N° 12 Septembre 2006

vendredi 12 janvier 2007
par  Le Plombier
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Un mercredi d’août à Tours, la place de l’Hôtel de ville sous la pluie. On distribue des petites bougies, quelqu’un déploie un petit drapeau et le mégaphone traditionnel relaie quelques slogans avec une conviction mécanique. Le cèdre du drapeau déployé rappelle au ballet de voitures qui défile au rythme des feux tricolores de la place que dans chaque ville de France et d’ailleurs des gens se rassemblent en solidarité avec le Liban et le peuple palestinien. Malgré la pluie, malgré les vacances, malgré la ligne complaisante et insipide des médias, malgré le flot anesthésiant des commentaires sur le grand feuilleton de l’été qu’est la guerre éclair que mène Israël contre son voisin libanais.
On peut sans doute gloser à l’envie de l’utilité de tels rassemblements symboliques mais le fait est que la bouillie médiatique servie deux fois par jour à l’heure des repas cet été et généreusement relayée noir sur blanc dans la presse écrite ne soulève pas autant de commentaires. La soudaineté du conflit peut, peut-être, expliquer l’absence de hauteur de vue, de réflexion globale et de distanciation, nécessaires pour tenter d’appréhender la nature cette guerre. Bien au contraire, les médias ont su tout à fait distiller les informations pour rendre encore plus confuse et complexe la guerre au Levant. La diplomatie israélienne ne peut que se féliciter de la façon dont les opinions occidentales ont reçu les échos de sa politique extérieure et intérieure menée à coup de char Merkava.
Accuser les médias d’avoir présenté le conflit comme un match de foot est incomplet, il faut y ajouter que ceux-ci ont réussi le tour de force de justifier la guerre à nos yeux. Certes, les journaux ont taché de présenter les protagonistes de façons parallèles : « l’impérialisme criminel » de l’Etat israélien opposé au « terrorisme sanguinaire » du Hezbollah. Pas de parti pris surtout, il ne s’agirait pas de perdre bêtement des lecteurs à la plage. On focalise alors la sympathie et l’apathie vers les populations civiles, comme si la population libanaise ou israélienne pouvait être neutre dans ce conflit. Le décompte des morts chez les civils de part et d’autres est encore une fois l’indice utilisé pour déterminer de façon enfantine lequel des deux partis possède la légitimité et la justice du combat de son côté.
Chez le journaliste commun d’Europe occidentale, espèce domestiquée depuis longtemps, le crime de guerre possède son propre baromètre : le nombre de mort au mètre carré multiplié par la moyenne d’age et le sexe des victimes : on obtient ainsi le fameux « faux pas » de Tsahal au Liban, à Cana. Le mythe de la « guerre propre » reçoit alors une vilaine éclaboussure. Pourtant, quid de l’invasion sans déclaration de guerre du Liban, des bombardements qui frappent les pseudos installations militaires du Hezbollah à savoir les infrastructures portuaires de Beyrouth et Tyr, les ponts libanais, les raffineries, les relais hertziens, etc. « Cana, le carnage de trop » titre Libération le 31 juillet. Ainsi, la guerre est acceptable comme, selon l’aphorisme fameux de Clausewitz, continuation de la politique par d’autres moyens, mais Cana et la trop grande disproportion des victimes de part et d’autre de la frontière ont rendu le conflit condamnable. Pas l’enlèvement et l’arrestation des membres du gouvernement Palestinien, pas la féroce intrusion de Tsahal dans la bande de Gaza et le bouclage de la Cisjordanie, pas le franchissement de la frontière libanaise par une armée étrangère, pas le bombardement de la moitié sud du Liban.

Plus encore que lors d’un conflit classique, les guerres de type asymétrique reposent en grande partie sur l’appréhension des opérations par l’opinion publique : les américains l’ont découvert à leur dépend au Viet Nam, premier conflit du type. L’ennemi doit être redéfini pour en faire un adversaire acceptable aux opinions occidentales et surtout empêcher l’apparition d’un sentiment de disproportion entre l’agressé et l’agresseur qui risque d’attirer vers l’adversaire les sympathies. En France, les médias ont fidèlement reproduit ce schéma, y compris dans la presse dite de centre gauche comme Libération, celui la même qui, gentiment, utilisait une traduction parfois systématique de Hezbollah en Parti de Dieu sans autre explication ni mise en contexte, ou encore établi des parallèles erronés et trompeurs entre les pratiques de martyre de certains groupuscules sunnites palestiniens et la guérilla livrée par la résistance libanaise dont le Hezbollah.

