Pendant ce temps là, on sera heureux...

dimanche 1er novembre 2009
par  siksatnam
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Ami bétonneur, amie bétonneuse, avant de ne pas parler, parce qu’il est vrai que ce ne serait pas très charitable de tirer ainsi sur l’ambulance, de Jean François Lamour, le plus stupide député de la Vème république, même pas foutu d’appuyer sur le bon bouton lors d’un vote de l’assemblée, je souhaite ici faire mon mea Culpa quant aux déclarations que j’ai pu avoir au cours de ma chronique de la semaine dernière. En effet, mes propos, au sujet du ministre hortefiste de l’immigration, Eric Besson, que j’ai malheureusement assimilé à René Bousquet, étaient particulièrement déplacés. Il s’agit là d’un insupportable dérapage, dont je ne suis, croyez-le, pas très fier. Je bats ma coulpe. De plus, voici typiquement le type de discours qui fait perdre à l’émission Demain le Grand Soir toute sa crédibilité, et par là même celle de la radio. Et je ne parle même pas de ma propre crédibilité, de toute façon largement écornée depuis belle lurette. Donc, je m’en excuse auprès des auditeurs, et je reviens totalement sur mes propos. Si je m’écoutais, pour un peu, j’en viendrais presque à faire également mes excuses publiques à René Bousquet, qui ne fut jamais qu’un fonctionnaire zélé aux ordres du pouvoir, et non un décideur politique, et que j’ai pourtant traîné injustement dans la boue.

· Cette comparaison caricaturale, approximative et sous documentée relève, qui plus est et surtout de l’imprécision historique, tant il eut été plus judicieux de faire référence à Pierre Laval, individu sans foi ni loi, opportuniste et sans scrupules aucuns, aux idées politiques à géométrie variable, qui retourna sa veste au gré des événements de la première moitié du XXème siècle, jusqu’à finalement livrer la France vaincue, pieds et poings liés, à l’Allemagne nazie.

· Et, figurez-vous que, comme pour nous apporter l’assurance que cette rapprochement eut été infiniment plus judicieux, Eric Besson, entre deux saillies nauséabondes sur l’identité nationale, en appelait pas plus tard qu’hier à la collaboration…

· A la collaboration européenne, s’entend. Exactement, pour organiser des charters à l’échelle de l’Union Européenne, afin de renvoyer dans leurs pays d’origines les noirs, arabes et autres asiatiques victimes des rafles organisées au sein des divers pays de l’union… Un dernier mot au sujet des agissements de ce sinistre personnage, pour souligner que, quoi qu’il dise à propos des trois sans-papiers renvoyés la semaine dernière vers un Kaboul selon lui sécurisé, un attentat a fait hier 6 morts dans la capitale afghane, tandis qu’un autre à Peshawar faisait aujourd’hui 90 victimes.

· Pendant ce temps là, on sera heureux mais surpris quand même de constater que la justice, si elle s’entend à sanctionner la plèbe, cf les condamnés de Poitiers, ne remplisse pas sa mission officieuse consistant à protéger les élites, et qu’elle condamne Charles Pasqua à un an de prison ferme dans l’affaire de l’Angolagate… L’assassin présumé de Malik Oussékine, ou du moins l’un des principaux responsables moraux de la mort du jeune étudiant, tué il y a 23 ans par deux policiers qui le tabassèrent à mort en marge d’une manifestation contre les lois Devaquet, avec le silence bienveillant du ministre de l’intérieur de l’époque, et s’en tirèrent finalement avec respectivement deux et cinq ans de prison avec sursis, Pasqua, donc, subit-il ici les conséquences de ses relations pas franchement idylliques avec Sarkozy ?

· En tout cas, si Pasqua a été condamné, contrairement à Julien Coupat, qui a passé près d’un an derrière les barreaux sans avoir été jugé, Charlie La Menace, en l’ayant été, n’y passera certainement, malgré le jugement à son encontre, pas une nuit, car on ne mélange pas les torchons et les serviettes… Même au quartier VIP de la santé…

· Alors du coup, c’est Chirac qui devrait se faire des cheveux… Mais une sanction contre lui, au vu de sa côte de popularité actuellement hymalayesque, malgré ses peu brillants états de services, pourrait avoir des conséquences néfastes pour la talonnette, aussi, l’ancien président sera absous, sans aucun doute, par la juge d’instruction en charge de l’affaire des emplois fictifs des chargés de mission de la mairie de Paris, qui décidera vendredi qu’il n’y a pas lieu de renvoyer Chirac devant un tribunal correctionnel.

D.G.


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