N° 13 Octobre 2006

samedi 13 janvier 2007
par  Le Plombier
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Education, immigration, politique sociale, université : rien ne semble distinguer les deux candidats proposés par les médias. A l’heure où les instituts de sondages ont fini par remplacer les programmes politiques, les élections présidentielles se révèlent tout à fait comme un match truqué.
Si l’on peut choisir le visage (ou le sexe) du lauréat, le programme est une option ; on ne vote d’ailleurs plus « pour » mais « contre » un candidat depuis le 21 avril 2002. Contre l’extrême droite ou la droite en rangers, l’illusion du barrage républicain va encore faire flores en 2007, comme une forme de catharsis savamment entretenue face à la pénétration des idées d’exclusions dans l’opinion que ces partis qui appellent au vote « citoyen » ont eux-mêmes favorisés avec la complicité intéressée des médias. Au grand bonheur d’une gauche moribonde, l’illusion du vote barrage recevra encore le soutien véhément des « citoyens d’un jour » qui, d’une élection à l’autre, expliquent sans rougir que le vote est un devoir obtenu dans le sang que l’on doit honorer coûte que coûte. Ce sont généralement des hommes, et pour cause, qui tiennent ce discours. Il est regrettable que cet engouement civique ne se manifeste qu’avec la régularité d’une éclipse et sans susciter les mêmes commentaires passionnés pour la défense des acquis sociaux ou pour les résidents étrangers à qui l’ont refuse ce même droit de vote. Vote barrage, vote « citoyen », mais aussi vote utile ! Pour être bien sûr que les français ne se trompent pas de gauche, ordre est donné aux élus de n’accorder les précieuses signatures qu’aux représentants du Parti. La logique voudrait que l’on supprime de fait le premier tour. L’appareil est parfait, le vote blanc n’est pas pris en compte : aucune surprise à attendre si ce n’est dans les scénarios débiles qui vont inonder les journaux à propos du vote d’extrême droite. Evidemment, il est plus facile de distiller la peur que d’inviter à l’esprit critique ou faire remarquer qu’un autre futur est possible.
De fait, l’alternance est devenu la norme depuis 1981. Le couple Mitterrand-Fabius se fait sortir en 1986 par Chirac, lui-même est remplacé par Bérégovoy en 1988. En 1993 Balladur prend le relais jusqu’en 1995 date à laquelle la présidence passe à la droite. En 1997 Jospin profite des législatives anticipées mais la gauche quitte les affaires en 2002 pour cinq ans.
Pour 2007, Madame Soleil devrait conseiller de miser sur la gauche, c’est écrit dans les astres.
Cette bipolarisation de la vie politique organisée entre deux partis gestionnaires participe à rendre plus floues encore les distinctions traditionnelles entre gauche et droite. Les électeurs se piochent au centre, avec des programmes minimaux et gonflés d’effets d’annonces populaires, voir franchement populistes. L’équilibre repose sur le consensus, un consensus bi-partisan chargé de la gestion de l’Etat, sanctionné mollement tout les six ans et sans véritable réflexion globale, abandonnée aux séides de la finance. Laurent Joffrin, que l’on peut difficilement taxer de « gauchisme », remarquait en 2001 dans son livre Le gouvernement invisible qu’« Une étrange démocratie se met ainsi en place : Celle où l’on respecte les libertés individuelles mais où on laisse s’étioler les libertés collectives. Chacun sera libre de vaquer à ses occupations sans que l’Etat s’en mêle. Mais chacun aura en fait abdiqué de la marche des affaires publiques. Peu à peu, on laissera le pouvoir à une même élite, dont les factions se succèderont au pouvoir. Ainsi, l’idéal né de la Révolution Française, celui de la souveraineté du peuple, se réduira à une parenthèse de deux siècles. »
Il n’y pas de choix réel entre la gauche libérale et la droite boutiquière. L’élection présidentielle de 2007 n’aura comme réel vainqueur que le taux d’audience des spots publicitaires et la confiance des nantis, et les mêmes perdants : précaires, étrangers, jeunes, etc. L’illusion d’avoir un mot à dire lors de ces « consultations » participe de l’abandon du politique aux professionnels, aux élites. La rupture ne peut venir que du bas : les services publics ou les acquis sociaux se conservent comme ils ont été obtenu : par la lutte. Il n’a rien à attendre d’une élection présidentielle, notre futur ne peut être que ce que nous choisissons d’en faire, individuellement et collectivement.
Edouard.

