N° 16 Janvier/Février 2007

mardi 16 janvier 2007
par  Le Plombier
popularité : 10%

C’est dans l’urgence, en
effet, que l’émission « Demain Le Grand Soir » de Radio Béton recevait, mercredi 3 janvier dernier, Monsieur Lionel BELLOT.
Lionel, représentant du DAL (Droit Au Logement) sur Tours voulait répondre à l’appel national lancé par le DAL France (J.B. Eynaud) et « les enfants de Don Quichotte » (Augustin Legrand). Appel qui tentait d’étendre le mouvement des installations de tentes en centre ville pour les SDF,
à l’ensemble des grandes agglomérations nationales.
Sur Tours, les 5 tentes données à l’association, ont essayées de s’implanter place Jean Jaurès. Malheureusement, la police a immédiatement empêché cette mise en visibilité de la misère quotidienne sur la place centrale de sa « tranquille » cité.
Le groupe s’est donc retrouvé, pour la nuit du 2 janvier, sous un porche, face à la poste. Délogé « légalement » dés le lendemain, le groupe conte poursuivre leur
action de mise en visibilité. Car il s’agit bien de cela. En effet, nul n’ignore
l’existence des SDF. Intérieurement, chacun se doute des douloureux parcours qui mènent à la rue… Chacun aussi, peut imaginer la promiscuité des centres
d’hébergement d’urgence, qui bien évidemment, ne résolvent rien. Les travailleurs sociaux sont les premiers à le déplorer et à reconnaître l’ambiguïté de leur
fonction.
Une situation qui dure… qui dure…
Alors là, avec le DAL et « les enfants de Don Quichotte », on observe une action, citoyenne, qui sort du cadre habituel des revendications, car principalement animée par l’empathie, et c’est tant mieux !
En effet, des gens comme Augustin Legrand ou Lionel n’ont rien de l’élite
politique. Il s’agit bien d’hommes ; mais d’hommes qui un jour, ont décidé d’entrer dans un espace politique afin que cette minorité d’exclus n’est plus
à se positionner comme victime d’un « système surpuissant », qui (mais est-ce utile de le rappeler) pourrait bien nous avaler aussi un jour…
Le but de l’émission n’était pas moins de donner quelques informations
nécessaires sur la construction sociale locale (ci-dessous), que de débattre sur ces courageuses initiatives citoyennes dont on peut espérer qu’elles formeront en
partie le visage humain de la résistance de demain.
Merci à tous ces êtres humains.
Zazü

Rapport sur le logement social local en 2006 (NR du 3 janvier).
Au palmarès des bons élèves :
· N°1 - Saint pierre des corps : 40% de l’offre des nouvelles constructions sont sociales.
· N°2 - Tours : 34%
· N°3 - Joué-Lès-Tours : 28%
· Le dernier, Saint Cyr : aucun logement social…
Autres chiffres : 3000 personnes en attente d’HLM = 150 nouveaux logements.
L’attente va être longue !

Lionel Bellot (DAL) pour info, contact, idée, aide : 06 33 09 69 66

En cette année d’élection présidentielle, un retour en arrière ne fait pas de mal où plutôt si…
Quel que soit le candidat vainqueur (déclaré ou non) le projet de société est le même, il suffit de regarder dans le rétroviseur : le répressif et le sécuritaire
dominent, touchent directement chaque citoyen, avec le fichage comme principe, l’appel à la délation et l’amalgame pour règle… « Les libertés démocratiques » ???
L’actionnariat et le monde l’entreprise comme dictateurs économiques avec
cadeaux des pouvoirs publics sans contrepartie d’aucune sorte.
L’Etat démissionne sur tout : la santé ? Paye d’abord !
L’éducation : pas de moyens, des suppressions de poste à tout va (ça aide pour les futures émeutes) !
La recherche scientifique abandonnée : à part appliquée aux profits, donc à la
recherche privée, on voit ce que cela donne (médicaments contre le sida en Afrique, etc.). L’écologie, on en entend beaucoup parler, on voit bien venir les nuages gris, ils ne sont pas prés de se dissiper ! L’emploi : bosser plus et plus longtemps pour gagner moins.
Eh ! Pourtant il y a des chômeurs ! Ah bon ?!
Donc, tout va bien ! Ca ira encore mieux demain ! Eh oui ! C’est le grand soir !
S.A.

En bref, si on n’a pas de travail, on n’a pas d’argent. Sans argent, on n’a ni
logement, ni de quoi vivre. Donc, on est à la rue et on n’a pas de travail car on n’a pas d’adresse. Donc pour avoir un travail, il faut un toit.
Essayons de trouver un travail. On va à l’ANPE et dans les boites d’intérim. Si on n’a pas d’expériences, on n’a pas de travail. Mais on ne peut pas avoir
d’expériences si on ne nous donne pas la chance d’en avoir ; même pour un travail très simple, il faut avoir un an d’expérience.
Donc, la recherche est limitée.
Tiens ! Un travail où l’on a les compétences, le bon profil et tout et tout, mais problème : on n’est pas éligible au CAE, donc pas de travail !
« - Comment ça ? Je corresponds à l’emploi, mais je n’y ai pas accès car je n’ai pas un an de chômage ?!! – Eh oui ! – Mais si je reste un an au chômage, je suis
à la rue et j’ai encore moins de chance d’avoir un emploi !! »
Rien que dans les contrats de travail, tout est fait pour que l’individu ne travail pas ou peu et reste en situation précaire.
Le problème est là, c’est que l’emploi est devenu un luxe. Si on n’a pas les 40000 pseudo années d’études, pour un job simple que l’on peut apprendre sur le tas,
on n’a pas cet emploi. C’est l’horreur !!
Donc on maintient les gens dans la merde. Pourquoi ? Pour ne pas renverser la hiérarchie sociale, les avantages des quelques privilégiés qui appellent le fric parce qu’ils en ont plein. Voilà à quoi sert le travail, à filer du fric à ceux qui en veulent toujours plus.
Enfin… J’arrête cette philosophie de comptoir et je vous souhaite une bonne année et un bon travail !
M.S

