Salut à toutes et tous,

dimanche 16 janvier 2011
par  siksatnam
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Suite à la manifestation de samedi après-midi, concomitante à la tenue du congrès du f-haine, j’ai été interpellé aux alentours de 19h, à la dispersion de la manifestation, alors que je courrais afin d’échapper aux charges de la dîte police. Cette interpellation de la BAC 37, qui a été plus que musclée (8 jours d’ITT, trauma crânien etc...) m’a conduit au poste de police.


Les manifestants ne sont pas des casseurs, ou des criminels. Nous étions juste là, pour signifier le plus longtemps possible, par notre présence sur la place Jean Jaurès, que le racisme, la xénophobie, le fascisme, n’est admissible sous aucune forme, ni à Tours, ni ailleurs.

Je tiens d’ailleurs à remercier Antoine M. qui a été arrêté pour un acte de pure solidarité, alors qu’il demandait le nom des inculpés (on lui reproche le port d’un keffieh sur le visage, il a passé 3 heures au poste). Merci donc à toi, de d’être soucier d’un gars qui se faisait tabasser la gueule par la police, dans l’indifférence générale d’un peuple occupé et obnubilé par ses sacro-saintes soldes, alors que la disproportion du dispositif policier et de -leur- répression, dans la soi-disant "démocratie" qui est la notre, ne devraient laisser personne de marbre.

22 camarades ont été interpellé, je tiens ici à leur apporter mon soutien. [salut à mes cinq compagnons de cellule, au collègue faucheur, aux chevelus, et aux deux autres, dont je ne me souviens plus le nom (les coups sur la tête ça n’aide pas à la mémoire...)]
Aucun des faits qui m’est reproché n’est vrai.

Aucune justification n’est possible au déchainement de haine que les policiers ont eu à mon égard et envers les autres interpellés.

Je n’ai pas été placé en garde à vue, je serais donc convoqué dans la semaine au poste de police. Nous ne savons pas encore comment nous nous organisons, plus de nouvelles dans les semaines à venir.

La légitimité n’est pas du côté de nos régimes à dérives autoritaires, mais du côté des peuples qui luttent contre.

Soutien aux camarades tombés dans le monde, et aux personnes ayant montré, ce week-end à Tours que le fascisme, qu’il soit d’Etat ou partisan, ne passera jamais.

Hugues Menard.

Hier soir dimanche, j’ai consulté mes emails et lu celui de mon fils Hugues.

Ce matin, je me réveille et je prends conscience que je vais continuer mes occupations habituelles.
Je tiens à remercier la personne qui a aidé mon fils à rester en vie. Mon fils aurait pu y rester et ce matin,
je pourrais pleurer de tout mon corps de mère. Je fais un cauchemar, nous sommes bien en France, mon fils n’est pas allé au NIger, en Côte d’Ivoire, en Tunisie...quelle frontière avons nous franchi sur notre territoire... les forces de Police protègent qui, de qui, de quoi...
Il est affolant de constater que des canons à eau aient été utilisés contre des manifestants qui s’exprimaient pacifiquement contre une France que nous ne souhaitons pas voir devenir. Un hélicoptère a été utilisé aux frais de qui.... les forces de police testent de nouveaux matériels en vu de quoi, nous ne prenons plus en compte les mouvements sociaux, quel est ce régime qui monte crescesdo dans notre Pays....

Il est avèré que dans chaque manifestation se glissent des "casseurs" qu’ils sont à chaque fois minoritaires. C’est un amalgame vieux comme le monde... mais les forces de Police se voient aussi infiltées de personnes prêtent à en découdre....

Merci à tous ceux qui soutiennent mon fils.

Je souhaite un prompt rétablissement à mon Fils et je l’embrasse car je le peux encore.

Une mère inquiéte.

S.M.

Salut

Je fus l’une des personnes interpellées hier.
on a été 3 de Vendée à avoir été interpellé : Tous relâchés sans garde à
vue et une des 3 à eu une audition pour violences aggravées.
Une des personnes a subi de fortes menaces et humiliations lors de son
interpellation : menace de lui casser la gueule, kefié enlever et jeter ,
insinuation sur sa vie familiale en tant que père ...
Les interpellations ont eu lieu dans les rues après la manif à 300 mètres de
jean jaurès ;

Tout va bien en ce qui me concerne . A part un gros bleu au mollet ( coup de
matraque lors de mon interpellation ) et une contracture à l’avant bras
droit à cause des liens serrées fort.

l’interpellation a été musclé ( étranglement par une clef de bras au cou,
respiration coupée pas agréable) et coup de matraque par derrière par pur
vice . Insultes et commentaires du genre : "vivement que marine passe en
2012 pour virer tous les bougnoules, gauchistes, etc... " le top " en 2012,
on va vous massacrés") . J’avais envi de lui proposer des vacances ensemble
en Tunisie.

