Rénovation urbaine du Sanitas : le " projet " se précise, les habitant·es se mobilisent

jeudi 18 mai 2017
par  Le Plombier
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Retour sur la réunion publique d’information (et non de concertation) du 11 mai organisée par la Mairie de Tours, Tours Métropole et Tours Habitat suite à la venue de l’ANRU où les habitant·es ont largement exprimé leurs réserves sinon leur opposition au " projet " présenté.

Préambule  : tu préfères une vidéo plutôt qu’un compte-rendu ? Visionne en ligne et/ou télécharge gratuitement et légalement l’excellent docu-fiction Déconcertation du collectif lyonnais Grands Ensembles : toute ressemblance avec ce que nous vivons actuellement au Sanitas ne pourrait être que fortuit. Au vu de la réunion d’hier, parions que l’équipe municipale et ses directeurs de service ne l’ont toujours pas vu...

Attention si tu es allergique à la novlangue de bois néolibérale, le texte qui suit en est truffé !

Enfin et malgré une prise croisée de notes, il est possible qu’il y ait quelques inévitables erreurs de retranscription, d’autant que la qualité sonore des interventions était fort inégale...

C’est peu dire que face aux maigres informations [1] et de concertation [2] cette réunion - pourtant annoncée par simple voie d’affichage dans les halls - était attendue : les locaux étaient venus nombreux (150 à 170 présent·es) salle Danton (bien connue notamment pour ses matchs de basket) pour cette rencontre au sommet.

Du côté de l’équipe visiteuse :
Meneur : Serge Babary, maire de Tours, 1er Vice-président de Tours Métropole

Pivot : Wilfried Schwarz, Maire de La Riche, Vice-résident de Tours Métropole en charge du Developpement Urbain

Ailier fort : Grégoire Simon, directeur de Tour(s) Habitat

Ailier : M. Frédéric Jullian, Directeur du Service du Développement Urbain à Tours Métropole

Arrière : M. Franck Seither direction de l’Aménagement Urbain à la Ville de Tours

Coach : Mme Alexandra Schalk-Petitot, Adjointe en charge du Logement et Vice-présidente de Tour(s) Habitat

Staff technique : Mme Blandine Moreau, Directrice Générale Adjointe des services à la Ville de Tours,

Mme Stéphanie Lepron, conseillère municipale déléguée à l’Urbanisme depuis le 06/02/2017

MM. Gilles De Koninck et Jérôme Touzé du Cabinet d’Urbanisme Archétudes

Et près d’une 10aine de journalistes (presse, radio, TV), du jamais vu !
Un bel exercice de communication institutionnelle : langue de bois, storytelling et effets d’annonce

Les « visiteurs » pourtant un brin nerveux ont réussi une belle première mi-temps devant une salle silencieuse [3], normal puisqu’ils avaient le micro dès le coup d’envoi, micro qu’ils ont efficacement fait tourné sans relâche au point de faire sauter les plombs quelques instants. Le discours ultra policé - powerpoint partiellement diffusé [4] à l’appui - et répété en boucle par les divers intervenants peut se résumer à :

« Nous sommes là pour répondre aux interrogations (...) et démultiplier l’information pour éviter évidemment que les bruits circulent, [bruits] loin de la réalité » . Serge Babary continue son introduction en rappelant « le cadre » ; en particulier les acteurs présents mais aussi absents : tout d’abord le financeur à savoir l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine [5] et l’Etat puisque « les directeurs [de service] et le préfet lui même sont retenus par l’obligation de réserve due à la période électorale mais il s’agit bien d’une démarche que l’Etat a initié » . Wilfried Schwartz pour Tours Métropole complète en indiquant que « l’Etat [en contrepartie] des financements a un certain nombre d’exigences que la Métropole doit respecter : la concertation avec les habitants mais surtout les études sous responsabilité des villes [6] en respectant un calendrier restreint » . Voilà pour la forme, et sur le fonds ?

