Bonne nouvelle, je suis un visionnaire...

vendredi 3 octobre 2008
par  siksatnam
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Bonne nouvelle, je suis un visionnaire... Sachez que beaucoup m’envient désormais... En effet, je vous anonçais lors d’une précédente chronique la crise à venir... Quand je pense que sur le moment, mon discours ne fut accueilli, y compris et particulièrement dans ces studios, d’ailleurs, qu’avec des haussements d’épaules, des sourires génés, ou même franchement ironiques... Voilà ce qui arrive lorsque l’on est trop en avance sur son temps... On subit tout d’abord les railleries, les quolibets, avant d’être finalement révéré, voire adulé... Ce qui arrive généralement lorsque l’on n’est plus de ce monde... En ce qui me concerne, j’aurais au moins eu la chance de connaitre ça de mon vivant... Alors, ne vous génez surtout pas pour moi, adulez-moi, révérez moi, je n’y vois aucun inconvénient, vraiment ! C’est vrai, qu’est-ce que ça vous coute, franchement... Allez, bordel, faites un effort !

Bon ! Merci, je saurais m’en souvenir !

Contrairement aux auditeurs de Radio Béton, les dirigeants de la planète entiere n’auront quant-à eux pu ignorer le constat que je dressais sur ces ondes il y a quinze jours, et depuis, ces salopiots se sont tous permis de me piquer mes vues sur le monde, et de reprendre l’idée à leur compte...

De Georges Bush, qui choisit de renflouer les caisses vides des banques américaines, jusqu’à Sarkozy, qui à l’occasion d’un discours lors d’un meeting allait jusqu’à parler de recession, en passant par les économistes les plus pointus, chacun s’est finalement rangé à mes positions audacieuses...

Non mais vous l’avez-vous entendu, Fillon, pathétique, qui demandait l’union sacrée de la nation face aux événement contraires ?

Tous des voleurs, j’vous dis !

Alors, dans ces conditions, j’aime autant vous dire que mes solutions à moi que j’ai pour résoudre la crise, et ben je les garderais pour moi, et puis si y sont pas contents, c’est la même, non mais oh ! C’est vrai, quoi, ça s’appelle la propriété intellectuelle, à la fin ! C’est mes idées, c’est pas celles des autres !

Nan, vous savez, faut pas se leurrer, c’est pas parce que j’ai un BEP Métiers de Bouche que je suis pas capable de me dépatouiller avec l’économie mondiale !

Alors, tous ces cochons, des solutions, y auront qu’à en trouver eux-mêmes... Bon, certes, j’en ai conscience, de par mon silence, je vais priver l’humanité de mes conceptions progressistes de l’évolution du monde, et du coup, qui c’est qui va les manger en pleine poire, les solutions qu’y vont proposer ? C’est vous bien sûr... Moi, j’m’en fous, comme qui dirait, depuis tout ce que j’vous annonçais, j’peux dire que j’fais partie d’une certaine élite intellectuelle, alors pensez donc si j’suis à l’abri... Mais bon, en même temps, j’suis d’tout coeur avec vous... Et j’vous l’dis sans embage, vous pourrez comptez sur mon soutien moral dans les temps difficiles qui s’annonçent ! Vous en faites pas, j’parlerais de votre cas à vous autres, les prolos dans les salons parisiens que je pense bientôt fréquenter... Promis !

Nan mais en attendant, le drame c’est que si pour le constat, tout le monde est d’accord, il va s’agir de voir quelles réponses ces énarques mals dégrossis vont choisir pour faire face à la crise...

Tout un programme, à n’en pas douter... Hey ! Pas de quoi s’inquiéter, hein... De toute façon, ça ne se fera pas du jour au lendemain, ce sera insidieux, vous verrez rien venir... Quoique...

Parce que de là à ce qu’y disent que c’est la bonne occasion de tirer un trait sur un siecle de progrès social, plutôt que de se battre pied à pied pour supprimer tel ou tel acquis, il n’y a qu’un pas... Au revoir les congés payés, et bonjour les soupes populaires... Tout cela sans vouloir sombrer dans le catastrophisme, bien sûr...

Bon, Allez, on va pas se laisser abattre non plus, on va pas se séparer comme ça, alors pour terminer, voilà le sourire de la semaine... On pensait que ça n’arrivait que dans les pays industrialiés, mais oui, mais non... Figurez-vous qu’en Inde, un patron qui venait d’annoncer le licenciement de 200 salariés, a été lynché par les personnes qu’il venait de virer... Amusant, non ?

D.G.


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