Fascisme partout... analyse nulle part !

LES COMPARAISONS AVEC VICHY… Y’EN A MARRE
jeudi 13 novembre 2008
par  siksatnam
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À l’occasion d’une rencontre au sommet de tous les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l’Union européenne à Vichy, on voit refleurir sur Internet la propagande la plus contre-productive contre le gouvernement. Une prose qui croit pouvoir mobiliser les travailleurs, et plus généralement la population, contre la politique réactionnaire de l’Etat en invoquant systématiquement le fascisme, la Seconde Guerre mondiale, le génocide des Juifs, la Milice, etc.

Bref, le degré zéro de la réflexion politique.

Il suffit de comparer la situation de la France avec celle de TOUS les pays de l’UE pour s’apercevoir que le gouvernement Sarkozy, loin de copier Vichy, ne « fait que » (et c’est déjà catastrophique) copier la politique menée dans les pays qui ont adopté la législation la plus répressive contre les migrants.

Les nombreux textes de De Fabel van de illegaal traduits sur le site mondialisme.org montrent que les Pays-Bas tracent le chemin en matière de politique discriminatoire, de non-respect des droits de l’homme, d’arbitraire policier, juridique et administratif total. Nul besoin de faire référence à Vichy et implicitement ou pas, au fascisme et au nazisme pour condamner et décortiquer une politique ignoble, xénophobe et raciste…

Le Collectif de Soutien aux Demandeurs d’Asile et Sans papiers de Tours écrit dans un texte diffusé sur Internet :

« En convoquant ce sommet à Vichy, ville symbole du gouvernement pétainiste et de cette sombre époque de chasse à l’intrus, c’est Hortefeux lui-même qui provoque les rapprochements. »

En clair, aucun parti de gauche ou d’extrême gauche ne pourra jamais tenir une réunion à Vichy, parce que cette ville serait, depuis 60, ans une ville de « fascistes » potentiels ou une ville-symbole liée au fascisme pendant des siècles ? Et chaque fois que s’y tiendra une réunion de la droite ou une réunion gouvernementale, il faudra obligatoirement y faire allusion ? Diable, à ce compte-là, il n’y a pas beaucoup de villes qui ne sont pas marquées par la répression policière ou étatique, des meurtres racistes, des rafles de Juifs sous l’occupation, ou plus simplement l’affairisme, la corruption, la présence lourde de la pègre, etc.

«  Tout comme Sarkozy, qui jaquetait pendant sa campagne que "le travail rend libre". C’est cette phrase qui était au fronton du camp nazi d’Auschwitz, en Pologne. »

C’est faux, il n’a pas repris la phrase du CAMP d’EXTERMINATION d’Auschwitz à son compte. Il a simplement brodé autour de la libération par le travail tout comme, dans un autre registre bien sûr, les socialistes, les communistes, les féministes et les anarchosyndicalistes le font depuis un siècle et demi.

À moins que les Tourangeaux du Comité de soutien soient favorables au fait que les femmes restent à la maison… Sinon on se demande pourquoi le mouvement ouvrier lutte pour que les femmes ne dépendent pas de leur mari ou compagnon ou de leur père... et donc qu’elles travaillent ! Parce que le travail rend forcément esclave ? Le travail salarié (autrement dit l’esclavage salarié), oui, est une forme d’exploitation dans le cadre de cette société capitaliste, aujourd’hui et maintenant, c’est aussi et en même temps un moyen d’acquérir une indépendance économique pour les jeunes qui veulent devenir autonomes de leur famille, les femmes qui souhaitent être indépendantes des mecs, etc.

Que je sache les SDF, les RMIstes et les chômeurs aimeraient bien avoir du boulot ! Quel boulot ? Comment pourrait-on abolir le salariat dans une autre société, c’est une autre question, mais qui n’a pas vraiment sa place dans un texte sur la politique répressive contre les migrants.
« Ce n’est pas nous non plus qui avons repris le principe de la « rétention de sûreté » chère à Rachida Dati en 2007, promulguée par ailleurs par Adolf Hitler en novembre 1933. »
Quel est le rapport entre la rétention de sûreté qui existe dans de nombreux pays actuels (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Canada – tous fascistes donc ?) et Hitler ? Aucun. Cela ne rend pas cette loi plus acceptable bien sûr, mais ce type d’argument c’est vraiment du « n’importe quoi ».

« Hortefeux va ainsi consolider le symbole que représente cette ville par rapport à la politique de collaboration avec le régime nazi. »

Encore une fois, les habitants actuels de Vichy ne sont pas tous des pétainistes ou des nostalgiques du pétainisme. On est dans la démagogie totale. Ce « symbole » n’en est pas un.

«  C’est dans cette ville que fut décidée et mise en œuvre la politique de collaboration avec le régime nazi. »

Ah bon, parce la Collaboration avec les nazis s’est limitée à une seule ville en France ? A Paris il ne se passait rien alors ?

