Le drapeau

dimanche 13 mai 2007
par  Le Plombier
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Un texte féroce d’une icône de la gauche Française...
Pour réponbre aux conneries de Ségolène Royal à ce sujet... Et à celles et ceux qui la soutiennent...

Ils sont quinze cent qui sont morts pour cette saloperie-là…
Quinze cent mille dans mon pays, quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille hommes morts mon dieu…
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille hommes morts dont chacun avait une mère , une maîtresse, des enfants, une maison, une vie, un espoir, un cœur…
Qu’est-ce c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon dieu, quinze cent mille morts pour cette saloperie ; Quinze cent mille éventrés, déchiquetés, anéantis dans le fumier des champs de bataille, quinze cent mille que nous n’entendrons plus jamais, que leurs amours ne reverront plus jamais, quinze cent mille pourris dans quelques cimetière sans planches et sans prières. Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux de vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient. Ils ne sont plus que de la pourriture…
Pour cette immonde petite guenille, terrible morceau de drap cloué à ta hampe, je te hais férocement. Oui, je te hais dans l’âme ; Je te hais pour toute la misère que tu représentes, pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicla sous tes plis ; Je te hais au nom des squelettes…
Ils étaient quinze cent mille…
Je te hais pour tous ceux qui te saluent ; Je te hais à cause des peignes culs, des couillons et des putains qui traînent dans la boue leur drapeau devant ton ombre ; Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial, le défi aux hommes que nous ne savons pas être, Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le bleu que tu volas au ciel, le blanc livide de tes remords…
Laisse-moi ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grands coups les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires, que tu es pour moi de la race vile des torches-culs.

6 mars 1924

Jean Zay


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