Message adressé aux salariés du service public des transports et aux usagers.

samedi 3 novembre 2007
par  siksatnam
popularité : 8%

Salariés de la RATP et de la SNCF :

Depuis des années vous êtes la cible des opérations de communication
gouvernementales visant à justifier la dégradation de votre statut
professionnel, en vous faisant porter le chapeau de la marche toujours
plus chaotique de l’ensemble de la société.

Ceux qui vous ont précédé pouvaient se targuer d’avoir mené de grandes
grèves victorieuses contre les capitalistes et marqué à jamais
l’Histoire de ce pays par leur implication héroïque dans la résistance
contre le nazisme.

Vous, vous n’êtes plus que les restes d’une aristocratie ouvrière
jetés à la voracité de managers arrivistes qui, à tous les niveaux
directionnels, préparent les hold-up gigantesques que seront les
privatisations de demain.

Pour laisser la place à la machine, on vous transforme en auxiliaires
de police. Mais si quelques sadiques dans vos rangs prennent du
plaisir à rançonner une masse de voyageurs qui s’est majoritairement
appauvrie ces 15 dernières années, la plupart d’entre vous déplorent
de n’être rien d’autres que des otages de politiques répressives
consistant à accompagner impitoyablement l’enlisement du salariat dans
la précarité, la misère, la violence, la pollution et l’ennui.

On vous impose des horaires pénibles dans des conditions de travail
toujours plus stressantes parce que vous êtes aux premières lignes
d’un effondrement social et économique qui ne dit pas son nom.

On ose, sans scrupule, vous ressasser quotidiennement que vous êtes
des privilégiés, en vous dépeignant comme des feignants qui gagnent
des fortunes inacceptables par rapport aux forçats des boîtes privées.
On vous dit que vous devriez être fiers de faire fonctionner les
bijoux technologiques et organisationnels que sont les grandes
entreprises publiques de transport. Pourtant, beaucoup d’entre vous
ont des difficultés financières, vont bosser à reculons, sombrent dans
la dépression, et peu parviennent à échapper à une vie privée
dérisoire.

En vous ôtant le droit de faire grève efficacement, par l’instauration
d’un service dit « minimum », les gangsters millionnaires qui dirigent
ce pays souhaitent définitivement vous museler.

En supprimant les régimes particuliers qui s’appliquent à vos
retraites, les patrons font de vous les boucs émissaires de leur
politique de pillage de la force de travail. Ces parasites repus
estiment désormais que le rapport de force social leur est si
favorable qu’ils peuvent se pavaner à leur aise et sans rendre le
moindre compte. Songez à cet hystérique de SARKOZY qui n’hésite pas à
s’exhiber avec ses amis milliardaires, dans la plus insupportable
obscénité, tout en faisant la leçon à la populace pour qu’elle trime
en silence !

Prolétaires de la RATP et de la SNCF, vous avez encore le pouvoir de
frapper durement l’engeance qui nous gouverne. Vous occupez une place
stratégique qui vous permet, en nuisant gravement à la circulation des
marchandises et des personnes, de faire trembler ces bourgeois
arrogants qui nous concoctent pour demain une catastrophe économique,
sociale et écologique.

Il est l’heure de prendre conscience de votre pouvoir. Dès à présent,
dépassez les mots d’ordre des directions syndicales, lesquelles
s’accrochent à une humanisation impossible de cette société.

Engagez-vous dans une grève reconductible et féroce. Occupez partout
vos lieux de travail et bloquez-en l’accès à ceux qui, alléchés par la
carotte, s’aveuglent à vouloir continuer de bosser. Multipliez les
prises de contact avec la population en diffusant la consigne de grève
générale interprofessionnelle et illimitée. Refusez de communiquer aux
médias sans imposer vos conditions de prise de parole.

Il est temps que la peur et la détermination changent de camp.

Adressé aux salariés usagers du service public :

Depuis des années vous êtes la cible des opérations de communication
gouvernementales visant à vous désolidariser des agents publics en
lutte pour que vous restiez désarmés contre la dégradation de vos
conditions de vie.

Des spécialistes du discours médiatique, tout en feignant de partager
votre quotidien, vous ont rabâché que la plupart de vos problèmes se
résumaient à cette opposition : Salariés du Public contre ceux du
Privé, en désignant les premiers comme des nantis assis sur des
privilèges inacceptables.