« Elle s’est traduite, entre autres, par l’internement en France, puis la déportation dans les camps de concentration de milliers de personnes sous prétexte qu’elles étaient juives, espagnoles ou italiennes antifascistes, homosexuelles, tziganes, handicapées, communistes, anarchistes, résistantes... C’est de cette ville que, comme les autres fonctionnaires, Papon recevait les ordres pour organiser les déportations de personnes à Bordeaux. C’est de cette ville que fut dirigée la Milice française
. »

Là, c’est carrément absurde. Les migrants expulsés de France ne sont pas enfermés dans des camps d’extermination quand ils arrivent dans leur pays. La comparaison n’a aucune valeur. De plus elle induit l’idée que les nazis ont eu une politique d’extermination semblable pour toutes les catégories citées, ce qui est historiquement FAUX.

« Comment alors ne pas faire le lien entre la politique de Vichy et celle du gouvernement de Sarkozy, du moins concernant le traitement des immigrants ? (...) C’est de cette ville que, comme les autres fonctionnaires, Papon recevait les ordres pour organiser les déportations de personnes à Bordeaux. C’est de cette ville que fut dirigée la Milice française. »

Quel lien entre la Milice et la situation politique actuelle ? Aucun.

« On sait toujours où commence un outil de répression, on ne sait jamais où et quand il se termine. »

Si, on sait parfaitement où il se termine quand on n’écrit pas n’importe quoi !

« Pour exemple, le camp de Rivesaltes, fermé depuis 2007. Cet ancien camp militaire a été transformé en camp ’’d’accueil’’ pour les réfugiés espagnols. Ensuite, le gouvernement de Vichy y enferma des Juifs... en attendant leur déportation. Puis arrivèrent les prisonniers de guerre allemands et italiens. Pendant la guerre d’Algérie, des Algériens y furent également internés. De 1962 à 1977 des Harkis y furent ’’accueillis’’ etc. »

Donc si l’on suit le « raisonnement » de ce texte, les réfugiés espagnols, les Juifs, les Algériens et les harkis ont connu le même sort ? Et si ce n’est pas le cas, quel est donc l’intérêt de ces énumérations et de ces comparaisons ?
Les bras m’en tombent.

Autant une initiative contre la réunion interministérielle européenne à Vichy me paraît positive, autant il me semble qu’elle doit se faire sur des bases politiques claires et compréhensibles, pas en puisant dans un arsenal démagogique et peu crédible.

P.S. Il est évident que les critiques ci-dessus n’empêchent pas la solidarité matérielle et politique avec tous ceux qui sont poursuivis pour "diffamation" quand ils attaquent par écrit ou oralement les flics, les juges, les préfets, les ministres ou le Président de la République en usant de cette comparaison abusive avec Vichy.

Ceux qui souhaitent un peu plus détails sur Vichy pourront consulter l’article "Pourquoi le gouvernement Sarkozy n’est pas Vichy2"

http://www.mondialisme.org/spip.php ?article979

dans le N° 21-22 de Ni patrie ni frontières intitulé "Offensives réactionnaires"

Samedi 20 septembre 2008

Sarkozy et Vichy : Discours creux ou analyse politique ?

Je remercie les camarades du Comité de soutien aux sans-papiers de Tours d’avoir pris la peine de me répondre, d’autant plus qu’ils se sont apparemment sentis victimes d’ « insultes » et de « mépris » de ma part. Ce n’était pas mon intention de les blesser, mais plutôt de les bousculer vigoureusement pour les inciter à préciser leur position. Ce qu’ils tentent de faire dans leur brève réponse, mais malheureusement d’une manière fort peu convaincante, à mon avis.

Voici donc leur réponse en caractères gras puis ma critique de leur texte.

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Réponse
du Comité de soutien
aux sans-papiers de Tours

Nous avons bien reçu ton texte virulent critiquant notre appel « ILS SONT A VICHY SOYONS PIRATES ! ».

