Fermeture administrative de l’Institution l’Angélus afin de « [protéger] les enfants scolarisés »

dimanche 11 juin 2017
par  Le Plombier
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Si seulement un tiers des établissements privés hors contrats sont confessionnels, ils défraient régulièrement la chronique comme cette fois ci l’Angelus sis à Presly (canton de Vierzon)...

Au recueil des actes administratifs publié le 6 juin 2017 il est fait état de la fermeture administrative temporaire jusqu’à la fin de l’année scolaire de l’institution de l’Angélus à Presly (arrondissement de Vierzon), le plus gros des deux établissements hors contrats du département.

« Fermeture administrative suite à des dysfonctionnements nombreux et graves (...) ».

Ouvert en 2010, reconnu canoniquement auprès du diocèse de Bourges depuis le 2 juillet 2016, l’établissement est géré par l’association Sainte Philomène de Mugnano et dirigé par l’abbé Spinoza [1]. Le directeur fait face à la lourde accusation de sévices graves à l’encontre des élèves [2] : « (...) les constats effectués par les forces de l’ordre caractérisent manifestement des dysfonctionnements nombreux et graves dans l’établissement l’Angélus. (...) » selon le décret.

« [Protéger] les enfants scolarisés sur cet établissement » (...).

Ces constats proviennent notamment d’une vaste opération conjointe de plusieurs services de l’Etat menée le vendredi 2 juin d’un point de vue opérationnel par une quarantaine de gendarmes dans cet internat masculin BCBG (550€/mois) qui ont interrogé une soixantaine de mineurs sur les 109 élèves scolarisés (selon l’Education nationale) du CE1 à la terminale. En effet, « l’urgence s’attache à la nécessité de prendre immédiatement les mesures de protection des enfants scolarisés sur cet établissement » écrit encore la préfecture du Cher. Le procureur de la République précise : « (...) Il ne s’agit pas d’éléments de dysfonctionnement, mais constitutifs d’infractions pénales : des mauvais traitements sur des enfants (violences, privations de repas, punitions à caractère corporel...) et des soupçons d’infractions de nature sexuelle. (...) » . L’établissement est donc fermé jusqu’au 8 juillet, date des grandes vacances...

Calomnies, rivalités, etc. : Angélus, ton monde impitoyable...

De son côté M. Spinoza dénonce des « calomnies » tandis que son conseil Me Varaut évoque notamment une possible rivalité dans un communiqué de presse : « (...) Depuis plusieurs mois couvait une querelle entre la direction de l’établissement et deux anciens professeurs qui répandaient des calomnies, est-il notamment écrit dans ce communiqué. Le but poursuivi par ces agitateurs étant tout à la fois une vengeance personnelle à la suite de leur éviction et la préparation de la création d’une école concurrente à proximité. (...) » . Quant à l’association de parents d’élèves elle met en cause de façon biaisée d’« anciens élèves » : en effet si la plainte provient d’une famille qui a descolarisé ses garçons, ces 4 (pré)adolescents étaient toujours à l’Angélus quand la plainte a été déposée...

Le diocèse de Bourges de son côté par la voix de Mgr Armand Maillard affirme « (...) [prendre] connaissance des éléments révélés aux médias par le Procureur de la République et « constitutifs d’infraction pénale » reprochés au directeur de l’école « hors contrat » de l’Angélus de Presly, l’abbé Régis Spinoza, prêtre du diocèse, souhaite que la justice puisse poursuivre son travail d’enquête et son action. (...) »

Reste une question lancinante et qui va sûrement rester longtemps sans réponse : comment le directeur pédagogique d’un établissement cumulant les fautes au point que les parents d’élèves ont été mis en demeure par le recteur d’académie de Bordeaux d’inscrire leur enfant dans un autre établissement [3] a pu ouvrir dans la foulée à quelques centaines de kilomètres un établissement scolaire comportant un internat ? Si le contrôle au moment de l’ouverture de l’établissement porte sur l’hygiène des locaux ainsi que sur les titres requis pour exercer les fonctions de directeur, le rectorat de l’académie Orléans-Tours ne pouvait ignorer la décision ultra médiatisée du rectorat de Bordeaux...

Et dire que Régis Spinoza s’apprêtait à ouvrir - avec la bénédiction de toute la cathosphère intégriste - une école primaire mixte et collège pour filles à Bourges à la rentrée 2017...


[1Suite à son éviction en 2010 du cours Don Bosco-Saint Projet (Bordeaux) sous l’objet déjà d’une polémique lancée par l’émission Les infiltrés qui a donné lieu à une saga judiciaire :

Voir aussi :

[2Sans parler des soupçons de « travail dissimulé » et d’« infractions d’ordre économique et financier » ou encore d’« escroquerie » évoqués par Joël Garrigue, procureur de la République !

[3sous peine de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende


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