Tour de passe-passe pour faire passer « la diversification de l’habitat » et « l’amélioration de la qualité de vie dans les Quartiers Prioritaires [de la Ville] [7] »...
« Ne vous inquiétez pas » [8] : il n’y aura que 430 démolitions sur une période de 10 ans, cela représente 10% des logements du quartier et les premières destructions n’auront lieu qu’à partir de 2019 et les dernières à partir de 2025. « La démolition, ce n’est pas facile à envisager mais c’est indispensable pour que le quartier ne se replie pas sur lui-même » poursuit Grégoire Simon. Les locataires seront relogé·es selon leur souhait : au Sanitas (où il y a environ 400 départs et 400 arrivées par an) ou sur d’autres quartiers, sur des logements au loyer équivalent, tous les frais afférents seront pris en charge [9]. Tout cela est fait « pour le bénéfice des habitants » : il faut continuer ce qui a été engagé depuis 2005 car il est impossible de ne rien faire. Notre « ambition pour le Sanitas » [10] est d’en faire un quartier attractif : diversifier l’offre de logements, améliorer la qualité des logements existants, consolider l’activité économique et commerciale, mettre en valeur les espaces publics et les espaces à usages résidentiels (comme l’indiquait la 2ème diapositive). « L’ANRU [est] dotée d’un budget conséquent de 6 milliards d’euros au niveau national dans lequel les projets locaux vont devoir s’inscrire. (...) En contrepartie des financements publics, l’ANRU a des exigences, j’en donnerais deux : de mixité des habitants (...) [c’est à dire que l’on doit] trouver des propriétaires de leurs logements ou des locataires que ce soit de logement social ou privé (...) de la mixité des activités (de loisirs, d’emplois c’est important, de commerce, etc.) » . « Voilà le cadre général dans lequel les élus de la Métropole ont souhaité inscrire une nouvelle candidature pour poursuivre ce qui a déjà été engagé depuis 2004 à l’échelle du territoire de l’agglomération de Tours : renforcer l’attractivité de ces [quatre] quartiers, améliorer leur intégration dans l’ensemble de l’agglomération (...) » .

... Sans grand effet sur les habitant·es toujours inquièt·es. et pas convaincu·es d’un « projet » manifestement décidé à l’avance et d’en haut

Pendant les 58 minutes restantes, les locaux ont gentiment repoussé les visiteurs dans leur quarante mètres par de nombreuses questions plus ou moins incisives et parfois (d)étonnantes qui ont montré une connaissance parfois limit(é)e du sujet de la dream team visiteuse, tout d’un coup un brin soucieuse...

A noter que si la tribune était quasi exclusivement masculine (Alexandra Schalk-Petitot et Blandine Moreau sont d’ailleurs restées muettes pendant toute la réunion), les interventions de la salle sont le fait très majoritairement de femmes.

Première question : le devenir des commerces, en particulier la station Total qui est [l’une des rares] station service en ville. Concernant l’agence postale, le directeur de Tour(s) Habitat indique d’emblée qu’il est prévu que pendant la durée des travaux la présence postale soit assurée tout en rappelant que le bureau de poste se situait Avenue de Grammont, renvoyant implicitement la responsabilité sur la direction de la Poste engagée dans une réduction drastique du nombre de bureaux et agence postal. Quant à Total, sa politique commerciale est de ne pas laisser perdurer en centre ville ses stations service qui par ailleurs provoque des problèmes de circulation lors des pointes de traffic du tram.

La deuxième question posée par une future expulsée entre dans le vif du sujet « En face de chez moi la façade a été refaite, dans mon immeuble l’ascenseur a été rénové. Pourquoi on ne continue pas dans la rénovation plutôt que dans la démolition ?  » C’est une bonne question s’empresse de répondre du tac au tac aussi brièvement qu’évasiement Grégoire Simon « (...) on a croisé différents éléments (...) » sans expliciter les critères de choix des bâtiments voués à la démolition. Déluge de moyens pour la candidature - ratée - de Tours Métropole au label « French Tech », misère de l’open data au quotidien...

