N 11 Juillet aôut 2006

jeudi 11 janvier 2007
par  Le Plombier
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Le premier des quatre procès intentés contre les manifestants anti CPE/LEG aura laissé de drôles d’impressions :
Une mobilisation correcte, où l’on retrouvait un bon nombre de syndicalistes de SUD (la CGT,FSU et FO n’ayant envoyé que des délégations symboliques), de nombreux jeunes, des salariés passant, durant la matinée, pour s’informer de l’évolution des évènements.
Parallèlement, une forte présence policière, obligeant une majorité des manifestant(e)s à rester au dehors du palais de justice.
Et puis, aussi, une juge assez mal à l’aise devant trois étudiants accusés de « dégradations légères » du local de l’UMP alors que le dossier ne comporte qu’une déclaration d’un flic ne les désignant pas en train de commettre le délit de bomber à la peinture rouge et noire (belle couleur !) le mur poisseux du mouvement de droite extrême… Un dossier lourd d’une page ! Et des avocats qui se régalent de cette incurie judicaire… Une procureur qui demande, peu convaincue, des travaux d’intérêts généraux de 100 heures par tête de pipe et une justice qui, courageusement, délibérera de l’affaire, le 17 août, en pleine vacances… On a pratiquement atteint le fiasco. Même la presse locale l’aura remarqué…
Alors pourquoi cet acharnement judicaire ? Il est clair qu’il s’agit là d’un cas manifeste et éclatant de criminalisation du mouvement social et de règlement de compte d’un pouvoir politique à la dérive. On peut même avoir de sérieux doutes sur le peu de consistance du dossier de police élaboré sous la houlette des Renseignements Généraux… Rendre un tel dossier à la justice n’est ce pas laisser traîner une peau de banane de plus ? Et ce, au profit de qui ?
Les autres procès qui vont se suivrent seront plus difficiles : Les 4 accusés qui vont se succéder bénéficieront moins de soutien (à cause des vacances) et auront, pour certains, des accusation plus lourdes (quoi que, pour l’essentiel, démontables aussi).
Alors n’oublions pas notre devoir de solidarité avec ces camarades : mobilisons nous les 5 et 10 juillet et le 23 août prochains. Tenons nous au courant des rassemblements et des actions de solidarité qui vont être organisées à Tours. Exigeons aussi l’amnistie totale, sur l’ensemble du territoire, pour les inculpés des mouvements anti CPE/LEG et de la révolte des banlieues !

Bref panorama de la privatisation du système carcéral.

Utiliser les services de compagnies privées pour le transfert ou la surveillance de détenus n’est pas nouveau, au XVIIe siècle déjà l’Angleterre passait contrat avec une compagnie maritime pour la déportation de bagnards sous les tropiques.
Ce qui est plus étrange est de voir ce type de prestation de services, lucratifs, perdurer et surtout se diversifier.
Dans les années 80 le phénomène reprend une certaine ampleur avant de faire des émules en Europe notamment. Sous prétexte de restriction budgétaire et d’hystérie sécuritaire entretenue, la commercialisation de la gestion des centres de détention pénitentiaire est un procédé en vogue. On compte actuellement 180 prisons aux Etats-Unis dont l’administration est totalement privatisée, 11 en Grande Bretagne, 7 en Australie et en effectif plus réduit dans un très grand nombre de pays, souvent à titre expérimental.
Aux Etats-Unis, où l’on compte un détenu pour 740 habitants, le secteur privé gère 4 prisons de Haute Sécurité, 65 de moyenne sécurité et 32 de basse activité, soit 95 000 détenus dont 40 000 mineurs. Il faut également y ajouter 10 233 détenus étrangers en rétention administrative dont le centre est entièrement géré par une compagnie privée.
Le marché représente 50 milliards de dollars que se partagent une vingtaine d’entreprises. Certaines parmi les plus importantes ont un nom qui paraît issu des pires films de séries « Z » : Group4 Securicor : 21 % de part du marché. Citons encore Correctional Services Corporation (CSC) ou Cornell Corrections Inc. Ces entreprises fonctionnent également en Afrique du Sud, Australie ou encore en Europe du Nord.

En Europe, la primauté revient (évidemment) au Royaume Uni de M. Thatcher qui en 1986 décide de la privatisation partielle du système pénitentiaire. En 2005, 8 926 des 73 085 détenus britanniques dépendent d’une administration intégralement privée.
En France, un programme similaire est envisagé à la même époque par le ministre Albin Chalandon . Faute de budget, cela reste à l’état de projet mais l’article 2 de la loi du 22 juin 1987 pose une première pierre : « L’Etat peut confier à une personne ou un groupement de personnes, de droit public ou de droit privé, une mission portant à la fois sur la conception, la construction et l’aménagement d’établissements pénitentiaires. »

Fait notable : Les agents de l’Etat conservent pour le moment la souveraineté de la gestion. Ce sont les services comme la maintenance, l’hôtellerie, la restauration et le suivi médical qui sont proposés à des audits privés.