Tout d’abord, que les choses soient claires, nous ne pensons pas que le vichysme est de retour. D’ailleurs jamais dans notre appel il n’en est question. Plus simplement, nous affirmons que Sarkozy et consorts font appel à des symboles plus que nauséabonds. Or, ce qui nous pose question, ce n’est pas que Sarkozy se transforme en Pétain, mais pourquoi il utilise de tels symboles.
Et là pour le coup cela ne peut être neutre compte tenu de ses références constantes à la seconde guerre mondiale (Guy Mocquet etc.) ; il faut donc être vigilant à ce propos. Bien évidemment, nous sommes d’accord pour dire que la situation actuelle n’est pas semblable à celle des années 40. Mais nous maintenons donc qu’Hortefeux provoque ces rapprochements. Ce qui ne rend évidemment aucunement responsables les habitants actuels de Vichy ! Nous n’y pouvons rien (comme les Vichyssois) si Pétain a choisi Vichy comme siège de son gouvernement.
C’est bien Pétain et consorts qui ont accepté la collaboration,qui en ont fait la propagande ; c’est bien à la demande de Laval que les enfants juifs (dont les familles étaient d’origine étrangère dans un premier temps) ont été déportés, et ce à la grande surprise des responsables nazis, et c’est bien Pétain et son gouvernement qui donnaient des ordres aux fonctionnaires concernés ! C’est bien sous la responsabilité de Pétain que la police française organisa les rafles, et pas uniquement à Vichy ! (le procès Eichmann montre, entre autres, que les déportations à l’échelle européenne, n’auraient pu avoir l’ampleur que nous connaissons sans la collaboration des différents Etats impliqués et donc de leur police et milices, cf le livre de H. Arendt sur le sujet).
Dans ce texte, nous ne parlons pas des nazis, mais uniquement du gouvernement de Pétain et de sa politique en matière de collaboration.. Nous sommes désolés, elle s’est traduite, entre autres, par l’internement en France, puis la déportation dans les camps de concentration de milliers de personnes sous prétexte qu’elles étaient juives, espagnoles ou italiennes antifascistes, homosexuelles, tziganes, handicapées, communistes, anarchistes, résistantes...qui n’ont pas été toutes exterminées car pas toutes logées à la même enseigne. (Nous ne comprenons pas comment on peut remettre cela en cause !)
Il est difficile d’imaginer qu’Hortefeux n’ait pas pensé à tout cela ou du moins une personne de son staff.. C’est donc un choix politique, choix que nous dénonçons. Il n’est quand même pas neutre de réunir des ministres européens, pour parler d’intégration des personnes d’origine étrangère (autrement dit, comment expulser des êtres humains et de coordonner les politiques en ce sens) à Vichy ; le gouvernement sait quand même ce qu’il fait !
Cela n’interdit pas que des rencontres aient lieu à Vichy, mais sur ce sujet, il est évident que le caractère symbolique que représente cette ville est incontournable. On ne peut nier que l’action politique des gouvernants s’appuie sur des symboles. Lorsque Sarkozy déclare dans un meeting « le travail rend libre », il sait très bien que cela va faire réagir. De même lorsque Rachida Dati utilise l’expression « rétention de sûreté », elle connaît la charge symbolique du vocabulaire qu’elle emploie. Ou alors cela signifie, que l’élite politique n’a aucune mémoire !
Le langage, les symboles ne sont jamais neutres. Il y a eu suffisamment d’études sur les rapports entre l’exercice du pouvoir et l’utilisation du langage (http://www.laviedesidees.fr/Langue-des-bourreaux-langue-des.html) pour ne pas insister plus à ce propos. L’objectif est de banaliser des idées, des conceptions de plus en plus autoritaires et sécuritaires.
Nous trouvons que tu as une vision bien conformiste du rapport au travail. Si la majorité des gens recherche un emploi c’est pour, en premier lieu, avoir des ressources. Tu sembles faire peu cas des luttes pour le revenu garanti, la gratuité des services publics, du logement (squat), etc. En outre, le lien entre l’amélioration des conditions matérielles de vie et l’obtention d’emploi est de plus en plus remis en cause, vu que pour de plus en plus de travailleurs ne sont plus assez payés pour satisfaire leurs besoins.
En outre, on ne peut passer sous silence la crise de la valeur travail qui peut être porteuse de perspectives alternatives, voire révolutionnaires, en remettant en cause la centralité du travail. Ainsi le travail pourrait trouver une autre place : une activité sociale parmi d’autres. Le but est d’imaginer des formes d’organisation sociale permettant de « connaître et maîtriser nos conditions d’existence ». Cela suppose , si on s’intéresse à la place du travail, de déterminer collectivement ce que nous voulons produire, comment et à quelles fins.
Donc le thème de la libération par le travail nous semble pour le moins obsolète et en tous cas n’a pas fait avancer la pensée révolutionnaire ; bien au contraire, la bourgeoisie sera toujours en position dominante sur ce registre, puisque c’est un de ses piliers idéologiques.
A propos de l’exemple du camp de Rivesaltes, il paraît évident que lorsque Daladier fait ouvrir des camps (dont celui de Rivesaltes) pour y enfermer des réfugiés espagnols, il ne pouvait imaginer qu’ils serviraient pour y enfermer des Juifs en vue de leur déportation. De même il ne pouvait imaginer que des Algériens y seraient également enfermés et encore moins les Harkis. Jamais nous n’avons dit que ces différentes personnes ont subi le même sort. Il en va de même pour les sans papiers. Le point commun à tous ces êtres humains est d’avoir été enfermés dans un même camp (Rivesaltes). Les raisons, les motivations de ces différents enfermements ont évolué en fonction des circonstances historiques. Personne dans la société française en 1938 ne pouvait imaginer quels seraient les différents types de populations qui s’y retrouveraient prisonniers.
C’est pourquoi on demande la fermeture des camps de rétention et leur destruction, car on ne peut savoir qui y ’’séjournera’’ dans les années futures et pour quel motif ni quelles en seront les conséquences.
C’est aussi montrer qu’accepter le maintien d’un outil d’enfermement pour certaines personnes (en l’occurrence les sans papiers) c’est prendre le risque de s’y retrouver si l’Etat décide d’y enfermer, par exemple des militants ou toute personne jugée déviante. C’est tenter de montrer que les sans papiers ne sont pas les seuls concernés et ce au regard de l’expérience historique !
Nous arrêtons là notre réponse. Nous ne donnerons pas de note sur la qualité de ta lecture du texte que nous avons diffusé. Nous préférons dialoguer entre camarades, plutôt que de s’envoyer des insultes et des réflexions méprisantes, même si il y a des désaccords importants. Peut être aurait-il fallu être plus clair quant à notre intention, en écrivant que nous ne pensons pas que Sarkozy est un nouveau Pétain ; cela nous semble pourtant trop évident

