Syriza, Podemos, Front de Gauche… Que Crève l’Extrême Gauche du Capital !

mercredi 5 août 2015
par  Le Plombier
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« Les communistes l’ont rêvé [en cauchemar]… Syriza l’a réalisé… »

Cette boutade pourrait très bien résumer les leçons programmatiques à tirer de la situation que les prolétaires en Grèce, nos frères et sœurs de misère et de lutte, subissent actuellement. En effet, depuis toujours, ou du moins depuis les grandes campagnes de la social-démocratie au début du 20ème siècle pour l’instauration du suffrage universel, dont le but n’était rien d’autre que l’encadrement et l’anéantissement de l’énergie que le prolétariat développait pour en finir avec la misère et l’exploitation, la critique communiste (que celle-ci s’exprimait sous l’étiquette « anarchiste », « socialiste révolutionnaire » ou autre n’est pas ici notre propos) a toujours dénoncé le cirque électoral, le parlementarisme, le gouvernementalisme, la collaboration avec les institutions bourgeoises, la croyance quasi-religieuse que des réformes pourraient améliorer le sort de notre classe…

Nous n’allons pas dans cette toute petite contribution parler plus avant de la « dette souveraine grecque », ni du sauvetage de la « zone euro », et encore moins du « Grexit », tellement à la mode ces dernières semaines dans les média bourgeois. Nous n’allons pas non plus développer les différentes stratégies du gouvernement Syriza afin de « défier » les institutions financières de la commission européenne et de la Troïka. Nous laissons tous ces « détails » aux fervents adeptes de l’économie politique. Pour notre part, nous considérons que les communistes n’ont pas à se complaire dans la biologie du Capital, alors que notre tâche est fondamentalement de participer à sa nécrologie !!! Nous n’allons pas plus nous épancher sur la « psychologie » du premier ministre Tsipras, sur ce qu’il espérait ou prétendait faire, et encore moins n’allons-nous prendre en considération le show médiatique et les déclarations rocambolesques de son ministre des finances, le « beau ténébreux » playboy bellâtre Varoufakis (autoproclamé « marxiste libertaire » !!!), ainsi que sa clique de gauchistes, juste capable de pleurnicher sur le « déni de démocratie » vis-à-vis des résultats du référendum du 5 juillet, et sur le « diktat de l’euro zone ». Ce qui intéresse les communistes, ce n’est pas ce que les individus disent d’eux-mêmes mais bien ce qu’ils font et assume dans leurs pratiques sociales…

Alors, que se passe-t-il donc en Grèce, si ce n’est l’antépénultième épisode de la toujours triste et lamentable histoire de la social-démocratie historique, c’est-à-dire du parti bourgeois à destination des ouvriers et des prolétaires, de cette force sociale chargée de vider nos mouvements de lutte de sa substance subversive, de dévier leurs perspectives de transformation radicale de ce monde vers une simple réforme de celui-ci, et finalement de nous faire rentrer dans les rangs serrés de la paix sociale. Ce parti de la social-démocratie se matérialise à deux niveaux : par la constitution d’une structure militante extérieure à notre classe, issue directement des fractions progressistes et gauchistes de la classe bourgeoise d’une part, et par le développement d’un corpus idéologique réformiste généré au sein même de notre classe et s’appuyant sur les faiblesses, les limites et les illusions de la lutte d’autre part, le tout dans un va-et-vient dialectique entre les deux.

Donc, il ne se passe en Grèce rien de bien différent de ce que le très « radical » Parti des Travailleurs du Brésil (sous la houlette du réformiste Lula da Silva puis de l’ex-« guérillera » Dilma Roussef) a réalisé ces dernières années en termes d’attaques des conditions de vie des prolétaires ; ce qui soit dit en passant a généré la révolte de juin 2013 contre l’austérité et la misère.