Beaucoup d’entre vous sont restés impassibles face à ces mensonges et
ont soutenu les grandes grèves de 1995, de 2003 et de 2006. Mais
d’autres se sont obstinés à ne pas accepter la vérité et persistent à
croire que les gouvernants recherchent le bien de tous.

Pourtant, les crapules milliardaires qui dirigent ce pays, ce
continent, ce monde, ne vous ont jamais rendu service. Bien au
contraire, ils n’ont toujours défendu que leurs propres intérêts, ceux
de l’argent et du pouvoir, contre les vôtres. D’élections en
élections, vous vous êtes servi de votre bulletin de vote, en vain,
sollicitant ces bourgeois, de gauche comme de droite, les mêmes qui
commandent, inlassablement, la marche chaotique de la société.

Jadis, vos grands-parents, vos parents, avaient le courage et
l’intelligence de se battre contre leurs vrais ennemis. Et c’est grâce
à leurs combats contre le patronat, parfois sanglants, que vous pouvez
aujourd’hui manger à votre faim, vous habiller et vous loger
décemment, vous soigner, vous instruire, défendre vos droits de
salariés. Pour combien de temps encore ? Partout, dans la rue, comme
dans le RER, au boulot, chez vos voisins et même parfois au sein de
votre propre famille, les stigmates de la pauvreté réapparaissent.

A partir du milieu des années 70, on vous a fait peur dans le but de
vous paralyser et ça a plutôt bien fonctionné. On vous a menacé de
chômage, de terrorisme, de cataclysme nucléaire ou écologique,
d’immigration délinquante… On vous a dit que l’humanité ne valait pas
la peine qu’on se battît pour elle, tout en oubliant opportunément de
vous rappeler que vous en faisiez partie. Plus par désespoir que par
désintérêt, vous furent trop longtemps nombreux à rester chez vous
quand on licenciait, privatisait, supprimait un par un les droits
sociaux et démocratiques, piétinait la liberté, l’égalité et la
fraternité.

Pensant qu’elle contrôle désormais, sans trop de mal, votre opinion,
la bourgeoisie croit voir en vous un troupeau docile, incapable de
discernement et oublieux des luttes glorieuses du passé. En mai
dernier, elle a fait élire comme Président de la République l’un de
ses plus violents serviteurs, frère d’un empereur du MEDEF et
déterminé à jeter le service public et vos derniers droits aux ordures
pour instaurer une société où seuls les plus fort(uné)s dicteront
impitoyablement leur loi. Si vous ne réagissez pas maintenant, vous ne
pourrez plus circuler et vous exprimer librement dans peu de temps.
Vous ne pourrez plus vous loger convenablement, vous soigner, et
travaillerez dans des conditions insupportables, si vous ne vous
rangez pas aux côtés de ceux qui continuent la bataille.

Les grèves des agents publics peuvent faire trembler les puissants si
elles ont votre soutien. Elles peuvent être le point de départ pour
une nouvelle société si elles sont rejointes par de grandes grèves
dans les entreprises privées.

Ce monde est au bord du gouffre, et vous savez que le jour approche où
vous devrez prendre vos responsabilités face à l’Histoire, l’avenir de
vos enfants en dépend. Vous devrez renouer avec la lutte du
prolétariat révolutionnaire et, cette fois, vaincre la classe
capitaliste, gang suicidaire, coupable du chômage, de la guerre et de
l’extermination de la planète. Vous savez que vous devrez éviter le
cataclysme écologique ou la guerre civile en vous unissant sur des
bases fraternelles et solidaires, par la démocratie directe.

Dès à présent, rejetez la manipulation des conglomérats médiatiques,
tous aux mains des multinationales de la Banque et de l’armement.
Soutenez ou engagez-vous dans une grève reconductible et féroce.
Appuyez, préparez la grève générale interprofessionnelle et illimitée.

Il est temps que la peur et la détermination changent de camp.

RAPACES

"Les principes du marketing n’ont laissé à l’Homme politique que
l’ambition d’être acheté." Raoul Vaneigem



Commentaires  (fermé)

Brèves

3 octobre 2012 - Le droit de photographier

Arrêté du 27 Juin 2008
Les journalistes et particuliers ont le droit de photographier et de (...)