La troisième question revient sur la station Total, la seule à posséder un mélangeur (pour les deux roues) à Tours, essentiel pour beaucoup d’habitant·es n’ayant pas les moyens de s’acheter et d’assumer les frais d’une voiture, surtout une fois arrivés à la retraite. Or il n’est évidemment pas question de stocker 5 ou 10 litres de carburant chez soi (surtout en période d’état d’urgence que va renouveler Emmanuel Macron). Question jugée importante pour Serge Barbary qui découvre la problématique, flottement dans la salle...

La quatrième revient sur le calendrier des relogements étant donné que le calendrier présenté était centré sur la seule concertation soit 2017-2018 et non sur les 10 ans prévus pour cette opération de rénovation urbain.

Ce n’est qu’à partir de la fin 2018, début 2019 : les habitant·es seront prévenu·es personnellement. En fait un cabinet privé (montant de la prestation non communiquée) va contacter et « accompagner » les expulsé·es.

La cinquième intervenante s’inquiète de la hausse des loyers suite aux rénovations et pour les locataires relogé·es : les habitant·es du Sanitas ont en général des petits revenus [11] avec de faibles perspectives d’amélioration. L’augmentation des loyers se base sur l’indice de référence des loyers (IRL) et ne peut (sauf dérogation) être supérieure à l’IRL + 5% pour les logements réhabilités [12]. Sauf que d’une part :
il n’y a pas de limite temporelle à la dérogation d’augmentation du loyer, dérogation relevant de l’autorité administrative (aujourd’hui la ville de Tours, demain Tours Métropole) : l’IRL+5% sur ne serait-ce que 5 ans suffirait à rendre hors de prix les loyers pour la grande majorité des locataires du Sanitas.

les rénovations/réhabilitations les plus coûteuses tel qu’un ascenseur sont payées par les charges qui ne sont pas soumises à l’IRL et dont l’augmentation est difficile à combattre, y compris sur le terrain judiciaire vu le flou juridique actuel sur la question...

Un des très rares acheteurs d’un ancien appartement HLM sur le Sanitas pose la question du coût de la rénovation et mises aux normes. En effet, lors des mise en vente par Tour(s) Habitat, il n’y a aucune information sur les " coûts cachés " de ces achats. Il faut se tourner vers l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat (ANAH) alors que quand on est locataire, Tour(s) Habitat s’occupe de tout : un conseil, n’achetez jamais !

Une habitante revient sur le contraste ressenti entre une rénovation extérieure [esthétique] des bâtiments [liée largement au tram] et l’état des logements. Cette jeune femme pose aussi la question des habitant·es qui ne veulent pas partir et de quelle diversité parle les institutionnels. C’est la première fois qu’une intervention est applaudie témoignant de l’inquiétude et/ou du désarroi des locataires... «  On a entendu votre propos, M. Schwartz va vous répondre sur la concertation » dixit Serge Babary qui poursuit en biaisant habilement « il faut savoir que sur le quartier chaque année il y a un renouvellement 400 logements (...) il n’y a aucune difficulté quantitative à régler [quant au relogement des expulsé·es] » . « Il faut respecter les termes de la loi (...) il y a des études techniques à réaliser (...) l’important est d’avoir l’information (...) pour cela j’ai proposé que les conseils citoyens puisse participer au comité de pilotage transversal où sont présentées les études techniques ». D’après un observateur, aux yeux des élus, le conseil citoyen du Sanitas n’est qu’ « une caution " démocratie participative " », qui ne sert qu’à avaliser des décisions prises en amont [13].

