Albert Camus et les libertaires

dimanche 22 novembre 2009
par  siksatnam
popularité : 1%

L’action d’Albert Camus aux côtés des anarchistes a longtemps été occultée par les chroniqueurs, pour ne pas dire les censeurs. À Lourmarin, où Camus repose, une exposition et un colloque réparent « l’oubli ».

Camus est né en Algérie, en 1913, dans une famille pauvre. Orphelin de père (tué en 1914 lors de la bataille de la Marne), Albert a été élevé par sa mère, une femme d’origine espagnole presque sourde et analphabète, et sa grand-mère. Soutenu par ses instits et professeurs, dont Louis Germain et Jean Grenier, il fera de brillantes études mais, touché par la tuberculose, ne pourra pas décrocher l’agrégation et le professorat qu’il convoitait

C’est à Alger républicain que Camus fera ses premières armes dans le journalisme. Ecrivain, dramaturge, essayiste, il écrira et publiera successivement La Révolte dans les Asturies (1936), L’Envers et l’endroit (1937), Noces (1939), L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe (1942). Pendant la guerre, il rejoindra la rédaction de Combat clandestin. À la Libération, il en deviendra le rédacteur en chef. Il quittera Combat en 1947 et poursuivra son œuvre en publiant La Peste (1947), Lettres à un ami allemand et L’État de siège (1948), L’Homme révolté (1951), La Chute (1956)... En 1957, Camus a reçu le prix Nobel de littérature. La même année sortait Réflexions sur la peine capitale. Il est mort le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture. Son ami Michel Gallimard était au volant. Camus avait quarante-sept ans et jouissait d’une renommée internationale. Il est enterré dans le cimetière de Lourmarin, village où il avait acheté une maison en 1958.

La guerre d’Algérie faisait des ravages à la mort de Camus. Elle est pour beaucoup dans les polémiques qui entourèrent l’écrivain. Bien que Pied-noir, Camus a été l’un des premiers à dénoncer le colonialisme français et à soutenir les Algériens musulmans dans leur volonté d’émancipation culturelle et politique, tout en émettant de très sérieuses réserves sur le FLN qu’il jugeait trop autoritaire et centraliste.

Sa vive sympathie pour le mouvement libertaire n’aida pas à apaiser les critiques. De nombreux indices illustrant son attachement à la tradition anarchiste parsèment ses écrits, pièces de théâtre, essais et romans. Pour ne parler que de lui, L’Homme révolté résonne comme une véritable profession de foi. L’ouvrage s’inscrit dans une problématique purement libertaire. Comment faire la révolution en évitant le recours à la terreur ?

Dans les années 1940 et 1950, Camus entretiendra des liens étroits avec les responsables de journaux anarchistes, francophones ou non. Parmi eux, Rirette Maîtrejean (coéditrice du journal L’Anarchie), Maurice Joyeux et Maurice Laisant (du Monde libertaire), Jean-Paul Samson et Robert Proix (de la revue culturelle et antimilitariste Témoins), Pierre Monatte et André Rosmer (de La Révolution prolétarienne), Louis Lecoin (de Défense de l’homme et de Liberté), Gaston Leval et Georges Fontenis (du Libertaire), Giovanna Berneri (veuve de l’anarchiste Camillo Berneri assassiné à Barcelone, du journal italien Volontà), José Ester Borràs (du journal espagnol Solidaridad Obrera)... Camus avait aussi des contacts avec des journaux anarcho-syndicalistes suédois (Arbetaren), allemand (Die freie Gesellschaft) et latino-américain (l’Argentin Reconstruir).

Les interventions d’Albert Camus aux côtés des anarchistes sont nombreuses. Il soutenait par exemple l’antimilitariste Maurice Laisant lors du procès fait aux Forces libres de la paix qui étaient poursuivies pour leur lutte contre la guerre d’Indochine. « Il me semble impossible que l’on puisse condamner un homme dont l’action s’identifie si complètement avec l’intérêt de tous les autres hommes. Trop rares sont ceux qui se lèvent contre un danger chaque jour plus terrible pour l’humanité », plaida-t-il devant un tribunal sourd à ses arguments. Le compte-rendu de l’audience fut publié en février 1955 dans Le Monde libertaire. Camus était présent dans les meetings et manifestations organisés par les libertaires contre la répression en Espagne ou dans les pays de l’Est (à Berlin-Est en 1953, à Poznan et à Budapest en 1956). « Le monde où je vis me répugne, mais je me sens solidaire des hommes qui y souffrent », disait-il.