Sinon, je suis resté 5 heures au comico sans aucune déposition, on ne m’a
pas posé de question et j’ai signé aucun papier. On m’a dit que j’étais
soupçonné d’incitation à l’émeute et participation à des troubles de l’ordre
public. Bref, évidemment , pas de preuves. Dans les cellules, un bon nombre
de personnes se sont fait arrêter plus ou moins sans raison, la aussi avec
des insultes, menaces, humiliations et coups volontaires ( sur crane,
écrasement de tête par le pied, une personne a eu piercing d’arracher de
l’oreille et j’en passe...)

J’étais dans les derniers à partir et j’ai vu au moins 5 à 6 personnes qui
sont resté en garde à vue dont au moins 3 prisent en flagrant délit

X (info legal team)

Salut

J’ai été interpellé samedi 15 janvier, à 16h35 sur la place Jean Jaurès, en
tentant d’échapper à une charge policière. Deux flics infiltrés dans la
manif m’ont mis à terre, puis donné un coup de matraque sur la cuisse
droite. (j’ai appris pendant ma garde à vue qu’ils étaient de la BAC de
Rouen, détachés spécialement pour l’occasion). Un garçon de 20 ans portant
un autocollant NPA est interpellé en même temps que moi. Nous sommes
immediatement conduits au commissariat, où l’on nous signifie notre garde à
vue.

Au bout de peut-être dix minutes, nous sommes interrogé, par deux personnes
differentes, dans le même bureau. On nous accuse tous les deux d’avoir lancé
des pavés sur les CRS. Si l’autre reconnait immediatement avoir lancé une
canette de bière, je nie catégoriquement les faits : je n’ai rien lancé en
direction de qui que ce soit. Pendant qu’une employée de police prend ma
déposition, celle chargée d’auditioner l’autre garçon lance des commentaires
dans ma direction : "je ne vous crois pas monsieur ; faute avouée est à moitié
pardonnée ; vous pouvez sortir d’ici rapidemment si vous vous montrez
raisonable, etc.".

A la fin, mon interlocutrice me dit que j’ai le droit de voir un avocat et
un médecin, mais elle me le déconseille : "c’est une perte de temps, ça ne
changera rien et ne fera qu’allonger votre temps ici". Je décline pour le
médecin mais accepte de voir un avocat. J’ai sur le bras le numéro de 2
avocats recommandés par la "legal team", mais je n’ai pas le reflexe de le
dire, et on m’assigne donc un avocat commis d’office.

Je retourne en cellule. Seul au départ, je vois défiler 2 autres personnes
en lien avec la manif : un cénétiste vendéen, qui sera relaché au bout de
quelques heures, et un tourangeau souffrant visiblement de troubles
psychiatriques (il me confie avoir un dossier "long comme le bras" à la
police, et un autre de taille comparable à l’HP). Il partira au bout d’une
dizaines d’heures, sans que je sache s’il a été liberé ou transferé dans une
autre structure.

Il y aura beacoup de passage et d’agitation tout au long de la soirée. A un
moment, j’entend un policier dire que toutes les cellules de garde à vue
sont pleines (nous sommes alors 3 dans la mienne), et qu’il s’agit de faire
de la place. La plupart partiront en effet dans les heures suivantes.
L’attitude des flics est correcte, exceptée pour deux-trois d’entre eux, que
le cénétiste reconnait comme étant les membres de la BAC qui l’ont arreté,
et qui se comportent en cow-boys ("Toi, debout ! Viens ici ! Ton nom, ton
adresse !", etc).

Je rencontre ensuite l’avocate commise d’office. Comme elle n’a pour
l’instant pas accès au dossier, elle ne peut pas faire grand’chose. Elle me
conseille néanmoins de demander à voir un médecin pour faire constater le
bleu à ma cuisse droite, consécutif au coup de matraque. Elle part en me
disant de ne pas m’inquieter et que je serais bientôt dehors.

Aprés un bref retour en cellule, on me crée une fiche (photo, empreintes
digitales, mais pas de prelevement ADN). Je suis desormais "connu des
services de police".

Vers la fin de ma première tranche de 24 heures de garde à vue, un avocat
(maitre Esmel, l’un de ceux recommandé par la "legal team"), contacté par
des camarades, vient me voir. Nous nous entretenons brievement. Lui aussi
pense que je vais bientôt sortir. Il me dit qu’il va se renseigner sur mon
cas auprés du parquet, puis qu’il repassera me voir dans la soirée, si du
moins je suis encore au poste à ce moment. Je n’aurais plus de nouvelles de
lui.