Collectif de Soutien aux Demandeurs d’Asile et aux Sans Papiers de Tours

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Voici maintenant ma réponse au CSDASP de Tours :

Le contexte politique depuis l’ascension de Sarkozy

Avant d’entrer dans le vif de la discussion, il faut rappeler un peu le climat politique dans lequel nous nous trouvons depuis 2002. Depuis que Sarkozy occupe le devant de la scène médiatique, qu’il a été nommé successivement ministre de l’Intérieur, ministre de l’Economie, de nouveau ministre de l’Intérieur et enfin élu président de la République, on assiste en France à un renouveau, à une réactivation de « l’antifascisme » le plus simpliste, sous la forme d’une sarkophobie galopante et parfois délirante (1).

L’antifascisme (qui a de multiples variantes, de sa version stalinienne et post-stalinienne aux versions libertaire, trotskyste ou sociale-démocrate) repose sur l’idée grossière qu’il y aurait seulement deux camps, les méchants et les gentils, les fascistes et les antifascistes. L’extrême droite et la droite seraient irréversiblement attirées vers le fascisme, la gauche et l’extrême gauche (parfois aussi, pour certains, les « démocrates » et les « républicains ») irréversiblement attirées vers l’antifascisme.

Ce type de raisonnement binaire ne permet pas de comprendre pourquoi le PCF tendit la main aux « chemises vertes » organisées par le leader paysan fasciste Dorgères en 1934 ; pourquoi le PCF demanda la reparution de L’Humanité sous l’Occupation allemande ; pourquoi ce même parti dénonça De Gaulle comme le « fourrier de l’impérialisme britannique », pour après encenser le général jusqu’en 1947 ; pourquoi la Chambre du Front populaire, à l’exception des députés du PC et de quelques autres, vota les pleins pouvoirs à Pétain ; pourquoi De Gaulle, catholique proche de l’Action française devint l’idole de la Résistance ; pourquoi les socialistes planistes exclus de la SFIO (dont Marcel Déat) fournirent des cadres importants au régime de Pétain ; ou pourquoi les pétainistes de l’école d’Uriage sous l’Occupation bénéficièrent des conférences d’hommes qui tournèrent leur veste opportunément et devinrent « de gauche » après-guerre (Hubert Beuve-Méry, futur fondateur du Monde ; Jean-Marie Domenach fondateur d’Esprit ; Emmanuel Mounier, théoricien apprécié par les cathos de gauche) ; ou pourquoi les deux tiers des notables de la Corporation paysanne vichyste, conservèrent leurs places après la Libération, etc.
Pour prendre des exemples plus récents, si l’on divise le monde seulement entre fascistes et antifascistes, on ne comprend pas pourquoi Sarkozy peut se réclamer du gaullisme, de la Résistance, rendre hommage à Guy Moquet, intégrer dans son gouvernement des figures importantes de la gauche, etc. On ne comprend pas non plus pourquoi Mitterrand a protégé Bousquet, et De Gaulle embauché Papon, en toute connaissance de cause.

Faire semblant de voir le fascisme partout, ou plus exactement de voir les prémisses du fascisme ou de la dictature militaire partout, a cependant un avantage : cela permet de répéter les mêmes clichés éculés depuis 60 ans dans toutes les situations politiques, quelles qu’elles soient, et de faire l’économie d’analyses historiques spécifiques. Pour les militants paresseux, cela offre un confort intellectuel garanti.
C’est d’ailleurs en partie pourquoi le PCF dénonça le coup d’Etat de De Gaulle en 1958 comme un coup d’Etat fasciste ; pourquoi les étudiants crièrent « CRS = SS » en 1968 ; pourquoi Eric Besson, avant de virer sarkozyste, prépara un argumentaire amalgamant systématiquement Sarkozy à l’extrême droite ; pourquoi Act Up édita une affiche affirmant « voter Sarkozy c’est voter Le Pen » ; ou pourquoi Guigou à l’Assemblée expliqua que la loi Dati sur la rétention de sûreté pouvait mener à des « dérives totalitaires ».

C’est ce simplisme-là, ce refus de distinguer entre des situations politiques concrètes, d’en dégager les nouveautés et les particularités, et donc de rester dans l’incantation creuse que j’ai appelé dans mon billet d’humeur « le degré zéro de la pensée politique ».
Et, hélas, trois fois hélas, en lisant la réponse du CSDASP, je persiste et signe dans mon jugement négatif.

« Sarkozy n’est pas Pétain », mais….