Sur un autre conseil citoyen de l’agglomération, un participant indique - particulièrement amer - qu’on ne participe pas à la politique de la Ville, on ne fait qu’appliquer des décisions [préalablement prise en haut lieu]. Les Conseils Citoyens n’ont aucun poids... M. Schwartz indique pour finir que la maison de projet (itinérante) va prochainement être mise en place, qu’un outil en ligne va être lancé [14] et aussi qu’ « un animateur de terrain » va être recruté. Il se garde bien de préciser que cette maison de projet aurait dû être mise en place avant la signature du protocole de préfiguration...

Il poursuit : « On a également demandé à l’Etat de prolonger le protocole de préfiguration [jusqu’en 2018] par un avenant afin de donner plus de temps à la concertation (...) avec des ateliers qui auront lieu au mois de juillet [au lieu d’avril/mai] » : ces ateliers thématiques auront lieu les 4 et 11 juillet sur des thèmes comme voirie et stationnement, espaces verts, etc.

C’est alors qu’une des intervenantes précédentes revient sur la question de la rénovation (porte, volets, isolation thermique etc.) ; le directeur de Tour(s) Habitat indique que ces rénovations sans augmentation de loyers [au delà de l’IRL] se finiront vers 2020.

La huitième question revient sur l’épineuse question de la concertation : l’habitante est bien placée puisque militante de longue date de la Confédération Syndicale des Familles, elle la représente au Conseil Citoyen or partout elle a entendu « c’est des projets » ; c’est ce qu’avait d’ailleurs dit Jean Patrick Gilles invité par la CNL lors de la réunion du collectif des habitant·es du 22 avril...

Cette militante pointe l’absence de concertation à tous les niveaux : «  ni les locataires concerné·es, ni les associations de locataires, ni le conseil citoyen n’ont été consultés. La maison du projet aurait dû ouvrir il y a un an, vous « proposez » des « solutions » qu’on est obligé d’accepter [faute de concertation] ». Cette intervention dévoilant clairement la stratégie menée par les pouvoirs publics est largement applaudie. Frédéric Jullian indique s’en tenir aux dispositifs prévus par la loi pour « la maison de projet notamment » et que «  Tours Métropole a commandité à Artefact le soin de réaliser un audit qui va être rendu d’ici la fin de l’année et qui sera un outil d’échange  » : bref, la concertation ce n’est pas maintenant ! En fait «  il y a le cadre de la loi et chaque ville mène [la concertation] comme elle veut  ». Il conclut en indiquant qu’il y a des « partis pris très forts » ; là encore nous ne saurons pas lesquels... Puis Serge Babary revient sur les critères de choix des bâtiments à démolir : « pourquoi choisir celui-là plutôt que celui-là ? (...) Il y a des informations croisés sur la situation du bâtiment, de la rénovation possible ou non, en terme sans doute de typologie d’habitants, de typologie de logements (...) C’est la somme de toutes ces explications qui font qu’on choisit tel bâtiment plutôt qu’un autre (...) ». « C’est celui qui est le plus à même d’être détruit pour permettre le renouvellement urbain, la diversification de logements (...) [qui est choisi] » « C’est une belle ambition pour une ville comme la nôtre de proposer sur 10 ans que de réaménager un grand quartier » .

L’intervenant suivant insiste la proximité du nord du quartier avec la gare et indique que ce n’est pas de la mixité sociale que de récupérer cette zone [d’autant plus convoitée après l’échec de l’ilot Vinci en 2012] pour « en faire un quartier de bobos » [peuplés de cadres (supérieurs) parisiens] et d’envoyer les locataires en périphérie.
Son intervention récolte deux fois des applaudissements témoignant d’une forte inquiétude. En effet déjà qu’il subsistait chez certains locataires des interrogations sur l’adéquation entre leur situation et le parc vacant sur le parc HLM de l’agglomération, mais après l’annonce d’un relogement assuré sur le seul Sanitas, le scepticisme est d’autant plus fort que chacun-e puisse trouver un logement équivalent sur un quartier amputé de 430 logements démolis et de 50 logements mis en vente...

