5 milliards !

lundi 28 janvier 2008
par  siksatnam
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Le nom de Jérôme Kerviel a été jeté en pâture aux médias hier comme étant celui qui aurait causé un trou de 5 milliards dans les comptes florissant de la Société Générale.

Sa photo est publiée à la une de tous les journaux. (qui aujourd’hui font mine d’annoncer "que son identité n’a pas été révélée ..." Ben tiens. Ici déjà :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/01/25/01011-20080125FILWWW00452-kerviel-etudiant-bosseur-et-sans-probleme.php)

Ceci est un déni le plus élémentaire d’un des principe de droit essentiel, à savoir celui de la présomption d’innocence !

Cette histoire révèle au passage que alors qu’on nous annonce qu’il n’y a pas un rond pour augmenter les salaires et les retraites ou pensions, les banques jouent tous les jours avec des MILLIARDS d’EUROS, les économies de leurs clients (nous ...), joués à la roulette russe sur les marchés mondiaux. On nous parle ici de 40 milliards placés de façon aventureuse, qui ont entrainé un déficit par mévente de 5 milliards. On entend parler des sommes colossales de ces transactions que lorsqu’il y a des accidents (àne pas en douter, les frais de banque vont encore augmenter ... et ce dans toutes les banques, au nom du renforcement des contrôles ...). Mais quand les choses se passent bien, et que là ce par contre les milliards sont des BENEFICES qui rentrent dans les poches des financiers, alors on nen entends pas parler ... Le silence feutré des portes de coffre fort ...

Par ailleurs, au delà de cet individu, je propose que nous annoncions d’ores et déjà notre soutien politique à celui qui serait responsable de cette fraude. Quelqu’un qui a fait perdre 5 milliards à une banque sans enrichissement personnel, ne peut pas être tout à fait mauvais selon un point de vue anti-capitaliste !

Traders de tous les pays, unissez vous pour foutre le capitalisme en l’air !



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jeudi 31 janvier 2008 à 12h21 - par  Antoine

Jérôme K. et les quarante valeurs

Par Pierre Marcelle

Les pipeaux de Daniel B.

De la très édifiante affaire qui fait serrer les fesses des banquiers, j’aime tout depuis le premier jour. J’ai aimé ces flashs d’infos reniflant circonspects le pognon du krach qui va et qui vient, quand successivement ils nous informèrent de la « fraude » de Jérôme K. - archétype de la réussite professionnelle en Sarkozie -, avant d’évoquer comme en passant la vérole des subprimes ayant plombé de deux milliards (chiffre officiel) les comptes de la banque, puis ce soupçon de délit d’initié (sans aucun rapport, évidemment). J’ai adoré les mots de Daniel Bouton, le patron, quand il hurla à l’attentat « terroriste » d’un esprit « pervers » (mais « solitaire » - tu parles !), puis les contorsions du même offrant, outre sa démission, six mois de salaires et de primes. En gage de sa vertu, ou en compensation de son incompétence (selon le théorème de Lagardère) ? Sacré Bouton ! J’ai tout particulièrement goûté ce détail relatif aux deux années que Kerviel passa, nous dit-on, sans prendre une seule semaine de vacances (ah ! travailler plus…).

Et j’ai joui sans entraves en découvrant le monde merveilleux des open spaces et des offices (front, middle, back), où le destin fantasmé de jeunes gens shootés au Spiel sur les Futures conforte l’évidence que ce système est pourri jusqu’à la moelle.

Le procès de Jérôme K.

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Sarkozy. Plus exactement, le fils chéri des produits financiers nous dit, texto, que « ce système marche sur la tête ». Il est « devenu fou », entonne à l’unisson Moscovici, socialiste mûri au capitalisme que y a pas moyen de faire autrement. Et, dans leur foulée, tous les thuriféraires des marchés, de toutes parts et de tous partis, de beugler à la nécessaire « moralisation » du capitalisme qu’on appelle « financier » en redécouvrant qu’il carbure à la spéculation. Les pipeaux de Bouton visant à faire de Kerviel le bouc émissaire de ses errances, ce fut juste amusant, quand tout établissait, à l’évidence et depuis le premier jour, que sa hiérarchie était bienveillante, et complice.

En soi, le fade et zélé Jérôme K. ne nous inspire rien. Le condamner pour excès d’initiatives, c’est verbaliser Schumacher pour excès de vitesse, un dimanche après-midi sur le circuit de Monza. Quant à moraliser le capitalisme, c’est tenter de convaincre un tigre du bien-fondé, pour sa santé, de remplacer la gazelle de son petit déjeuner par un plat d’épinards.

Vous croyez, vous, que le projet de « moralisation du capitalisme » passera par la reprise en main de l’économie par le politique, et l’établissement de règles visant à redistribuer la richesse de sorte que, tandis que dix se goinfrent, mille ne crèvent pas d’inanition ? Vous n’y êtes pas du tout. Moraliser, c’est prêcher le renforcement de la « transparence » des procédures (bel oxymore !), et basta. Des mots, comme à chaque fois que le merdier dérape, et plus rien jusqu’à la prochaine gamelle. Plus rien que le cynique et berçant mantra selon lequel, eu égard à la densité du trafic, le somme toute relatif nombre d’accidents constitue bien la preuve que « ça marche ».

En attendant, parce que les cinq milliards joués-perdus-volés ne sont pas virtuels, il conviendra que quelqu’un les paye. Les personnels de la Générale seront les premiers à passer à la caisse.

Puis, ses clients. Puis vous, moi, nous tous…

L’honneur d’Alain M.

C’est entendu, le profil très bas de Daniel Bouton révèle une molle et flottante conviction. Pourtant, hier au soir, l’homme a été maintenu à la présidence de la Générale, malgré la pesante suggestion tombée la veille de l’Elysée. Peut-être, devant ses administrateurs, s’est-il appliqué à lui-même les consignes qu’il donnait à ses gens, lorsqu’ils étaient susceptibles d’être audités dans l’affaire dite « Sentier 2 » (sur vos écrans judiciaires lundi prochain - Libération du 28 janvier), telle celle-ci : « Ne pas reconnaître une quelconque déficience interne, même sous vive pression ». Peut-être a-t-il invoqué son « honneur », ainsi que l’a fait avec une ahurissante superbe Alain Minc, lequel semble avoir enfin obtenu la tête de Jean-Michel Dumay, le président de la Société des rédacteurs du Monde (et de facto la perspective de liquidation des droits moraux de celle-ci), comme on obtient un parachute doré ?

Dans l’ombre de ses conseils d’administration, le capitalisme se soucie moins que sur la place publique de sa moralisation.

De la fumée et des odeurs

Vous avez remarqué comme ça pue partout, maintenant que l’herbe à Nicot est partout proscrite ? La sueur dans les boîtes de nuit aux fumets de vestiaire, mais pas seulement : aux brasseries éclatantes, le graillon, maintenant ! Quant aux salles de marché, l’argent y exsude décidément une drôle d’odeur…

http://www.liberation.fr/rebonds/chroniques/smoking/307131.FR.php

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