Historiquement, la gauche et l’extrême gauche du Capital nous ont cent fois, mille fois habitués à leurs « trahisons » (ne peuvent se considérer comme « trahis » que les naïfs qui misent sur une quelconque alternative bourgeoise pour résoudre les problèmes fondamentaux de notre classe, de l’humanité)… Déjà, en 1871, lors de l’important mouvement prolétarien connu sous le nom de la « Commune de Paris », la gauche et l’extrême gauche en ont pris la tête afin de fonder un gouvernement qui jamais, au grand jamais, n’a pris la moindre mesure révolutionnaire afin de contrer les forces bourgeoises versaillaises, ni afin d’étendre internationalement l’effort militant en cours. Toutes les mesures de ce « gouvernement de la Commune de Paris » n’ont mené qu’à une seule chose : le désarmement (tant militaire que programmatique) de notre classe face à notre ennemi historique en recomposition après une brève défaite…

Si l’on remonte à l’année 1914, on constatera le même phénomène où des gauchistes, qui se déclarait ouvertement anti-guerre, vont retourner leurs vestes en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Par exemple, le militant « socialiste révolutionnaire » français Gustave Hervé, qui écrivait dans le journal « La Guerre Sociale » qu’il fallait « planter le drapeau national dans un tas de fumier », va très rapidement se rallier à la défense de « la patrie en danger »… Idem pour la CGT française anarcho-syndicaliste, qui après des années de propagande antimilitariste, rejoindra en rangs serrés les partisans de la guerre et de l’union sacrée, permettant ainsi la faisabilité de la mobilisation générale, ou du moins favorisant son déroulement sans trop de problème…

En 1917, alors que la révolte gronde sur tous les fronts contre la boucherie capitaliste, le « Parti Bolchevique » se porte à la tête du mouvement du refus de la guerre afin de mieux l’amener dans l’impasse d’un changement « radical » de gouvernement, en abattant le règne du tsar millénaire, et en participant in fine à la reconstruction de l’État capitaliste en Russie, après qu’il ait été fortement malmené par notre classe en lutte, ce qui résultera dans le stalinisme et son « socialisme dans un seul pays »…

En 1918, en Allemagne, après plusieurs années de collaboration ouverte avec l’État-major de l’armée impériale, ce qui se traduira par la mobilisation sur le front ainsi que par la participation des ouvriers de l’industrie à l’effort de guerre, une importante fraction de la social-démocratie (le SPD) est directement appelée à la gestion politique (et donc au gouvernement), et ce sont des militants de la gauche qui participeront directement à l’écrasement de la lutte prolétarienne par la constitution de « corps-francs » sous l’égide de « l’ouvrier » et « député socialiste » Noske…

Enfin, afin de clôturer ici cette liste non-exhaustive, en 1936 en Espagne, c’est grâce au « soutien critique » et aux voix des militants de la CNT que le Front populaire a remporté la victoire aux élections, et a ainsi pu développer une politique républicaine « antifasciste » qui s’opposera pratiquement aux velléités du prolétariat dans sa lutte pour la révolution sociale, avec l’aide active des « camarades-ministres » de la CNT-FAI. Encore une fois, la révolution sera sacrifiée sur l’autel de la défense d’un quelconque camp bourgeois considéré comme un « moindre mal » !!!

Bref, nous pourrions distiller ainsi sur des dizaines de pages les horreurs que notre classe a connues dans le détournement de ses luttes et l’approfondissement de ses faiblesses. Comme on le voit, la gauche et l’extrême gauche (toutes fractions confondues) ont toujours été, sont et continueront d’être des éléments prédominants dans la structuration et le maintien de la dictature capitaliste. Le prolétariat est historiquement obligé et déterminé de les combattre au même titre que toutes les autres fractions de la bourgeoisie s’il veut en finir une fois pour toute avec sa misère, l’exploitation et les guerres…