Auteur d’articles publiés dans Le Libertaire et dans Le Monde libertaire, Camus était également très proche des syndicalistes révolutionnaires de La Révolution prolétarienne avec qui il fonda les Groupes de liaison internationale (GLI) qui aidaient les victimes des régimes totalitaires, staliniens et franquiste notamment. La situation en Espagne était au cœur de ses préoccupations. Dans Le Libertaire du 26 juin 1952, il publia un texte pour exposer les raisons de son refus de collaborer avec l’UNESCO où siégeait un représentant de l’Espagne franquiste. Quand Louis Lecoin lança, en 1958, sa campagne pour l’obtention d’un statut pour les objecteurs de conscience, Albert Camus était toujours là. Membre du comité de secours aux objecteurs aux côtés d’André Breton, de Jean Giono, de Lanza del Vasto, de l’abbé Pierre, il rédigea le projet de statut et participa activement à la campagne qui aboutira, en 1963, par une victoire qu’il ne verra pas. Homme révolté, insoumis, admirateur de Gandhi, Camus milita contre tous les terrorismes et imprégna de non-violence son idéal libertaire. « Ni victimes ni bourreaux... »

Après sa disparition brutale, les anarchistes furent abattus. Leur désarroi se lisait dans Le Monde libertaire de février 1960. Le mensuel publia des contributions de Maurice Joyeux, Maurice Laisant, F. Gomez Pelaez, Roger Lapeyre, J.-F. Stas et Roger Grenier. La rédaction du ML signa un article intitulé Albert Camus ou les chemins difficiles. Ce qui résume bien la vie et l’œuvre d’un philosophe qui refusait d’être considéré comme un guide, un maître à penser.

« Albert Camus, qui au-dessus de tout plaçait l’esprit d’équipe, était notre camarade, écrivaient les anars en deuil. Son amitié, qui n’a jamais supposé une adhésion entière à toutes les solutions que nous proposons aux hommes, ne s’est jamais relâchée. Sa présence, dans nos manifestations, ses contacts avec quelques-uns d’entre nous aux heures difficiles en font foi. » Maurice Laisant, qui avait reçu un soutien appuyé de Camus devant la 17e Chambre correctionnelle, ne cachait pas non plus son émotion : « Chacun voudrait dire son deuil de celui que nous perdons et en le faisant aujourd’hui, j’ai le sentiment de reconnaître la dette de tous les pacifistes envers celui qui fut plus qu’un grand homme : un homme ! »

Paco

Les textes publiés par Le Monde libertaire après la mort d’Albert Camus ont été réunis dans le numéro 26 de la revue Volonté anarchiste. Ils sont, avec d’autres textes illustrant les liens entre Camus et les libertaires, également disponibles ici :

http://www.groupejoyeux.org/html/Joyeux8-RC210.htm

On peut encore lire L’œuvre et l’action d’Albert Camus dans la mouvance de la tradition libertaire, un essai de Teodosio Vertone publié par l’Atelier de création libertaire.

En illustration, un libertaire vu par un autre libertaire, Albert Camus photographié par Henri Cartier-Bresson.


Commentaires  (fermé)

Logo de Pïérô
jeudi 26 novembre 2009 à 14h43 - par  Pïérô

Un article paru dans "courant alternatif, qui apporte un autre regard :
http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article485 (les commentaires sont intéressant aussi) :


De Camus à Onfray, une permanence libérale en milieu libertaire

vendredi 6 février 2009, par Courant Alternatif

Il a toujours existé dans le mouvement anarchiste un courant essentiellement culturel qui a revêtu, au cours de l’Histoire des formes allant d’un anti marxisme primaire à un individualisme forcené, d’un culte du moi à une méfiance viscérale des grands mouvements sociaux que nous prisons tant ! Actuellement ce courant prend des formes multiples et souvent contradictoires mais qui ont un point en commun, le rejet de l’idée de révolution sociale. C’est ainsi qu’on peut lire la montée d’Onfray au firmament de la pensée libertaire, puis sa chute brutale.