Nouvelle « brillante » sortie de la Nouvelle République lors de sa narration du délibéré condamnant un manifestant anti-CPE à 400 euro d’amendes suite à un bombage. Ce journal « indépendant » conclu son article par la phrase suivante : « Au total, six militants anti-CPE ont été condamnés au terme des procès qui se sont déroulés cet été. Mais la plupart écopent de peines symboliques » (sic !) : peines de prisons avec sursis, fortes amendes, et, cerise sur le gâteau, condamnation de 3 étudiants à 50 heures de Travaux d’Intérêts Généraux suite à des dégradations imaginaires des locaux de l’UMP (à la suite des allégations pour le moins légères de Jean Louis Malauré, flic de la BIVP, qui fiche tout ce qui bouge dans les manifs…).
Plutôt que de servir la soupe aux pouvoirs publics, la Nouvelle République devrait plutôt s’attacher à ne pas raconter tout et son contraire constamment.
Ainsi, lors du compte rendu d’audience du procès de ces 3 étudiants, elle avait dénoncé l’iniquité de la procédure diligentée. Deux mois après, elle donne son blanc sein à la « justice » en considérant qu’elle été très clémente… Heureusement, de leur coté, les 3 étudiants ont fait appel…
Mais du coté de la Nouvelle République, ses articles sont sans appel !
E.S.

Difficile de s’y retrouver lorsqu’il s’agit de garder un œil alerte sur l’évolution de notre société. Certes, nous sommes perpétuellement abreuvé de statistiques, de rapports, d’analyses mais la lecture est parfois fastidieuse et bien souvent sans mise en perspective.
L’Observatoire des inégalités rassemble des chercheurs, des enseignants et des individus avec la même volonté de rassembler, étudier et diffuser les informations produites par les institutions, afin de dresser un état des lieux complet de notre société et « de contribuer à éclairer ou à critiquer les choix publics ». Si l’Observatoire en tant que tel se refuse à adopter une attitude militante afin de demeurer une structure indépendante, son travail dresse un panorama très critique de l’évolution de la société française et une formidable source d’informations tout à fait accessibles pour un large public.
A travers son site internet, l’Observatoire propose chaque mois une lettre d’information à propos de ses différents travaux sur l’évolution des inégalités sociales, économiques ou sexuelles en France.
Enfin, l’Observatoire des inégalités veut participer à répondre à cette question politique essentielle : « De quelles idées, de quelles données avons-nous besoin pour préciser et actualiser toujours notre réflexion commune sur les inégalités qui menacent les sociétés démocratiques ? »
Le site de l’Observatoire des inégalités : www.inegalites.fr
Edouard.

le CD de 5 heures, illustré par une quinzaine de morceaux de musique, reprenant l’ensemble des émissions sur la révolution Espagnole de 1936, qu’Édouard Sill a animé ce mois de juillet sur note antenne est en vente depuis début septembre. L’ensemble des principaux thèmes liés aux évènements y est abordé avec rigueur et une foule d’informations peu connues y sont développées.
Les cinquante premiers exemplaires étant déjà épuisés, nous en ressortons une nouvelle série.
CD (MP3) « Révolution Espagnole de 1936 » 5 Euro. Pour toute commande par correspondance prévoir 1 Euro en sus (chèque à l’ordre d’Eric Sionneau)

Jeudi 5 octobre, 20H30, salle 120, aux Halles (Tours), débat autour du centenaire de la Charte d’Amiens organisé par l’union syndicale SOLIDAIRES 37 avec Patrick Milleureux (CGT Synthélabo) et Edouard Sill (universitaire). Entrée libre et gratuite).
Mardi 10 octobre, 17H30, place Jean Jaurès, occupation de la place pour exiger le retrait du projet de loi sur la prévention de la délinquance à l’appel de CGT, SOLIDAIRES 37, SUD CAF, SUD Santé-Sociaux, FSU, SDU CLIAS 37, ANAS.
Samedi 14 octobre, rassemblement syndical unitaire contre la privatisation de GDF, à 15H00, place Jean Jaurès, à Tours.
Jeudi 19 octobre, 20H00, au CNP (les Studio, rue des ursulines, à Tours), projection du film « Mémoires Sociales » et débat. Présence de la librairie « La Niche Libertaire ».
Dimanche 29 octobre, manifestation contre la venue de Jean marie Le Pen à la Grange de Meslay (heure et rendez vous à définir. Nous contacter pour savoir plus).
Rédaction : Magali Sabio, Edouard Sill, Eric Sionneau.
ASSISTANCE TECHNIQUE : Jean Michel Surget
Infographie : Céline GIL
Le canard est à votre disposition à Tours au Donald’s pub, Buck Mulligan’s, Serpent volant, Barrio de la Quinta Luna, Le Bergerac , Au Petit Soleil, Sherlock Holmes, Shamrock, le Café, Les Studios ainsi qu’au Café des Arts à Amboise.
Vous pouvez nous écrire à « Demain Le Grand Soir » Radio Béton
90, Maginot 37100 Tours ou sur demainlegrandsoir@wanadoo.fr
Notre Blog :http://20six.fr/demainlegrandsoir
si vous avez des infos à faire passer à l’antenne. Vous pouvez également recevoir le canard chez vous en nous envoyant une enveloppe timbrée
libellée à vos nom et adresse, nous soutenir en envoyant des ramettes de papier.

Nous remercions : le groupe de Liaison des Anarcho-syndicalistes, le collectif contre la venue du Pape à Tours, SUD-PTT, le groupe Eugène Bizeau des Libres Penseurs de Touraine qui nous ont soutenus.


Documents joints

journal octobre 2006
journal octobre 2006