Mais, revenons quelque peu aux événements présents, ainsi que sur la façon dont les actuels gestionnaires gauchistes de notre misère prétendent régler le problème… Tous ceux qui ont critiqué (à juste raison d’ailleurs) le référendum organisé par le gouvernement Tsipras n’y ont vu que du feu : leurs critiques ne dépassaient pas les sempiternelles pleurnicheries affirmant que le « Oui » signifierait une austérité dure et le « Non » une austérité moins dure. En fait, et la suite des événements nous l’a prouvé, et comment d’ailleurs en aurait-il été autrement, le « Non » n’a jamais rien signifié d’autre (comme dans toute élection) que de donner « carte blanche » au gouvernement et qu’il développe une austérité encore plus forte que celle initialement imposée par les instances européennes et leurs gangsters capitalistes. Il faut vraiment être un « idiot utile » de premier ordre pour croire une seule micro-fraction de seconde que le show électoral ou référendaire puisse être autre chose qu’une farce dont les prolétaires en sont les dindons… L’extrême gauche du Capital nous avait plutôt historiquement habitués à appliquer une politique gauchiste, qui n’est jamais rien d’autre qu’un ravalement de façade plus ou moins « radical » selon les circonstances et les nécessités du moment, le tout n’étant finalement qu’une version de la même dictature capitaliste repeinte en rouge. Dans le cas présent de la Grèce, « l’originalité » consiste à ce qu’un parti et un gouvernement gauchistes appliquent à la lettre le plan d’ajustement structurel et les mesures d’austérité implacables concoctées dans les quartiers généraux de ce qu’il est convenu d’appeler les centres décisionnels de la politique libérale du capitalisme. Mais finalement, au-delà des différences de formes et de discours, tout cela participe directement et intrinsèquement de la logique même du système capitaliste ; ou mieux dit, ce n’est pas Syriza qui est l’acteur de l’histoire mais bien l’histoire du capitalisme qui trouve en Syriza des acteurs à la hauteur de la tâche, en vue d’accomplir ses basses besognes, c’est-à-dire d’attaquer frontalement le prolétariat dans ses moyens d’existence et de lutte.

Car ce dont il est fondamentalement question dans la « crise grecque », ce n’est pas de « la dette », qui ne s’élève d’ailleurs « qu’à » 324 milliards d’euros (dont plus des trois-quarts ne sont remboursables que dans plusieurs années) ; pour donner un ordre de comparaison, la dette de la France est de 2.089 milliards d’euros, celle de l’Italie de 2.194 milliards et de 9.293 milliards pour la « zone euro », sans même parler de celle de l’État-Nation le plus endetté de la planète et de l’histoire : les USA avec une dette colossale et abyssale de 18.152 milliards de dollars !!! Le capitalisme a visiblement besoin de produire de la dette, il ne sait d’ailleurs rien faire d’autre que de s’emballer ainsi et de toujours plus appuyer sa reproduction élargie sur du capital fictif, sur de la valeur non encore produite et qui probablement ne le sera jamais… Non, ce dont il est vraiment question, c’est de la mise en place pratique d’un programme de mise au pas du prolétariat, non seulement en Grèce mais aussi dans d’autres régions d’Europe où le Capital a besoin de frapper encore plus fort et de discipliner une force de travail surnuméraire, de toujours plus diviser les prolétaires en différentes catégories, les blancs et les « basanés », les nationaux et les migrants, les bons citoyens travailleurs qui acceptent l’austérité sans trop rechigner et ceux qui relèvent la tête, qui montrent leurs crocs, qui organisent la lutte et la révolte… Et en ce sens, la Grèce est un véritable laboratoire social pour la bourgeoisie et son serviteur d’extrême gauche !!!

Le prolétariat est condamné à toujours en prendre plus plein dans la gueule, et cela sous toutes les latitudes…

Si le prolétariat discipliné et pacifié en Europe et en Amérique du nord, abreuvé de campagnes étatiques de citoyennisation toujours plus terroriste, croie pouvoir échapper à son destin sans lutter, il se le fout dans l’œil comme jamais auparavant…

Il faut en finir avec toutes ces illusions dans le cirque parlementaire, dans le jeu des partis politiques, mais aussi des syndicats qui ne font rien si ce n’est sauver la paix sociale et négocier au plus offrant la vente de notre force de travail.