Dans Siné hebdo du 19 novembre 2008 Michel Onfray abordait en ces termes les arrestations qui avaient eu lieu à Tarnac le 11 : “Anarchistes, les saboteurs de TGV à la petite semaine ? Curieux qualificatif pour des rigolos qui servent surtout le dogme sécuritaire.” Un peu plus loin : “la poignée de crétins qui, semble-t-il, jouissaient d’immobiliser les TGV en sabotant les caténaires…” ; enfin, il réutilisait de nouveau le terme “rigolo” mais en laissait tomber le “semble-t-il” : “la bande de rigolos qui croit contribuer à l’avènement du grand soir en stoppant cent soixante TGV…”. Il recommandait à ces “demeurés” de relire Pouget et de s’en inspirer pour faire un “bon usage du sabotage” (le titre de son article).
L’affaire est à présent connue et, comme l’a écrit, je ne sais où, un blogueur, nous avons été des milliers à croire que Philippe Val (voir Courant alternatif, décembre 2007, “Charlie hebdo, De Val en pis”) avait été embauché à Siné Hebdo ! Non seulement Onfray se moquait de la présomption d’innocence mais encore il le faisait dans des termes et sur un ton professoral et stalinien où le mépris le disputait à la haine. Et qui plus est, au nom de l’Anarchisme, le vrai !, celui dont il se targue d’être adepte, tandis que les inculpés de Tarnac, qui par ailleurs n’ont jamais prétendu s’y référer, ne seraient que d’innocents adolescents attardés et, sans doute, incultes. Mais n’insistons pas davantage, Claude Guillon a réglé son compte au philosophe libertaire de la plus belle manière qui soit dans le texte “Pourquoi Onfray-t-il mieux de se taire”.

Après avoir passé en revue trois épisodes de l’offensive hivernale du chevalier Onfray, Claude Guillon nous prévient qu’il “n’écarte pas l’hypothèse d’un quatrième à venir”. Eh bien il est venu pas plus tard que le 17 décembre dans le numéro 15 de Sine hebdo, sous le titre “Passez Noël avec Camus” où il s’emploie à encenser l’auteur de L’étranger par contrepoint à celui des Chemins de la liberté. Bien entendu les arguments contre Sartre ne manquent pas ! A commencer par la cécité et les égarements politiques d’un indécrottable compagnon de route qui, après avoir rompu avec le très stalinien PC français, ne trouve rien de mieux que, après 68, s’acoquiner avec des staliniens plus “tendance”, les maoïstes de la Gauche prolétarienne. Mais après tout, Camus aussi fut, lui aussi, membre du PC, même s’il en fut exclu. Ce qui nous laisse pantois ce sont certains arguments d’Onfray : à ses yeux Camus est sain (mens sana in corpore sano), il joue au football, il aime le grand air et le soleil, Sartre est un parisien qui aime sortir le soir jusqu’à pas d‘heure, qui se détruit - il fume, il boit ! -, il fait même de la boxe. Onfray nous dit : Camus veut s’engager en 39, Sartre découvre la résistance et l’engagement après la guerre. Or, en 1939, Camus écrit “ Qu’est-ce que la guerre ? Rien. Il est profondément indifférent d’être civil ou militaire, de la faire ou de la combattre ”. Comme personnage “engagé”, il y a mieux. Finalement, au prix d’un choix qu’on pourrait qualifier de “sartrien” il s’engage tout de même... dans l’armée, (pas mal pour un libertaire !), mais il est refusé car il est tubar. Sartre, lui aussi, s’engage ; mais il n’est pas tubar et est fait prisonnier. Libéré en 1941 il opte tout de même pour la résistance (très pantouflarde selon Jankélévitch, mais résistance quand même !). En 1943 Camus prend la tête du journal clandestin Combat, créé en 1941 et il y fait écrire... Sartre et Henri Jeanson. A la libération Camus et Sartre travaillent ensemble dans le même journal et si des questions philosophiques les opposent, ce n’est qu’en 1952, huit ans seulement avant la mort de Camus, qu’il y aura réelle rupture. Jusque-là Camus n’avait pas vu, à l’inverse d’Onfray, autant de motifs de séparation. Onfray, en psy de salon suggère la vilenie sartrienne par un compte mal réglé avec son beau père qui lui aurait volé sa mère ! Que dire alors des rapports de Camus avec sa mère !!!
Enfin, il termine en disant que Sartre est devenu un philosophe pour classe terminale et Camus un philosophe intempestif. Mais c’est Camus qui accepte le prix Nobel en 1957 et Sartre qui le refuse en 1964 de manière quelque peu… intempestive, c’est vrai !

