de libre expression et des individus qui souhaitent proposer des initiatives.

La reprise du Café-Comptoir Colette par le collectif des Colettes répond au désir d’accroître la dynamique collective qu’il a rendu possible en créant les conditions d’une meilleure articulation et développement des différents réseaux qui le traversent.

Or le bar rencontre aujourd’hui une situation financière critique qui précipite la nécessité d’une telle reprise et son rachat par le collectif. Cet appel vise à réunir les forces qui, en apportant un soutien au projet, en permettront la réalisation.

Le projet

1_ Le contexte

L’ambiance générale de la ville de Tours est aujourd’hui à l’image de la dépression sociale qui traverse le pays. Celle-ci se manifeste par la multiplication des fermetures de lieux, bars ou espaces collectifs, par un appauvrissement des lieux de vie nocturne, cloisonnés dans un Vieux Tours lui-même soumis à une régulation et à un contrôle qui finissent par étouffer les quelques foyers de vie qui y résistaient, ainsi qu’à un affaiblissement de la dynamique associative qui rencontre de plus en plus de difficultés à survivre, non seulement sur le plan financier mais aussi, et de manière plus essentielle, du fait du manque de lieux permettant la rencontre, réveillant le désir, suscitant les initiatives.

Or, contrairement à ce que laissent supposer les politiques actuelles, la vie d’une ville ne se mesure pas seulement à son niveau d’activité commerciale, mais d’abord au foisonnement d’activités collectives et à la multiplicité des initiatives qu’elle rend possible. Or cela nécessite de créer les conditions de possibilité pour qu’une vie sociale et culturelle puisse émerger. Multiplier les lieux de consommation culturelle ne répond pas d’une telle nécessité, puisque cela tend à reléguer la majorité de la population dans une position de passivité plutôt que de permettre la création de dynamiques collectives. Ce qui fait radicalement défaut dans une ville comme Tours aujourd’hui, ce sont des lieux de vie qui permettent de croiser non seulement les personnes, mais aussi différents niveaux et formes d’activités (artistiques, culturelles, sociales, écologiques, etc.) : des lieux de rencontre, de pratique et de transversalité. C’est en multipliant, à l’échelle de la ville, différentes formes de lieux de vie, que la ville de Tours pourra retrouver la vitalité qu’elle a perdu.

Dans ce contexte général, le projet des Colettes constitue une opportunité : celle de développer un lieu de vie qui bénéficie d’une histoire longue de 60 ans d’implantation dans le quartier Paul Bert, ainsi que d’un maillage associatif composé d’initiatives qui trouvent dans le bar un espace où proposer et développer leur activité. De plus, par son caractère excentré, Colettes contribue à dynamiser le territoire urbain au-delà du seul centre ville où se trouvent aujourd’hui à la fois concentrés et canalisés la majorité des activités.

2_Un lieu de vie

« On a besoin de lieux pour habiter le monde »

La singularité d’un lieu comme le bar Colette réside dans le fait d’avoir réussi à articuler et croiser, dans et à travers le temps, une multiplicité de couches sociales, de réseaux humains et de formes de pratiques.

En tant que bar, il constitue un espace public ouvert à tous. Chacun, quel qu’il soit, peut y entrer librement pour boire un verre. C’est aussi un lieu de quartier où se rencontrent les habitants et où les habitués ont institués des points de rendez-vous ritualisés. Du café du matin où se retrouvent les parents après avoir conduit les enfants à l’école, aux repas du midi qui accueillent les ouvriers du quartier, en passant par les enfants auxquels les mercredis sont consacrés, jusqu’aux habitués qui tissent le quotidien, le bar forme la base d’un espace social diversifié. Sa singularité, il la tire d’abord de son inscription dans le quartier.

Mais le bar est aussi un lieu qui accueille diverses activités sociales et culturelles. De part sa disposition spatiale - un rez-de-chaussée et une grande salle à l’étage -, il permet d’accueillir des activités aussi variées que l’organisation de soirées de concert ou de projection, des soirées jeux, des expositions, des conférences ou lectures, ainsi que divers ateliers (atelier d’écriture, atelier de couture, atelier modelage...). C’est aussi un ban d’essai pour de nombreux groupes de musique amateurs locaux, ainsi qu’un espace d’expérimentation pour des compagnies de théâtre ou artistes divers. Que se soit par les « apéros-concerts » du dimanche soir ou les soirées festives qui y sont régulièrement organisées au gré des envies et des propositions, ce lieu est à la fois un espace de fête, de libre expression et de lâcher-prise.