Nous n’avons rien à gagner non plus dans de nouvelles croyances qui garantiraient la « pureté » de nos luttes contre les scories de la politique bourgeoise : l’autogestion (c’est-à-dire la gestion de notre propre misère), les « assemblées populaires » ouvertes à tous où chacun pourrait s’exprimer librement (y compris les « jaunes », les briseurs de grève, les « modérés », les braves citoyens,…), les coopératives de production où l’essence du Capital (l’argent, l’échange et donc la valeur) n’est jamais éliminé,…

Dans une déclaration faite le 1er juillet, un certain « Mouvement Antiautoritaire » de Thessalonique affirme sans rire : « Nous n’avons rien à faire d’une monnaie qui fera partie d’un renouveau national et, bien sûr, nous ne pouvons pas soutenir une monnaie qui fait partie de l’intrusion financière dans chaque aspect de nos vies. Nous préférons penser la monnaie dans sa dimension normale, comme un instrument d’échange avec comme fonction principale de servir les besoins et les services sociaux. » Misère du gauchisme et de son incompréhension de ce qu’est le capitalisme !

Bref tout ce fatras démocratique à la mode n’a jamais, au grand jamais, constitué la moindre garantie quant au développement de nos luttes et à l’approfondissement de nos ruptures d’avec la société du Capital et ses défenseurs acharnés.

Camarades, face à la catastrophe capitaliste faite de plus de misère, d’austérité, de répression et de guerres, face à la destruction environnementale de la planète générée par un rapport social qui n’en a rien à foutre de l’humain, il n’y a pas d’autre alternative que la lutte révolutionnaire à outrance pour la destruction de ce qui nous détruit…

La seule alternative est la suivante : soit le communisme, soit la fin de l’humanité !!! Entre les deux, il n’y a rien !!!


Guerre de Classe – Juillet 2015


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dimanche 1er novembre 2015 à 09h24 - par  Tonio

Podemos a organisé son premier grand rassemblement dans la capitale espagnole Madrid en février 2015. Selon l’organisation, 300.000 personnes s’étaient réunies pour la « Marche du changement » ; 260 autobus avaient acheminé des milliers de partisans des quatre coins de l’Espagne.

Selon son dirigeant, Pablo Iglesias, le but de la marche n’était pas de « demander quoi que ce soit au gouvernement du Parti populaire [PP] », mais d’effectuer une démonstration de force pour prouver que la « majorité sociale n’était pas disposée à faire confiance au PP et au PSOE [le Parti socialiste espagnol, principal parti d’opposition]. »

A la fin de la marche, Iglesias a tenu un discours pro-capitaliste et nationaliste dans lequel la défense de la « souveraineté nationale » était un des thèmes récurrents. Il a évoqué le Don Quichotte de Cervantes, le poète espagnol Antonio Machado, le soulèvement contre l’occupation napoléonienne de l’Espagne en mai 1808 et la proclamation de la République espagnole en 1931.

Il a déclaré, « Nous sommes venus pour célébrer le fait qu’en 2015 le peuple allait recouvrer notre souveraineté et recouvrer notre pays. Nous sommes aussi venus pour tendre la main à d’autres… C’est un moment essentiel. C’est un moment constitutif d’un nouveau pays qui a décidé de recouvrer sa souveraineté, de recouvrer sa démocratie. C’est maintenant le moment. Oui nous pouvons ! »

La démagogie patriotique d’Iglesias n’a rien de nouveau. Ses discours regorgent d’appels au nationalisme et d’attaques contre la « caste », terme qui désigne le PP et le PSOE qui ont « vendu le pays » à la ‘troïka’ – le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et l’Union européenne.

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