« Je dois rappeler, je l’ai dit une dizaine de fois dans la soirée que c’est une exigence de l’Etat  » tente d’expliquer Serge Babary sous les commentaires réprobateurs du fonds de la salle. «  Je n’ai jamais dit qu’on souhaitait modifier la structure sociologique du quartier de cette façon là » : reste à savoir de quelle façon il veut modifier la structure sociologique de notre quartier... «  On a parlé de rénovation (...), de démolition dans le cadre de [diversification] de fonctions, de logements (...) y a ceux qui veulent devenir propriétaires, ceux qui veulent rester ici (...) notre objectif est d’améliorer le quartier du Sanitas pour ses habitants. Je sais que le changement c’est inquiétant (...) » pendant que les locataires continuent à se demander entre eux qui pourrait devenir propriétaire au Sanitas. Le maire de Tours poursuit « (...) ça va s’étaler sur 10 ans, ce n’est pas brutal, on est dans un quartier où le logement social va être maintenu, aux alentours de 80% alors ne disons pas qu’on va changer la population (...) » . «  Moi je suis persuadé de la qualité de ce projet, je n’exige pas que les gens le trouvent bien de leur côté mais il correspond aux décisions de l’Etat (...)  » conclut le maire de Tours.

Une habitante interroge sur les aménagements qu’elle a réalisé et si elle sera indemnisée de ces travaux. Le directeur de Tour(s) Habitat répond qu’on lui propose un logement refait à neuf et qu’on a l’habitude de ce type d’opération (plus tôt dans la soirée, il avait indiqué qu’en fonction des types d’aménagements, certains pourraient être au moins partiellement reproduits).

La onzième intervention revient sur le fonds du sujet : les augmentations de charges suite à la rénovation et qui va [a la capacité financière de] devenir propriétaire ? Intervention une nouvelle fois applaudie.

Grégoire Simon répond : « D’abord pour ce qui concerne les ascenseurs, c’est une amélioration (...) il faut [en] assumer les charges, c’est les mêmes règles pour tous les locataires que ce soit du parc privé ou du parc social. » . «  Déplafonner pour permettre à des locataires avec des meilleurs revenus d’accéder à des logements au Sanitas, sachez que c’est une bonne proposition (...) mais ça ne fonctionne pas (...) parce qu’il y a des offres ailleurs (...) à un moment la diversité faut l’accompagner autrement  » . En effet si Grégoire Simon croit savoir que l’augmentation de 30% du plafonds de revenus (comme le revendique le collectif des habitant·es) n’aurait pas d’effet réel sur la « mixité sociale » il est déjà acquis que la vente des logements HLM par Tour(s) Habitat est un échec récurrent malgré les très fortes incitations du bailleur social... Donc s’il y a des propriétaires dans le futur, ça sera dans le parc privé avec des appartement haut de gamme à l’image de la transformation de l’ancien centre de tri et de ses maisons particulières sur son toit mises en vente à 6.000€ le m2 (finalement bradées à 4000€ le m2). Le Vice-président de Tours Métropole en charge du Développement Urbain poursuit : « c’est important tout au long de sa vie de pouvoir avoir une évolution de son logement si on le souhaite, c’est l’objet de l’acquisition sociale » et conclue sa longue intervention en indiquant que « à partir du moment où il y a un financement public, les pouvoirs publics doivent être exigeants afin d’éviter des augmentations de loyer  » ...

Celles et ceux qui sont intéressé·es par la longue passe d’arme (10 mns) entre le député de la 1ère circonscription en pleine campagne électorale et le maire iront sur le site internet de JP Gilles...

