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Le val de Tours devient-il un terrain d’expérimentation pour la gestion des crues ?
Article mis en ligne le 21 juillet 2016

par Le Plombier

Communiqué du 20 juillet 2016 de l’AQUAVIT, association pour la qualité de la vie dans l’agglomération tourangelle :

Le val de Tours devient-il un terrain d’expérimentation pour la gestion des crues ?

L’alerte Inondation de juin dernier a totalement validé les analyses de l’AQUAVIT : risques Cher accrus du fait des aménagements récents, absence de fiabilité du système d’endiguement de premier rang du val de Tours, d’où nécessité d’un ouvrage de second rang tel que la digue du Canal. La commission d’enquête PPRI l’a d’ailleurs reconnu en estimant que "sans cet endiguement l’inondation de Tours passe de conditionnelle à certaine". Cela ne l’a pas empêchée de valider une révision du PPRI décuplant le risque d’inondation sur le val de Tours.

La préfecture d’Indre et Loire applique les consignes d’un Atelier National, issu du Ministère de l’Environnement, pour qui la question du risque est accessoire face aux enjeux d’aménagement. L’inondation devient "diffusion apaisée de l’eau", il faut "sortir d’une approche défensive du risque" et considérer que le val de Tours est une "expérimentation". Le déclassement de la digue du Canal en janvier dernier, préalable à sa "mise en transparence", s’inscrit dans cette perspective.

L’agglomération Tours Plus, par l’intermédiaire de son agence d’urbanisme (ATU), publie une carte allant dans le même sens, avec pour légendes : "Organiser l’entrée de l’eau en amont du val", "Lever les obstacles aux écoulements en milieu urbain", "Faciliter le chemin de l’eau", "Pour un aléa accepté". Voilà comment on décuple le risque d’inondation et comment on est passé du PPRI protecteur de 2001 à celui alarmiste de 2016.

Pourtant, lors de l’inondation de début juin dernier, les autorités en sont restées à la traditionnelle "approche défensive du risque", allant jusqu’à évacuer plus d’un millier de personnes. La crue n’était pourtant que de fréquence décennale. Qu’en sera-t-il lors d’une rupture de digue de premier rang (de retour 50 ans), annoncée par l’étude de dangers 2013 ?

L’AQUAVIT s’est à plusieurs reprises indignée de ce double discours mettant en danger un val habité de 130 000 personnes. Après les inondations de juin qui semblaient propices à une prise de conscience de ce qu’est vraiment une "diffusion apaisée de l’eau", elle a alerté les plus hautes autorités de l’Etat. La réponse apportée par la Ministre de l’Environnement soutient à la fois la politique sécuritaire de début juin et un risque volontairement aggravé par l’ouverture du val (depuis Conneuil, à La Ville aux dames). L’aléa d’inondation, naguère combattu, serait désormais accepté (notion de résilience), et même facilité.

Compte tenu de ce changement de stratégie imposé aux populations et des graves anomalies procédurales l’accompagnant, nous venons de déposer un recours auprès du Tribunal Administratif d’Orléans pour que l’arrêté de déclassement de la digue du Canal soit retiré. A cet effet, nous avons fait appel au cabinet d’avocats Huglo-Lepage, spécialiste de l’environnement.

Liens :

- Page Aquavit sur la digue du Canal : http://aquavit37.fr/2015digue

- Réponse de la ministre de l’Environnement sur le site du député Jean-Patrick Gille : http://www.jean-patrick-gille.fr/2016/07/08/digue-du-canal-et-risque-dinondations-jinterpelle-la-ministre-s-royal

- Site du cabinet Huglo-Lepage : http://www.huglo-lepage.com