Nous attendons maintenant la conclusion logique du conflit, une sorte de happy end occidental et hollywoodien. On nous présente ainsi un visage rassurant : Israël a perdu diplomatiquement et militairement, Ehud Olmert va être contraint à la démission et l’état de droit rétabli au Liban par la présence d’un contingent renforcé de la Finul. Pourtant, la Palestine n’a pas droit à des casques bleus, on ne reconnaîtra pas plus le gouvernement palestinien élu, l’Etat libanais littéralement violé et ignoré durant le conflit par les chancelleries occidentales, récupère un territoire dévasté, divisé et perd un peu plus de crédibilité. On ne reproche pas à Israël son agression, on lui reproche d’avoir failli, du moins sur ses objectifs déclarés.

L’utilisation dans les médias et même dans la bouche de Mr Douste Blazy du concept de « Choc des civilisations » pour expliquer le conflit est particulièrement révélateur. Cette théorie, né en 1993 sous la plume de l’américain Huntington, repose sur une vision du monde divisé en grandes zones culturellement homogènes et antagonistes par essence, raccourci facile et populaire mais largement incohérent (Chine et Japon sont associés, arabes et musulmans forment un même ensemble, etc). Évidemment, cette théorie a trouvé à Washington un écho considérable et la politique étrangère des « faucons » de la nouvelle droite américaine de l’administration Bush en a fait son credo même avant le 11-Septembre. Israël, assimilée au groupe occidental, est en guerre permanente face aux « attaques » du groupe arabo-musulman, ce qui, de fait, la place avec les Etats-Unis et l’Europe dans le camp des « victimes civilisées ».

Mais de quelles victimes parle-t-on lorsque au nom d’une théorie dépassée et dangereuse ont justifie la destruction d’un pays par un autre et l’utilisation, redevenue traditionnelle, de la guerre en politique étrangère ? La France aurait donc du envahir elle aussi le Liban il y a vingt ans pour libérer les journalistes Kaufman, Carton et Fontaine ?

Edouard.

Telle est la somme due par chacune des organisations soutenant le collectif mis en place pour soutenir les accusés suite aux manifs anti CPE/LEG. Cette petite somme a permis de tirer de nombreux tracts appelant aux mobilisations de cet été.
Le MJS et les VERTS Touraine font partie de ce collectif. Force est de constater que, mis à part le nom de leur organisation au bas des tracts, ces organisations n’ont mobilisé absolument personne lors des différentes initiatives. Pire, ces organisations, largement subventionnées par nos impôts, n’ont pas non plus donné leur quote-part (soit 4,20 euro) au pot commun pour assurer les frais minimum au soutien.
Avec le MJS et les VERTS, la solidarité s’écrit en mot minuscule… Un belle manière de faire de la politique…
E.S.
Il aura fallu plus de quatre mois pour que l’actuel maire de Lussault sur Loire donne une fin de non recevoir au collectif de réalisateurs SCF pour la diffusion du DVD « Mémoires Sociales » dans « sa » commune. Rappelons que ce documentaire relate l’engagement de deux tourangeaux dans des combats révolutionnaires à travers le 20éme siècle et que l’un d’entre eux, Guy Denizeau, fut maire de cette commune dans les années cinquante.
L’octogénaire fait, visiblement, encore peur dans la commune puisque le premier magistrat refuse qu’une salle municipale soit mise à disposition afin que les habitant(e)s de Lussault sur Loire puissent avoir accès à une partie de la mémoire du village.
A défaut d’autre chose, ces derniers peuvent (moyennant 10 Euro) le commander à : SCF, 32 rue Jean Jacques Noirmant, 37000 Tours.
E.S.

Le maire de Bridoré (petite commune Lochoise) a essuyé, pendant l’été, la démission en bloc de six conseillers municipaux, du fait de son autoritarisme. Il n’a pas hésité, dans la Nouvelle République du 30 juillet dernier, de les dénoncer en ces termes : « Ils ont fait un putsh et ils l’ont raté. Ils passent pour des imbéciles. Pour moi, ce sont des anarchistes »…
Dans le pauvre esprit troublé du maire de Bridoré les imbéciles valent les putshistes qui valent eux mêmes les anarchistes. De notre côté, nous ignorions que Bridoré était le repaire d’une future commune libertaire… De plus, nous avons, contrairement au maire de Bridoré, une culture politique et sociale suffisamment solide pour ne pas mélanger tout et n’importe quoi dans nos déclarations publiques...
E.S.