La directrice du centre social Pluri’elles qui participe également à ce titre au conseil citoyen revient sur le processus de concertation : « (...) manque d’informations, délais très très courts (...) » ; « vous avez évoqué le tissu associatif fort (...) j’aimerais qu’on réfléchisse à la place des associations qui sont vecteur de lien social » . Intervention applaudie montrant que dans la salle il y avait à la fois des usagèr·es que des bénévoles de ces associations. Serge Babary remercie Juliette Hapulat de son intervention qui en profite « pour demander des dates concernant la maison de projet  ». Le directeur du Service du Développement Urbain à Tours Métropole indique qu’elle sera lancée à la fin de l’été et qu’elle ne sera pas fixe. Ce projet de maison de projet mobile ne serait pas réglementaire d’après une appartée d’un participant du collectif des habitant·es.

Une militante de la Confédération Syndicale des Familles (CSF) rappelle que le revenu moyen au Sanitas, c’est 7300€ par an : quel accès à la propriété est
possible ? D’ailleurs depuis la fermeture du collège Pasteur on reçoit des familles ayant des difficultés à payer leur carte de bus de leurs enfants. Ces familles ne demandent même pas la gratuité mais à bénéficier d’un tarif social sur la base du tarif minimum de 5,30€ mensuel. Intervention vivement applaudie malgré l’heure tardive (la réunion qui s’achève aura duré près de 3h).

Le Vice-président de Tours Métropole, M. Schwartz répond qu’il a saisi le Vice-président délégué aux mobilités et aux infrastructures M. Augis, qu’il y a un problème juridique lié à la convention de Délégation de Service Public avec Fil Bleu qui court jusqu’en 2019 - « il y a le temps de voir venir » s’exclame alors une dame dans le public - Wilfried Schwarz conclut en indiquant qu’il va en parler au Président de la Métropole.

Le maire soulagé de ne pas avoir eu droit à une troisième mi-temps (ni à un troisième tour social) remercie les participant·es et indique que nous aurons l’occasion de nous revoir.

Un habitant mécontent !

Notes

[1] parfois divergentes suivant si elles étaient adressées aux locataires ou aux associations de défense des locataires

[2] Une première sessions de 3 " ateliers " a été organisés par le cabinet d’urbanisme Archétude en journée les 27 janvier et 3 février dernier et une deuxième session devait avoir en avril/mai : les dates ne sont toujours pas connues, nous sommes en phase " diagnostique [partagé] " (dites 33...) : Renouvellement urbain au Sanitas : une concertation en trompe-l’œil

[3] Des arbitres en bleu horizon ou en costume stratégiquement positionnés étaient là pour assurer en toutes circonstances la sérénité

[4] 9 des 18 diapos et le powerpoint n’est évidemment pas disponible publiquement

[5] Appelée plusieurs fois dès l’introduction Agence Nationale des Rénovations Urbaines par Serge Babary

[6] En plus du Sanitas sont concernés les quartiers Maryse Bastié (Tours), la Rabière (Joué-lès-Tours) et la Rabaterie (Saint-Pierre-des-Corps

[7] Les QPV sont l’objet d’un NPNRU (2014-2024) qui permet les financements ANRU : ça va, vous suivez toujours ? Nous on en a eu pour plus de 2h...

[8] Phrase typiquement inquiétante, revenue plusieurs fois dans la soirée notamment dans la bouche de Grégoire Simon, directeur de Tour(s) Habitat

[9] Et aucun frais de sortie de logement ne sera appliqué dixit le décidément maladroit Grégoire Simon qui a provoqué le seul fou rire général de la soirée dans la salle

[10] Expression apparaissant en en-tête de la majorité des diapositives projetées

[11] Le revenu moyen du plus grand parc HLM du département est d’environ 7300€ par an soit le quartier le plus pauvre du département, dans le top 10 des quartiers les plus pauvres de la région Centre-Val-de-Loire quand Tours est 66ème ex-aequo concernant les taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France

[12] Article 81 de la loi n°2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté publiée au JO du 28 janvier

[13] Renouvellement urbain au Sanitas : une concertation en trompe-l’œil

[14] La prochaine fois on fait une réunion d’hologrammes, le collectif des habitant·es fait une manif en ligne et on paye virtuellement notre loyer : ça vous va comme ça M. Schwartz ?


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