Le projet de 2004 de création de nouvelles prisons reste dans cette logique mercantile.
Pourtant ce système à déjà prouvé de nombreux disfonctionnements : mauvaise gestion des lieux, violences, règlement intérieur médiéval, etc. qui ont conduit a de nombreuses résiliations de contrats.

Néanmoins, l’opération reste source de gros profits financiers, réduit les coûts publics et les vertus de l’enfermement « à la carte » (comprenez de carte de crédit) séduit aux Etats-Unis et ailleurs. Cela sans parler des centres de redressement pour mineurs« volontaires » comme le médiatique centre de Tranquility Bay en Jamaïque où des parents américains envoient leurs turbulentes progénitures.

Bienvenue dans un monde meilleur.
Edouard.

C’était le 8 juin, lors des discussions hautes en couleurs sur le projet de loi immigration et intégration, que le Sénat, avec l’appui du gouvernement, a adopté un amendement restreignant l’accès au titre de séjour pour les parents étrangers d’enfants malades.
En effet, le titre de séjour octroyé ne bénéficiera qu’à un seul des deux parents, ce qui condamnera l’autre parent à résider en situation irrégulière s’il refuse de se séparer de son enfant malade.
De plus, les autorisations provisoires de séjour, à l’inverse des cartes de séjour temporaire délivrées aujourd’hui, condamnent leurs titulaires à une insécurité juridique et à une précarité inacceptable.
Résultat : difficulté pour obtenir un contrat de travail, aléas de renouvellement de titre, problèmes de logement, rupture affective pour un enfant déjà bien malade bref, ne pas pouvoir subvenir aux besoins de son enfant malade et lui garantir des soins.
C.G.

Il y a deux manières de préparer l’avenir. soit construire des prisons pour mineurs délinquants… Ou miser sur l’éducation en offrant sa chance à chacun. le gouvernement a une drôle de manière de préparer l’avenir. En présentant le projet de loi de finance 2007, il y a été fort : 19000 suppressions de postes de fonctionnaires dont 8400 pour la seule Éducation nationale.
Les violences scolaires, la révolte des banlieues ne lui auront rien appris ? Il y aurait pourtant beaucoup à faire, à entreprendre pour que l’Éducation Nationale assure sa mission de service public et offre partout un enseignement de qualité et corrige un tant soit peu les inégalités des chances. Pour l’avenir, on reconnaît bien là, De Villepin et Sarkozy : l’un vire les profs, l’autre construit des prisons…
S.A.

Fin 2004, les salariés de l’AMPLIE (association municipale Jocondienne chargée de l’insertion sociale et professionnelle) étaient licenciés par le maire PS Philippe Lebreton qui voulait faire plaisir à son ami (le directeur de la dite structure) afin de lui créer « sa » Régie de quartier. Au final, la régie a été un couac monstrueux et le directeur foireux (ex adjoint PS à Joué les Tours) s’est barré en 2005… La résultat de toute cela a été la destruction de 7 ans de travail de terrain des salariés de l’AMPLIE et la perte de dizaines de milliers d’Euro.
Le tribunal des prud’hommes de Tours vient, le 16 mars dernier, de juger que les salariés avaient été victimes de licenciements sans cause réelle et sérieuse et a condamné la mairie de Joué les Tours à verser les indemnités prévues au code du travail en pareil cas…
Belle manière de gérer le social de la part d’un maire PS… On se rappelle aussi l’attitude (petite aide entre amis) de l’ancien responsable de l’UD CGT 37, qui, à la suite d’une entrevue, lui avait assuré de sa neutralité bienveillante… Belle conception du syndicalisme au service des puissants… Heureusement que la CGT des territoriaux avait relevé l’honneur de la centrale syndicale en participant activement aux luttes menées afin d’éviter l’irréparable.
E.S.
En complément de l’article paru en juin dernier sur le sujet, il convient aussi d’expliquer un certain nombre de faits qui expliquent aussi le pitoyable résultat de cette TV locale :
- Les journalistes (tous de jeunes débutants) sont laissés sans appui réels par les propriétaires de la télé. La présence d’un ou deux « anciens » aurait été, de toute évidence, un plus non négligeable pour ce média ; D’où le caractère imprécis et besogneux des reportages pour un média professionnel.
- Les journalistes sont forts mal payés. En fait leur direction exploite leur enthousiasme et leur désintéressement. C’est une manière assez habile de faire tourner une entreprise de communication avec des salaires au rabais.
A l’arrivée, cela donne le résultat que nous connaissons tous…
E.S.

A 10 mois des présidentielle, l’UMP intensifie sa présence sur internet, histoire de créer du trafic et un débat d’idées autour des propositions de Nicolas Sarkozy qu’ils disent ! Après avoir réservé un certain nombre de mots clés au moteur de recherche « Google », l’offensive du parti porte surtout sur l’outil du moment : le blog.
L’UMP a lancé sa plate-forme basée sur les services de Six Apart (Typepad) et invite ses 250000 adhérents à créer aussi leur propre blog en leur offrant le quatre premiers mois d’abonnement à la plate-forme Typepad. « Nous récompensons ensuite les blogs qui marchent le mieux en leur offrant un an d’abonnement » précise Thierry Solere, membre du conseil exécutif du parti et maire adjoint de Boulogne-Billancourt (92).
L’UMP entend poursuivre ses campagnes d’e-marketing par vague d’e-mailing.
Y a pas à dire, ils sont prêts à tout à l’UMP !
CG

La venue de De Villiers à la grange de Meslay a été l’occasion pour plusieurs centaines d’adhérent(e)s et de sympathisant(e)s de le droite extrême de se retrouver ce dernier 11 juin. Venus principalement de la région centre et même de plus loin (Vendée évidemment, mais même de régions de l’est...), les xénophobes Villiéristes ont pu échanger tranquillement leurs insanités protégés par des gendarmes très très nerveux (et provocateurs) distribuant les insultes au petit groupe de manifestant(e)s venu troubler les agapes (et tenu énergiquement bien à l’écart par les pandores). Seul regret de cette affaire : le mobilisation a été bancale parce que mal préparée et que, chose assez déplorable, des trois premières organisations appelant à l’initiative, deux (les Jeunesses Communistes et les JCR/LCR) n’étaient même pas représentées, cependant que la troisième (SUD Étudiant(e)s) n’avait que deux militant(e)s sur place…
E.S

Un conflit salarial s’est déclanché le 27 juin dernier à Outiror.
Initié par SUD et la CGT, les médias locaux ont suivi l’affaire. Sauf que le journaliste de la Nouvelle République, très au fait de la réalité sociale locale, a « confondu » SUD et FO et a écrit un article sur les évènements en mentionnant cette dernière organisation syndicale (qui n’existe pas dans cette entreprise), et en faisant disparaître la première (qui est la principale force syndicale dans l’entreprise).
Une manière surprenante de traiter l’actualité… Quoi, qu’avec la Nouvelle République, on peut s’attendre toujours à tout...
E.S

Dons : 3 ramettes de papier
Participation tirage SUD-PTT : 10 ramettes de papier
Groupe de liaison des anarcho-syndicalistes : 80,43 Euro
Collectif Contre la Venue du pape à Tours : 50,00 Euro
Groupe Eugène Bizeau des Libres Penseurs de Touraine : 937,41 Euro
Vente des Badges de l’émission (1 Euro l’unité) : 135,00 Euro
Total recettes : 1202,84 Euro
Tirages du journal : 262,00 Euro
Impression des badges : 51,00 Euro
Total dépenses : 313,00 Euro
.A l’occasion du 70 ème anniversaire de la révolution Espagnole de 1936, l’émission propose, durant tous les mercredis de juillet, une série de spéciales, avec l’intervention d’Edouard Sill (DEA d’histoire contemporaine).
Mercredi 5 juillet, guerre ou révolution en Espagne ? Le communisme libertaire espagnol. La CNT.
Mercredi 12 juillet, les réalisations de la révolution (Aragon, Barcelone, etc). L’anarchisme au pouvoir et en guerre. La question des femmes.
Mercredi 19 juillet, le stalinisme et la normalisation (mai 1937). Le jeu institutionnel.
Mercredi 26 juillet, la solidarité internationale. Le rôle des expatriés Européens. L’héritage de cette révolution.
 ATTENTION ! Pas d’émissions au mois d’août...

Rédaction : Stéphane Auger, Céline Gil, Edouard Sill, Eric Sionneau..
ASSISTANCE TECHNIQUE : Jean Michel Surget
Infographie : Céline GIL
Le canard est à votre disposition à Tours au Donald’s pub, Buck Mulligan’s, Serpent volant, Barrio de la Quinta Luna, Teenage Kicks, Le Bergerac ,Au Petit Soleil, Les Studios ainsi qu’au Café des Arts à Amboise.

Vous pouvez nous écrire à « Demain Le Grand Soir » Radio Béton
90, Maginot 37100 Tours ou sur demainlegrandsoir@wanadoo.fr
Notre Blog :http://20six.fr/demainlegrandsoir
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libellée à vos nom et adresse, nous soutenir en envoyant des ramettes de papier.

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Documents joints

journal été 2006
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