Les positions politiques de Camus

Ce sont celles d’un pied noir libéral qui renvoie dos à dos le colonisateur et le colonisé (1). Devinez donc quelle serait sa position aujourd’hui sur le massacre de Gaza ? Il refuse, en 1958, de signer une pétition contre la saisie du livre d’Alleg, La Question qui dénonce la torture pratiquée par l’armée française. En 1960, dans la même ligne, il refuse de signer Le Manifeste des 121. Mais n’en rajoutons pas, Sine lui-même, dans le même numéro de Siné-hebdo a dressé une liste des raisons que l’on peut avoir de ne pas apprécier Camus, malgré l’auréole de libertaire que lui accolent certains anars, comme ils le faisaient il y a peu encore, avec Onfray.
Car si il y a un parallèle à faire dans ces histoires entre Camus et Onfray, ce n’est pas l’inclinaison du second pour le premier, mais que les deux ont construit leur légende de libertaires grâce à l’adoubement d’une partie du mouvement anarchiste. Onfray a écrit dans Le Monde Libertaire et cela lui sert même de passeport de compétence, il y est abonné depuis l’âge de 17 ans et prétend n’avoir dit, dans cette histoire de Tarnac, que ce que la Fédération anarchiste avait proclamé dans son communiqué. Il est vrai, qu’à mes yeux en tout cas, le communiqué de la FA n’était pas “clean” : “désaccord sur ces actes de sabotage qui contribuent d’une part à développer l’incompréhension et la condamnation des opinions sur l’éventuel sens politique de ses actions, et d’autre part au renforcement des mesures répressives du Capital et de l’Etat”, on prend ses précautions, au cas où… ; “Les anarchistes reconnaissent le droit inaliénable, individuel et collectif, à l’insubordination, à la révolte et à l’insurrection”… mais à condition d’être dans la bonne ligne, “L’action directe doit trouver son apogée dans la grève générale expropriatrice et autogestionnaire, prélude à la société libertaire à laquelle nous aspirons.” Rien de bien extraordinaire dans ces déclarations, la dose d’idéologie et les généralités habituelles, mais justement, dites ce jour-là ça fait quand même “on ouvre le parapluie” au cas où. Imaginez ! S’ils étaient coupables, faudrait pas qu’on nous confonde avec eux ! Or précisément, ce jour-là, le 11 novembre, n’est pas le jour à faire dans la nuance jésuitique. Notre solidarité ne porte pas sur ce qu’il auraient fait ou non mais sur ce qu’ils sont et sur ce qu’on leur fait. La bonne ligne d’un militant anarchiste patentée, il y a d’autres occasions pour la défendre, s’il faut le faire. Mais, tout de même, la Fédération anarchiste réclamait la libération des personnes arrêtées, Onfray non ! Espérons que plus personne, dans le mouvement libertaire ne continuera à faire les yeux doux à ce futur Gluksmann.