Quelques heures plus tard, on m’annonce que ma garde à vue va être
prolongée, et que je passerais devant le juge demain (lundi 17), dans la
matinée ou en début d’aprés-midi. J’ai alors encore une fois la possibilité
de voir un médecin et un avocat. J’accepte pour les deux.
Le médecin passe, je lui fait constater le bleu. Il en prend note en me
disant que j’ai "dû le sentir passer". En revanche, maitre Esmel est
injoignable, et le commis d’office n’aura pas le temps de venir me voir
avant mon transfet au tribunal.

Je suis ensuite emmené voir "l’enqueteur social", chargé de dresser un
tableau de ma personalité qui sera ajouté au dossier. Je lui demande s’il
travaille pour la justice ou pour la police. Réponse : aucun des deux, c’est
un independant. Je décide donc de ne rien lui dire que je ne dirais pas à un
flic. Lors du procès, j’apprendrais qu’il m’a décrit, aprés un entretien de
10 minutes, comme étant quelqu’un "d’idéaliste, convaincu et determiné". Il
part en me disant que mon combat contre le FN est juste mais qu’il y a
d’autres moyens, etc...

Au lendemain de ma seconde nuit en cellule, je suis de nouveau auditionné.
Je persiste dans ma version des faits. Mon interlocutrice m’annonce que j’ai
été "formellement reconnu" par les flics qui m’ont interpellé comme étant
l’auteur d’un jet de pavé.

Vers 15h, on me fait signer mon PV de fin de garde à vue, puis je suis
reconduit en cellule pour environ une heure, avant d’être transferé au
tribunal. On me rend alors mes affaires, à l’exception de mon téléphone
portable.

Devant le bureau de la substitut du procureur, je retrouve deux personnes
arretées lors des émeutes, dont le garçon ayant été arreté avec moi. Lui et
l’autre ayant reconnu leur culpabilité, ils se sont vu proposés une
Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (quelques mois de
sursis et des TIG) qu’ils ont tous les deux acceptés. Celui qui a été arreté
avec moi m’apprend que les flics croyaient qu’on était de mèche et qu’ils
ont essayé de lui faire reconaitre qu’on avait lancé des objets ensembles.
Vient mon tour d’être reçu par la substitut. L’ambiance est glaciale. Elle
m’annonce que je suis accusé de "violences aggravées sur personnes
dépositaires de l’autorité publique", ce qui est passible de 3 ans fermes.
Elle coupe court à mes dénégations : j’ai, de toutes manières, été
formellement reconnu par les policiers, donc le cas est clos. Mon seul choix
est donc de me montrer raisonable et de reconaitre les faits. Je ne change
pas ma version d’un iota, et argumente que l’on peut consulter les bandes
d’enregistrement des cameras de videosurveillance de la place Jean Jaurès.
Elle me dit que cela a déjà été envisagé, mais "qu’aucun de ces
enregistrement n’est exploitable". Je sors de son bureau avec le moral dans
les chaussettes, car si c’est juste ma parole contre celle des flics, la
situation est critique... Heureusement, l’un des policier m’annonce qu’un
"comité de soutien" est dans la salle pour moi, ce qui est quand même un
reconfort.

Je rencontre l’avocat commis d’office quelques heures avant de passer en
jugement. Je lui fait part de mon intention de demander un délai pour
préparer ma défense, et notamment de demander au tribunal de consulter les
bandes de vidéosurveillance. Sa réponse : c’est une mauvaise idée, cela
nécéssiterait une expertise couteuse et le tribunal, disposant déjà de la
parole d’un flic, n’allait pas s’embeter à aller chercher plus loin. Il faut
mieux passer aujourd’hui, car je n’aurais pas d’éléments nouveaux à
présenter dans quelques mois, ce qui risque d’aggraver mon cas. Je décide de
suivre son avis.

La comparution devant la cour sera brève, moins d’une demi-heure. Le
procureur veut montrer que je suis venu pour me castagner avec les flics
("quand une manifestation commence à dégénerer, une personne normale quitte
les lieux, vous ne l’avez pas fait, donc..." ; "que pensez-vous des Black
Blocs ?", "faisiez-vous parti d’un groupe de manifestants ?"...). L’avocat
rappelle que la déposition du flic qui m’accuse a été faite 24h aprés les
faits, et non immediatement aprés, et que des incoherences s’y trouvent (ex :
je suis décrit comme étant "porteur d’un haut noir", ce qui est exact, à
ceci prés que ce haut était difficilement visible puisque je portais un
blouson marron par dessus). Le proc réclame finalement la même peine que
pour les deux autres : 2 mois de sursis et 100 heures de TIG.
Au déliberé, la présidente dit qu’il lui faut plus d’élements pour juger
l’affaire, et repousse le jugement à une nouvelle audience, le 24 fevrier.
En attendant, j’ai l’interdiction de manifester.

A la sortie du tribinal, je suis accueilli par une délégation de la "legal
team", qui se demène depuis samedi soir pour savoir combien de personnes ont
été arretées et où en sont leurs procédures respectives. