Trèbes - les capucins.

dimanche 25 mars 2018
par  Le Plombier
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Il y avait le pont du canal, à une centaine de mètres de la mairie. D’un coté du pont, le village se terrait avec ses maisons hautes et ses ruelles étroites pour se cacher du soleil. De l’autre coté, on se dirigerait vers l’océan des vignes du Minervois, en suivant la route de Rustiques,

Ça montait un tout petit peu par là. Mon grand père se tenait souvent, avec deux ou trois de ses amis, assis sur le promontoire de ce pont qui enjambait le canal du midi. De vieux sages en osmose avec le dodelinant canal...

Si on revenait vers le nord, sur la route de Carcassonne, avant d’atteindre l’autre pont, celui qui surplombait l’Aude, il y avait sur la droite, un petit cours d’eau, aux basses eaux, l’Orbiel qui venait se fondre là dans le fleuve. L’Orbiel, où l’on cherchait des reflets d’or à l’ombre de l’arsenic qu’il véhiculait. On allait s’y promener avec ma sœur. Parfois, un serpent nageait entre les pierres...

Si l’on revenait le long du canal, on pouvait se diriger à pied, non loin de là, vers le stade de rugby, Mon grand-père avait été un temps le président du club local. Je l’avais appris le jour de son enterrement qu’en les sportifs du cru étaient venus lui rendre hommage. Mon grand père m’y avait amené une fois ; j’étais tout minot. Cela c’était terminé en baston sur le terrain. Mon grand père était tout déçu. Moi , je n’avais pas compris le jeu, la baston, l’ovalité. Moi, le gars du nord, « qui n’avait pas d’accent... ».

Mon grand père était un « taiseux ». Il était mineur à la mine d’or de Salsigne. Le matin, il se tapait ses 18 km à vélo pour aller y travailler et lorsqu’il rentrait l’après midi, il s’occupait de son lopin de vignes. Il passait par Conques pour y arriver, quelque soit la saison...

J’aimais m’amuser au sous sol de la maison qu’il occupait avec ma grand mère, rue de la cité du 8 mai, non loin du cimetière.

C’était un sous sol en terre battue, avec une sorte de lavoir. Il y faisait sombre et c’était un endroit calme, aux odeurs apaisantes. Il y avait là ses outils de vignerons, son lourd vélo de prolo, des semis, quelques bouteilles.

Dans le jardin, j’aimais arroser les plantations. Il me laissait inonder les traverses à l’aide d’un tuyau d’arrosage. J’en profitais pour construire des « barrages » avec la boue. Un de mes tantes rouspétait car je faisais de la gadoue... « Mi fas caga pitchoune » disait alors mon grand-père, pour rigoler...

On jouait souvent aux dames ensemble. Il gagnait tout le temps ! Parfois, nous buvions un petit verre de Cartagène, au final d’un repas familial. Mon grand-père était un type bien, un putain de type bien...

Un jour, il a eu un AVC et il est resté en grande partie paralysé. Il s’est écroulé soudainement et il est devenu un être à la dérive que la mort a trop tardé à rattraper. Ma grand-mère l’a gardé le plus longtemps possible dans leur maison.

La dernière fois que j’ai vu ma grand-mère vivante, elle traînait son cabas à roulette pour aller faire ses courses aux Super U, à 500 mètres de chez eux.

Un « guerrier », un soldat du Jihad est venu faire un carnage dans le Super U de Trèbes. Ces cons de religieux, avec leurs livres de merde : Coran, Bible, Torah, etc. Ces cons de soudards massacreurs de civils... Ces cons de barbus, d’intégristes, d’illuminés religieux... Avec leur livres de soumission qu’ils appellent les « saintes écritures »... religions « d’amour » disent-ils...

Mon grand-père ne fréquentait pas les églises. Il a eu un enterrement civil. A Trèbes- les Capucins, un endroit où le cours tranquille et reposant du canal du midi se lovait dans le calme des vastes étendues de vignes.

Rue de la cité du 8 mai, il y régnait une odeur où se mélangeait la flagrance du Jasmin et le goût du raisin. Il n’y a avait pas d’odeur de poudre à cette époque. Mon grand-père ne la supportait pas ; cela lui rappelait trop la mine...

ES


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