On croirait voir des campeurs en plein Paris, ce sont les SDF qui s’installent dans leurs tentes données par Médecins du Monde. Ceci a suscité une réaction du gouvernement. En effet, les petits igloos pullulent un peu partout et crachent, aux yeux de tous, la misère. Mais cela donne une mauvaise image de la France et de la ville Paris. Pour masquer la misère, on ouvre les centres d’accueil, ce n’est pas une solution pour les SDF qui pensent que ces centres sont insalubres, provisoires et soumis au dictat de la violence. Pour les politiques et l’industrie du commerce, l’ouverture de ces centres est une solution pour cacher ces démunis. Montrer la pauvreté n’est pas bon pour le commerce ! Les centres ne traitent pas le problème. Le gouvernement ne cherche pas à éliminer le facteur misère car il est inhérent au capitalisme et nécessaire à l’accumulation de profits.
La droite protège ainsi ses “ bons citoyens ” bourgeois contre la “ populace ”. Comme d’habitude, la droite agit et la gauche regarde passer les caravanes… Ça sent de plus en plus les présidentielles…
M.S

Daniel Bernard, un ancien bureaucrate syndical de la CFDT, se répand dans la presse locale cet été, sur ses impressions de voyage à Cuba (rapport à l’hospitalisation du dictateur Castro). En « fin » observateur observateur politique, il a constaté que le régime donnait « à manger au pays et lui assure un relatif bien être matériel »… Relatif, tu l’as dit bouffi ! Avec une ration mensuelle (par carnet de rationnement) de 3kg de riz par habitant, quelques centaines de gramme de féculent, un peu de sucre et de la viande tous les 8 ans, le peuple cubain ne survit que grâce au marché noir. En ce qui concerne les hôpitaux, ils manquent des principaux produits nécessaires à leur bon fonctionnement (malgré la bonne formation des médecins) et la Havane est la rare capitale a avoir ,en son centre ville, un immense bidonville. La majorité des habitants de cette ville vit d’ailleurs dans des conditions d’insalubrité notoire… Tout cela du fait, non seulement du blocus américain, mais aussi du pilage des richesses par la momenclaturat « communiste » (et notamment de la famille Castro).
Daniel Bernard n’a sans doute rien vu de ces « désagréments » trop occupé, sans doute, à s’adonner à son penchant quotidien pour la boisson… Il faut dire, qu’à Cuba, le rhum est bon, c’est vrai !
E.S.

Comme tous les ans, c’est au mois d’août que les réformes, lois et actions les plus exécrables deviennent effectives : comme l’expulsion de sans-papiers à coups de matraques, ordres de notre bien-aimé chef de la milice fasciste Sarko.
Au 15 août, la population part en vacances, ne s’aperçoit de rien et laisse faire le gouvernement. Donc pas de contestation, enfin pour le peu de personnes qui se mobilisent de nos jours.
Vacances ou pas, les citoyens moyens n’ont plus de choix et n’ont plus d’esprit critique. Ça fait peur…
M. S

Nous venons de sortir deux CD de nos émissions qui sont disponibles dès ce mois de septembre.
Le premier est l’enregistrement de l’émission que nous avons consacré à la Rabière (Joué les Tours) suite à l’incendie du centre social. Interviennent 4 habitantes du quartier et 2 travailleuses sociales. Elles relatent la vie au quotidien dans le quartier et le sentiment des populations vis-à-vis des autorités. En parallèle, nous ne pouvons que vous conseiller la lecture du livre « Quand les banlieues brûlent, retour sur les émeutes de novembre 2005 » (éditions la découverte) qui est écrit par une dizaine de sociologues qui développent les problématiques décrites dans le CD et qui dénoncent l’irresponsabilité politique des divers discours sécuritaires de droite comme de gauche…
Le deuxième est un CD de 5 heures, illustré par une quinzaine de morceaux de musique, reprenant l’ensemble des émissions sur la révolution Espagnole de 1936, qu’Édouard Sill a animé ce mois de juillet sur note antenne. L’ensemble des principaux thèmes liés aux évènements y est abordé avec rigueur et une foule d’informations peu connues y sont développées.
CD « La Rabière, parole de quartier » 3 Euro ; CD « Révolution Espagnole de 1936 » 5 Euro. Pour toute commande par correspondance prévoir 0,82 Euro en sus.

Vendredi 29 septembre, à partir de 19H, forum/débat/repas de l’union syndicale SOLIDAIRES 37 autour du thème : « la casse du code du travail » avec Gérard Filoche (inspecteur du travail) et Michel Aufray (défenseur prud’homal CGT). Salle familiale des fontaines, avenue de Milan, 37200 Tours, Entrée gratuite, repas 10 euro, réservation au 06 75 47 19 10
Jeudi 5 octobre, 20H30, salle 120, aux Halles (Tours), débat autour du centenaire de la Charte d’Amiens organisé par l’union syndicale SOLIDAIRES 37 avec Patrick Milleureux (CGT Synthélabo) et Edouard Sill (universitaire). Entrée libre et gratuite).
Rédaction : Céline Gil, Magali Sabio, Edouard Sill, Eric Sionneau.
ASSISTANCE TECHNIQUE : Jean Michel Surget
Infographie : Céline GIL
Le canard est à votre disposition à Tours au Donald’s pub, Buck Mulligan’s, Serpent volant, Barrio de la Quinta Luna, Le Bergerac ,Au Petit Soleil, Les Studios ainsi qu’au Café des Arts à Amboise.

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journal septembre 2006
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