C’est enfin un lieu de réunion important pour tout un réseau d’acteurs de la ville de Tours et au-delà (que ce soit des groupes institutionnalisés ou des groupes plus informels).

Le bar constitue donc le point d’entrée d’une activité sociale et culturelle multiple qui s’est développée de manière plus ou moins informelle au cours du temps. Plus qu’un bar, Colette est un espace ouvert qui vit en fonction de ce qui y est proposé par les usagers.
Or c’est tout cela, ce tissage stratifié de réseaux et de liens sociaux, qui pourrait disparaître avec la fermeture du bar Colette. C’est tout cela, ce terreau propice à la création et à l’initiative qui demande tant de temps pour se constituer, qu’il s’agit de sauver en lui donnant toute l’ampleur qu’il mérite.

3_Le projet collectif

Depuis deux ans, un processus s’est mis en place qui vise à transformer le bar en projet collectif. A travers ce projet, il s’agit de donner forme à l’ensemble des activités qui jusqu’alors se développaient de manière plus ou moins informelle. Une des étapes importantes de ce processus consiste dans une transformation du mode de gestion du lieu : le passage d’une entreprise privée gérante du bar à une gestion associative collective où sont équitablement représentés les salariés, les propriétaires du bar et les intervenants (associations et individus). Cette gestion collective du lieu doit permettre de mettre en valeur les différentes initiatives qui le traversent, tout en créant des ponts entre les activités.

Le projet trouve son sens dans le désir de créer des transversalités entre les différentes formes de pratiques et les différents types de publics. Le projet se constituerait à travers la mise en place de différents foyers d’activités (bar, librairie, ateliers, etc.), chacun développant des actions diverses, tout en entrant en résonance ou en relation les uns avec les autres. Il s’agit d’offrir l’occasion à des modes d’être hétérogènes de se croiser – au-delà des réseaux déjà constitués - afin de solliciter des rencontres et des collaborations imprévues, de croiser les mondes et des manières de faire qui surprennent les uns les autres.

Ainsi, tout en continuant à tenir l’activité du bar de journée ainsi que la restauration du midi, il s’agira d’optimiser la salle du haut de manière à permettre le développement d’autres activités, la possibilité d’inventer une vie nocturne distincte du bar (différentes formes de soirées), mais aussi de monter des systèmes d’entraide et d’échange de savoir : zones de gratuité, librairie, ateliers d’informatique, magasin de jouets gratuits, vestiaire de vêtements, dépôt-vente d’agriculteurs-producteurs, soirées-débats, etc.
L’enjeu consiste aussi à valoriser les différents niveaux de réseau qui se croisent dans le lieu, tout en inscrivant le bar dans un réseau d’initiatives du même genre qui se développent aujourd’hui en France et au-delà.

4_La réalisation du projet : appel aux dons

Afin de réaliser ce projet, il est nécessaire de racheter collectivement le fond de commerce du bar Colette aux actuelles propriétaires, et ainsi démarrer la nouvelle dynamique sur des bases saines d’un point de vue financier. Or le bar se trouve aujourd’hui au bord de la faillite en raison de diverses dettes accumulées. Le montant du rachat du bar ajouté à celui du remboursement des dettes équivaut à environ 50 000 euros. Pour procéder au rachat du bar, le collectif des Colettes lance donc un appel aux dons auprès de tous ceux, habitants de Tours ou d’ailleurs, qui se sentent solidaires d’une telle initiative.

Vous pouvez envoyer vos dons (à l’ordre de l’association les Colettes) à l’adresse suivante : 57 quai Paul Bert, 37100 Tours.Un registre des dons est tenu : dans le cas où le projet ne pourrait pas se concrétiser, les dons seront restitués.

Des temps forts seront organisés pour accompagner cet appel à soutien. Notez bien les dates :

- une fête le 30 novembre prochain sur la place Paul Bert et/ou l’île Aucard

- et une grande fête à la Barre rue du Petit Bois à Mettray les 14 et 15 décembre 2013.

Contacts :

Tél : 02 47 54 14 21

email : collectivereprise@gmail.com


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cafe comptoir colette’s : http://cafecomptoircolette.blogspot.fr/

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