Les positions politiques d’Onfray

Elles sont nettement moins originales que ses redécouvertes philosophiques.
On les trouve exprimées globalement dans le Nouvel observateur, en janvier 2007.
Il est “anti-libéral et défenseur du capitalisme”. Il se dit gaullien, défend la Constitution de 1958 et l’élection d’un président au suffrage universel : il faut une rencontre entre un homme charismatique et le peuple et c’est ce que fut Mitterrand qui, de ce fait, a pu unifier la gauche. Unifier la gauche, le rêve d’Onfray, qui pense que le problème c’est le manque d’un fédérateur.
En fait, être antilibéral et défenseur du capitalisme en même temps, c’est dissocier le mode de production basée sur la propriété privée (incontestablement “capitaliste” !) du mode de répartition des richesses par le marché libre (le libéralisme). Evidemment, selon nous, le mode de répartition est indissociablement lié au mode de production, mais enfin il n’est pas le seul à raisonner de cette manière que nous estimons être une erreur : c’est le cas de la très grande majorité du mouvement altermondialiste, des taxeurs tobiniens (qui, d’ailleurs, ne défendent plus guère leur revendication), des réformistes keynésiens…
Cette opinion, pas plus qu’une autre, ne mérite ni insulte ni mépris vis-à-vis de ceux qui y croient vraiment (c’est une tout autre chose de la part de qui l’utilise à des fins démagogiques), mais ce qui est certain c’est que ce n’est, en aucun cas, une optique anarchiste ! Tour à tour défenseur d’une union d’extrême gauche à l’initiative du PC qui “concentre le meilleur du PS et de l’extrême gauche”, après avoir soutenu Besancenot puis se retournant vers Bové qu’il rejetait juste avant, de nouveau tenté par le NPA, rassurez-vous, braves gens, il finira par voter Royal… Bref, le personnage navigue à vue dès qu’il met le bout du doigt de pied dans la “concrétude”, il fait comme de nombreux intellectuels de gauche (pensez à Morin ou Lefort), qui s’emberlificotent dans des méandres qu’ils ne maîtrisent ni ne connaissent). Onfray manque de temps pour bien analyser, il le dit lui même. Le gaillard court à droite et à gauche de conférence en conférence, de radio en radio, il écrit à la vitesse d’un Bourseiller (2), c’est dire ! Bref c’est un philosophe TVG qui sillonne la France en des temps record, un croisé de l’athéisme (ce qui explique peut-être son besoin d’être rassuré quant à la fiabilité des caténaires).

Piqué au vif par les critiques émises suite à ses positions dans Sine hebdo, notre professeur s’énerve et continue à administrer des leçons aux anarchistes : abolition des classes, disparition du salariat, suppression du capitalisme, voilà ce qu’Onfray déclare anachronique et illusoire. Il faut refonder la République, expulser la violence révolutionnaire, remplacer les partis par le pouvoir individuel, voilà son programme.

Alors libertaire Onfray, comme Camus ? Oui sans doute, dans le sens libéral et humaniste du terme. Mais pas révolutionnaire. Anarchiste ? Pourquoi pas, il ne nous appartient pas de décider qui l’est ou ne l’est pas, il nous suffit de dire qu’il y a des courants qui s’en réclament et avec lesquels nous n’avons pas grand chose en commun. Depuis très longtemps existe un mouvement anarchiste “culturel” qui se place en dehors de tout possibilisme révolutionnaire et rupturiste et pour qui la lutte des classes est une maladie. Depuis quelques années cette tendance renaît sous différentes formes et souvent après un passage outre-atlantique : individualisme, antispécisme, primitivistes, pour le pire, citoyennistes ou municipalistes pour les plus “sociaux” mais toujours culturels et très souvent universitaires. On assiste à une remise au premier plan de l’“individu” — L’Unique ! — au détriment du social et du collectif, archéologie du savoir puisé à la fois chez Nietzsche, chez les individualistes et les post anarchistes américains (Zerzan et Hakim Bey, p. e.), récupération et réduction du “changeons la vie ici et maintenant à un “savoir vivre anarchiste dans nos niches” emprunt de moralisme et de politiquement correct et volontairement déconnecté de toute analyse de classe de la société et du capitalisme.
Toute pensée est libre d’exister, mais libre à nous de ne pas la fréquenter même si nous portons la même étiquette. Quoique… N’ayant pas eu la possibilité de donner un coup de pied au cul de Camus, je serais volontiers volontaire pour botter celui d’Onfray, en tout cordialité bien sûr !

JPD

(1) Ce qui, rappelons-le, fut le cas d’une partie des anarchistes pendant la guerre d’Algérie, comme à présent dans le conflit sur les territoire palestinien.
(2) L’ignoble fouille-merde, auteur d’une Histoire (falsifiée) de l’Ultra-gauche, auquel il faudra bien un jour tirer fermement les oreilles ou, même, pourquoi pas, entartrer avec dignité.

Brèves

3 octobre 2012 - Le droit de photographier

Arrêté du 27 Juin 2008
Les journalistes et particuliers ont le droit de photographier et de (...)