Tout tient dans ce « mais » que j’ajoute derrière la citation du CSDASP. En effet, ces camarades ont écrit deux textes à propos de la réunion des ministres de l’Intérieur et de la Justice de l’Union européenne, les 3 et 4 novembre, à Vichy, mais, en dehors d’une description de la situation catastrophique des sans-papiers en France, le point fort de leur argumentation est centré sur des événements qui se sont déroulés en France entre 1940 et 1944. Pas une seule fois ils ne cherchent à expliquer à leurs lecteurs quelles peuvent être les conséquences REELLES, ACTUELLES, CONCRETES de cette réunion. À croire que c’est un colloque d’historiens révisionnistes d’extrême droite qui va se réunir en novembre à Vichy….

Ainsi dans sa réponse, le CSDASP reprend son mantra intemporel sur Pétain, la Collaboration, Laval, les enfants juifs déportés et les fonctionnaires collabos. Rappelons que ma critique ne portait pas sur les actes de Pétain ou du régime vichyste, mais sur la validité d’une comparaison quelconque entre Pétain et Sarkozy ! Le CSDASP répond qu’il fait parfaitement la différence entre ces deux dirigeants, et entre leurs deux régimes, mais n’arrête pas de pointer des ressemblances ou des points communs, et il utilise quatre fois les termes « rapprochement » et « rapprocher ».

Le CSDASP nage dans l’inconséquence et l’incohérence totale.
Ainsi il affirme : « Dans ce texte, nous ne parlons pas des nazis ». Cette assertion est FAUSSE puisqu’il est fait allusion deux fois explicitement au régime nazi, ainsi qu’à la devise du camp d’Auschwitz, symbole (très réel celui-là) de l’extermination nazie des Juifs et à la loi Dati sur la rétention censée être une loi d’inspiration nazie (sans d’ailleurs qu’on nous précise en quoi). De plus avec qui collaborait Pétain ? Avec les nazis ! Avec qui collabore Sarkozy ? avec tous les gouvernements de l’Union européenne ! Où est la pertinence d’une telle comparaison ou de telles associations d’idées que l’on suscite délibérément chez les lecteurs ?

Le CSDASP rappelle « l’internement en France, puis la déportation dans les camps de concentration de milliers de personnes (...) qui n’ont pas été toutes exterminées car pas toutes logées à la même. (Nous ne comprenons pas comment on peut remettre cela en cause !) »
Se rendant compte que l’on ne peut pas, sous l’Occupation, loger tout le monde « à la même enseigne » exterminatrice, mais seulement APRES que j’eus dénoncé la grossièreté de l’amalgame, le CSDASP revient timidement en arrière, mais sans préciser vraiment qui a été victime de quoi. L’expulsion, la déportation, l’emprisonnement, l’enfermement dans des asiles, le travail forcé, le peloton d’exécution ou l’extermination systématique, est-ce la même chose ?

Le CSDASP joue avec un symbole (la déportation, qui dans l’inconscient collectif et dans les raisonnements de beaucoup de gens, rime avec l’extermination des Juifs). Puis il ajoute avec une insigne mauvaise foi : « Nous ne comprenons pas comment on peut remettre cela en cause ! » Ce ne sont pas les faits historiques cités dans l’appel du CSDASP que j’ai remis en cause (cette insinuation est diffamatoire et calomniatrice). Ce que je remets en cause, c’est le parallèle entre les déportations sous l’Occupation et les expulsions actuelles de travailleurs émigrés ou la « chasse aux enfants » dans les écoles.

LA DEPORTATION en direction d’un CAMP d’EXTERMINATION (Auschwitz mentionné dans les deux textes) ce n’est pas du tout la même chose que l’expulsion en direction de son pays natal, même bâillonné, tabassé et encadré par des policiers.

C’est LE RAPPROCHEMENT entre la situation de la France sous l’Occupation et celle de la France sous Sarkozy qui est MANIPULATOIRE. On ne peut comprendre un tel procédé grossier que dans le cadre de l’idéologie « antifasciste » dont on connaît la fonction politique : en période de crise sociale grave ou de guerre, créer l’union nationale, provoquer le soutien d’une fraction de la bourgeoisie contre une autre fraction des exploiteurs, empêcher tout changement social radical ; en période pré-électorale nazifier la droite pour mieux faire élire la gauche ou du moins empêcher toute critique du réformisme en obligeant tout le monde à serrer les rangs. L’antifascisme, bien manipulé, mène à l’union nationale derrière une fraction ou la totalité de la bourgeoisie, selon les circonstances historiques. On en a eu d’excellents exemples avec la façon dont Mitterrand a instrumentalisé le FN pour diviser la droite, puis avec le vote de la gauche pour Chirac en 2002. Et ce n’est pas un hasard si une partie du PS a mené (et continue à mener) une campagne contre Sarkozy et l’UMP, dans ce seul cadre pseudo antifasciste. Le CSDASP, bien involontairement, roule pour le PS en « vichysant » Hortefeux et Sarkozy.

Il reprend aussi (sans le savoir ?) les grosses ficelles d’une stratégie utilisée par les idéologues maos des années 60 et 70 (avant de devenir les apôtres de la… démocratie libérale), qui croyaient incarner une « Nouvelle Résistance populaire » face à une prétendue « fascisation rampante », et évoquaient sans cesse dans leurs tracts et leurs journaux Vichy, Pétain, la Milice et les "kollabos" du "PCGT". Et ce n’est pas tout à fait un hasard si ce sont les intellectuels proches des maos (Sartre, Foucault, etc.) qui sont les pères spirituels des idéologues post-modernes et « déconstructionnistes » actuels (cf. plus loin), idéologues qui mettent l’accent sur le rôle décisif du langage, des images et de la propagande dans la "fabrique du consentement" et la "passivité des masses".

"Symbole" ou dure réalité ?

La seconde ligne de défense du CSDASP consiste à passer d’un usage désinvolte et confus de faits historiques hétérogènes et sans rapport avec la réalité actuelle et la réunion des ministres européens de la Justice et de l’Intérieur, à des généralités pédantes sur « l’usage du langage par le pouvoir » et la manipulation supposée délibérée par Hortefeux et Sarkozy (mais aussi, si l’on suit ce raisonnement, par TOUS les gouvernements de l’Union européenne) du « symbole de Vichy ».
À ce propos, j’aimerais que le CSDASP nous explique quel intérêt politique Sarkozy, ami d’Israël, attaché à ses (lointaines) « origines » juives, partisan de la prise en charge d’enfants juifs (assassinés sous l’Occupation) par les écoliers français d’aujourd’hui, grand copain de la droite dure israélienne, quel intérêt aurait donc Sarkozy

1) à reprendre un pseudo-symbole éternel de la collaboration avec les nazis (Vichy)

2) à utiliser délibérément une devise nazie (« Le travail rend libre ») que, je le répète, Sarkozy n’a pas reprise à son compte dans le sens que lui prêtent ses détracteurs,

3) à imposer une loi d’inspiration nazie (j’attends toujours – et j’attendrai sans doute longtemps – la comparaison précise et détaillée entre, d’un côté, la loi adoptée sous Hitler en 1933 et surtout la façon dont elle fut appliquée à l’époque et, de l’autre, la loi Dati sur la rétention de sûreté qui aurait, paraît-il, une « charge symbolique » tellement évidente que le CSDASP ne nous en précise pas la nature !).
Dans aucun de ses deux textes le CSDASP nous explique ce que pourrait gagner le gouvernement Sarkozy – mais aussi tous les gouvernements de l’Union européenne dont les ministres de l’Intérieur et de la Justice se réunissent à Vichy – à provoquer un rapprochement inconscient ou conscient entre sa (leur) politique et celle des nazis. L’affirmation est en effet tellement énorme…qu’elle ne peut être démontrée. Mieux vaut donc parler d’ « évidence » quand on lance de pareilles absurdités dans un débat politique.

Ainsi : « il est évident que le caractère symbolique que représente cette ville est incontournable. (…). On ne peut nier que l’action politique des gouvernants s’appuie sur des symboles (…). Le langage, les symboles ne sont jamais neutres. Il y a eu suffisamment d’études sur les rapports entre l’exercice du pouvoir et l’utilisation du langage pour ne pas insister plus à ce propos. L’objectif est de banaliser des idées, des conceptions de plus en plus autoritaires et sécuritaires. »
On retrouve là une idée très à la mode chez certains spécialistes de la critique littéraire et philosophes qui tiennent le haut du pavé désormais dans l’intelligentsia de gôche et altermondialiste. On « déconstruit » les discours (en clair, on décortique les mots et les associations d’idées et les sentiments qu’ils permettent de susciter et de manipuler ; mais on se permet soi-même toutes sortes de manipulations dans la contre-propagande).

C’est ainsi que dans le film « Chomsky et Compagnie » , le linguiste américain réduit l’avènement et le triomphe du nazisme à la manipulation des sentiments, des peurs et des mots par le ministère de la Propagande, passant sous silence tout ce qui s’est passé en Allemagne entre le putsch de Munich en 1923 et la nomination de Hitler comme chancelier en janvier 1933. Ainsi que tous les événements survenus entre janvier et juillet 1933, date de l’interdiction de tous les partis politiques.

Il n’est pas étonnant qu’ayant été à une si piètre école, ignorant volontairement les faits sociaux et historiques, les théoriciens « déconstructionnistes » et leurs disciples libertaires croient que le langage modèle, façonne, la réalité sociale. Dans le cas des partisans de la « French Theory » ou des féministes universitaires radicales chic on comprend l’intérêt de cette démarche, opposée à toute analyse des faits matériels et à toute démarche militante. Pourquoi se faire suer à diffuser des tracts, manifester dans la rue, coller des affiches, affronter les flics, passer des heures en garde à vue ou risquer la prison, si on peut changer le monde en changeant simplement quelques mots, en poliçant le vocabulaire et en pondant confortablement des articles dans son salon IKEA ? Cela leur permet d’acquérir des niches dans l’Université en utilisant un langage abscons censé être novateur. Et, en bonus, ils acquièrent une aura morale à bon marché, en présentant leurs petits jeux élitistes avec les mots et les concepts comme des armes politiques décisives pour le changement politique.
En ce qui concerne le CSDASP, à part « l’avantage » de paraître super branchés, on ne voit pas ce qu’une telle « innovation » apporte à l’interprétation politique précise du sarkozysme. Si ce n’est nous distiller des truismes sur l’importance de la propagande dans la vie politique.
Le CSDASP cite dans sa réponse une interview de Saul Friedländer et Pierre-Emmanuel Dauzat, mais il en détourne totalement le sens dans une orientation favorable aux thèses déconstructionnistes les plus absurdes : en effet Friendländer et Dauzat évoquent ce que les NAZIS (pas la droite de la République de Weimar, les Sarkozy et Hortefeux de l’époque si l’on tient absolument à établir une comparaison entre la France de 2008 et l’Allemagne AVANT 1933) ont fait subir à la langue allemande pendant les 12 ans qu’ils étaient au pouvoir, mais nulle part ils n’expliquent que la création des camps de travail puis de concentration et d’extermination, le déchaînement de violence des SA avant 1933 et de la police après 1933, le régime de terreur généralisé installé en Allemagne, la mobilisation obligatoire de la population dans toutes sortes d’institutions répressives ou d’embrigadement idéologique, l’activité des SA puis des SS, l’enrôlement dans l’armée pour mener des guerres extérieures, nulle part ces deux intellectuels n’expliquent que tout cela aurait été rendu possible par le seul usage d’un vocabulaire spécifique… Ils s’intéressent à UN des éléments, parmi bien d’autres, du système totalitaire mais ils ne le transforment pas, comme le font les déconstructionnistes, en l’explication centrale de son existence.

Quel est l’intérêt de cette référence à l’Allemagne nazie ? Le CSDASP veut-il nous faire croire que nous serions DEJA dans un régime pré-totalitaire qui serait en train de purger la langue et de nous anesthésier lentement avant de nous porter le coup de grâce ? Connaît-il vraiment l’histoire concrète du nazisme et du fascisme AVANT la prise du pouvoir ? Veut-il nous faire croire qu’un véritable régime totalitaire pourrait s’installer en négligeant l’arme de la force pure, de la destruction des syndicats, des partis, de toutes les libertés publiques, etc. ?

On remarquera enfin que, dans cette partie de la réponse du CSDASP, il n’est plus explicitement fait allusion au caractère pro-nazi du régime pétainiste mais à des « conceptions de plus en plus autoritaires et sécuritaires », expression tellement vague que l’on peut mettre n’importe quoi derrière.

La libération par le travail ? Devise nazie ou conception « révolutionnaire obsolète » ?

Vu le revirement complet que représente la position du CSDASP entre le premier et le deuxième texte, et au sein même du second, je me vois obligé de citer longuement plusieurs passages de sa réponse :
« Nous trouvons que tu as une vision bien conformiste du rapport au travail. Si la majorité des gens recherchent un emploi c’est pour, en premier lieu, avoir des ressources. Tu sembles faire peu de cas des luttes pour le revenu garanti, la gratuité des services publics, du logement (squat), etc. »

Je rappelle que le sujet de l’appel du CSDASP est la dénonciation d’un sommet des ministres de l’Intérieur et de la Justice sur « l’intégration », pas un programme général de société commun à tous les gouvernements capitalistes d’Europe…. Que viennent faire ici les squats, la gratuité des services publics, ou même le revenu garanti ? Et « garanti » par qui ? par un Etat « autoritaire », « sécuritaire » et crypto-pétainiste si l’on en croit le CSDASP ?

Mais continuons notre lecture :

« En outre, le lien entre l’amélioration des conditions matérielles de vie et l’obtention d’emploi est de plus en plus remis en cause, vu que de plus en plus de travailleurs ne sont plus assez payés pour satisfaire leurs besoins. »

Bel exemple de prose déconnectée des réalités : si les travailleurs sans-papiers RISQUENT LEUR VIE pour venir en Europe c’est pour TRAVAILLER et GAGNER DE L’ARGENT. Quiconque les fréquente un peu sait qu’ils travaillent très dur, cumulent les emplois, font des sacrifices matériels énormes pour nourrir beaucoup plus que leur propre personne ou leur famille la plus proche. Cette dimension COLLECTIVE (et non individuelle comme dans les pays développés du Nord) est indispensable pour comprendre leur démarche.

« En outre, on ne peut passer sous silence la crise de la valeur travail qui peut être porteuse de perspectives alternatives, voire révolutionnaires, en remettant en cause la centralité du travail. »

Je me vois bien expliquer à une mère célibataire africaine, avec deux enfants en bas âge, qui est ballottée d’hôtel social en hôtel social, se « nourrit » aux Restaurants du cœur, et vit dans l’angoisse perpétuelle de savoir si ses enfants vont pouvoir manger demain et où ils vont dormir, qu’elle devrait plutôt réfléchir… à la disparition de la « centralité du travail ».

«  Ainsi le travail pourrait trouver une autre place : une activité sociale parmi d’autres. (…) Donc le thème de la libération par le travail nous semble pour le moins obsolète et en tous cas n’a pas fait avancer la pensée révolutionnaire ; bien au contraire, la bourgeoisie sera toujours en position dominante sur ce registre, puisque c’est un de ses piliers idéologiques. »

Ces propos ultragénéraux n’ont aucun lien avec le thème de la réunion des ministres de l’Intérieur et de la Justice à Vichy. S’il voulait seulement noircir du papier, le CSDASP aurait tout aussi bien pu évoquer le trou dans la couche d’ozone ou les méfaits de l’énergie nucléaire.

Après nous avoir expliqué MENSONGEREMENT que Sarkozy aurait repris textuellement une phrase figurant sur le fronton du CAMP
d’EXTERMINATION d’Auschwitz, argument répété deux fois comme un argument massue, le CSDASP reconnaît finalement qu’une phrase évoquant vaguement la libération par le travail (ET NON PRECISEMENT LA DEVISE d’Auschwitz) est une vieille idée, qu’elle est « obsolète » et qu’elle « n’a pas fait avancer la pensée révolutionnaire ».

Le CSDASP reconnaît ainsi avoir procédé à un amalgame ridicule (Auschwitz/Sarkozy pour ne pas parler de l’autre amalgame absurde Hitler/Dati) et de plus infondé car l’idée vague de la libération par le travail a une pluralité de sens, comme il finit par le constater lui-même.
On remarquera incidemment le tour de passe-passe linguistique qui consiste à déclarer que, dans une autre société, le travail sera une « activité sociale » parmi d’autres…. C’est donc qu’il ne disparaîtra pas, il changera seulement de nom. Tous ces grands discours radicaux n’aboutissent qu’à un changement d’appellation contrôlée… La montagne accouche d’une souris.

Tout est dans tout et réciproquement, nous dit le CSDASP après Pierre Dac.
Enfoncer des portes ouvertes (il faut fermer et détruire les camps de rétention) ne permet pas d’avancer d’un poil dans la réflexion sur la signification et la portée du sommet de Vichy en novembre 2008, ni sur la nature exacte du gouvernement Sarkozy. (À ce propos je ne peux que conseiller la lecture du débat paru dans Ni patrie ni frontières n° 21-22 http://www.mondialisme.org/spip.php ?article1014.)

Ce qui a motivé mon billet d’humeur ce n’est pas la dénonciation justifiée des camps de rétention par le CSDASP, mais le rapprochement MENSONGER établi entre camps de rétention actuels, « chasse aux enfants » actuelle et Auschwitz CAMP d’EXTERMINATION pendant la Seconde Guerre mondiale et déportation/ extermination des Juifs, enfants ou adultes.

C’est aussi le refus délibéré du CSDASP de s’attacher au contenu précis de la politique actuelle des ministères EUROPEENS de l’Intérieur et de la Justice pour se réfugier commodément dans une polémique franco-française : qui sera, en novembre 2008, le plus antifasciste ou méritera la médaille du meilleur « résistant » ? À ce jeu, Sarkozy, dirigeant du principal parti se réclamant du gaullisme et de la Résistance sera toujours plus crédible dans la manipulation de la mémoire nationale et nationaliste…

De plus, tenter de faire peur aux gens et leur faire croire que l’arrivée du fascisme ou d’une dictature militaire serait facilitée par les mesures « sécuritaires » (encore un mot vague, au sens élastique) ou « autoritaires » (idem) du gouvernement actuel n’est pas crédible une seconde. Ou alors il aurait fallu une démonstration plus étayée.
Enfin, rien dans la société capitaliste, des hôpitaux aux écoles en passant par les chemins de fer, les aéroports, les gares ou les transports en commun n’est magiquement protégé contre une éventuelle reconversion en outils d’une dictature voire en instruments d’extermination d’une partie de la population au cours d’une guerre civile.

Et si cette guerre civile devait arriver ce ne sont pas les discours creux et le fait d’agiter des symboles qui arrêteraient une telle évolution vers la barbarie. Mais des armes… pas du tout « symboliques ».

Y.C.

20/9/2008

1. À ce propos une anecdote amusante : lors d’une permanence RESF, un sans-papiers africain, très au courant de la situation politique française et des moindres détails et relations économiques de la vie du nouveau président de la République, m’a récemment expliqué que Sarkozy allait devenir roi ou empereur lors de son deuxième mandat, être ensuite remplacé par « son fils Jean », puis par le « fils de Cécilia », etc. Et qu’on aurait des rois de la lignée sarkozienne jusqu’à la fin du XXIe siècle. Il m’assura avoir vu tout cela en rêve. Un tel délire cauchemardesque n’est rendu possible que par la propagande apocalyptique, démagogique et inepte de la gauche contre Sarkozy, renforcée par l’ego surdimensionné du personnage et l’incessante propagande médiatique à son sujet, qu’elle soit positive ou négative, qui finit par faire de ce bouffon insignifiant un Ogre terrifiant. Il suffit de constater autour de soi combien de gens ont littéralement peur du gouvernement Sarkozy. Cette peur ne peut qu’être renforcée par des rapprochements inconsidérés avec le régime vichyste, Auschwitz, les lois nazies, la Milice, etc.


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