Le Parti de gauche à la Fnac : une étrange affaire

dimanche 10 mai 2009
par  siksatnam
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“La société de consommation comme la religion de la croissance sont bien les 2 faces d’un modèle productiviste au service du capitalisme lui-même tourné vers son objectif unique et implacable : la recherche de rentabilité du capital investi. Mais il ne suffit pas de dénoncer, de déconstruire, il faut aussi proposer. C’est bien cela la démarche du Parti de Gauche.”
Réunion du parti de gauche,1er décembre 2008

“Lors du CCE de Fnac Paris, l’entreprise a annoncé son plan de relance économique. Ce plan de relance comporte trois volets : commercial, organisationnel, et humain. Il prévoit à ce titre la suppression de 168 postes sur Fnac Paris, dont 60 au titre du projet de fermeture de Fnac Bastille.”
Courrier aux salariés de la Fnac émanant de la direction générale

Mais qu’y a-t-il donc de commun entre ces deux citations ? N’est-il pas manifeste qu’elles expriment deux projets de société antagoniques ?
Eh bien, elles ont pourtant un point commun, et pas des plus anecdotiques. Dans les deux cas, on retrouve le même homme : un nommé Franck Pupunat. Ce monsieur, tel Janus, présente au moins deux visages. En soirée, les dimanches et jours fériés, il met ses talents au service de Jean-Luc Mélenchon et de son Parti de gauche : au bureau national. En semaine, la musique n’est plus la même puisque Franck Pupunat exerce la peu honorable profession de directeur de la communication interne de la Fnac.

C’est à ce titre que les militants syndicaux de la Fnac ont eu à le connaître.
Frank Pupunat avait été chargé en 2007, par Denis Olivennes, alors PDG, de “vendre” en interne un premier plan de restructuration de l’entreprise. Ce plan s’est traduit par la suppression de 450 postes et l’instauration d’un intéressement individuel au chiffre d’affaires. Les augmentations collectives passant de ce fait à la trappe au nom de la reconnaissance “de la performance individuelle”.
En mars 2009, c’est le même Franck Pupunat qui préside à la mise en “communication” du nouveau plan de suppressions de 400 postes, incluant notamment la fermeture de Fnac Bastille.

C’est ainsi que via journaux, tracts, communiqués… la direction de la communication interne orchestre quotidiennement l’agression contre les conditions de travail et de salaire des salariés de la Fnac. Avec une hargne antisyndicale de tous les instants. Ces derniers temps, plusieurs délégués syndicaux ont été convoqués à un entretien disciplinaire ”pouvant aller jusqu’au licenciement”.

Dans ce pays, on peut donc à bon compte se prétendre de “gauche”, voire “anticapitaliste”, tout en assumant la fonction de mercenaire (grassement rémunéré) à la solde du groupe PPR.

Les militants du Front de gauche ne pensent-ils pas que la réconciliation entre le “dire” et le “faire” est une des clés de la construction d’un parti des travailleurs pour le socialisme.


Des salariés de la Fnac


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