De plus en plus, le nationalisme gagne du terrain, en Hongrie, en Autriche (où il est au pouvoir), en Allemagne, au Portugal et en France où il est à deux doigts de nous tomber sur le nez !
Les nationalistes se dotent d’une nouvelles images médiatiques qui les font passer pour des gens bien : on les voient aidant les populations défavorisés (la fameuse confiture au cochon…), ils organisent des manifestations pour les pauvres…
en gros, ils gagnent du terrain dans les basses couchent de la société.
Mais, ces images ne montrent pas leur vrai visage. Ainsi, le nationalisme ne
dévoile pas ses aspects négatifs. Il assagit son discours public mais pense toujours les mêmes conneries.
Par ce stratagème, les nationalistes prennent la place des partis politiques de « gauche » qui sont censés aidés les gens, les prolétaire, les démunis…
Il faut savoir qu’en Allemagne, il y a des manifestations nationalistes où les
anti-nationalistes sont arrêtés comme perturbateurs de l’ordre public !!!! C’est le monde à l’envers !!!
Ainsi, il y a une forte progression du nationalisme et personne ne réagit et encore moins la « gauche » qui est trop préoccupée à la course au pouvoir. La « gauche » devrait se rapprocher du peuple qu’elle est censée défendre et devrait montrer le vrai visage de l’extrême droite aux gens assez crédules pour se laisser berner. Il y a un réel danger au niveau Européen.
M.S.

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l’INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.

Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la
notion « d’héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?

Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui
permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et
suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une personnalité
pathologique qu’il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de
mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans,
l’administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus
récalcitrants. L’application de ces
recommandations n’engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement des
structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à
l’extrême des phénomènes d’ordre
éducatif, psychologique et social,
entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.

En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d’opposition
inhérente au développement psychique de l’enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l’abord du développement singulier de l’être humain est nié et la pensée soignante robotisée.
Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements,
il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d’une palette
thérapeutique la plus variée.
Pour autant, tous les enfants n’en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.

Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit
notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l’« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) (va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d’instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d’ordre public. Le risque de
dérive est latent : la détection systématique d’enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d’endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d’accueil ou d’éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le
concept-même de prévention.

Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l’enfance, de l’éducation, etc. :
- Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins,
notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.
- Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.
- Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social,
éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.
- Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions
des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux
interrelations entre ces acteurs.

Contact : contact@pasde0deconduite.ras.eu.org

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l’INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.

Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la
notion « d’héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?

Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui
permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et
suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une personnalité
pathologique qu’il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de
mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans,
l’administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus
récalcitrants. L’application de ces
recommandations n’engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement des
structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à
l’extrême des phénomènes d’ordre
éducatif, psychologique et social,
entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.

En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d’opposition
inhérente au développement psychique de l’enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l’abord du développement singulier de l’être humain est nié et la pensée soignante robotisée.
Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements,
il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d’une palette
thérapeutique la plus variée.
Pour autant, tous les enfants n’en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.

Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit
notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l’« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) (va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d’instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d’ordre public. Le risque de
dérive est latent : la détection systématique d’enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d’endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d’accueil ou d’éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le
concept-même de prévention.

Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l’enfance, de l’éducation, etc. :
- Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins,
notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.
- Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.
- Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social,
éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.
- Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions
des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux interrelations entre ces acteurs.

Contact : contact@pasde0deconduite.ras.eu.org

Rédaction : Zazü, Céline GIL, Stéphane Auger, Magali Sabio.
Illustration : Céline GIL

Le canard est à votre disposition au Donald’s pub, Buck Mulligan’s, Serpent volant, Barrio de la quinta luna, Teenage Kicks, Le Bergerac à Tours, Les Studios, ainsi qu’au Café des Arts à Amboise.

Vous pouvez nous écrire à « Demain Le Grand Soir » Radio Béton
90, avenue Maginot 37100 Tours ou sur demainlegrandsoir@wanadoo.fr
si vous avez des infos à faire passer à l’antenne. Vous pouvez également recevoir le canard chez vous en nous envoyant une enveloppe timbrée
libellée à vos nom et adresse, nous soutenir en envoyant des ramettes de papier.

Nous remercions : le groupe de Liaison Anarcho-syndicalistes, le collectif contre la venue du Pape à Tours, SUD-PTT, le groupe Eugène Bizeau des Libres Penseurs de Touraine qui nous ont soutenus.


Documents joints

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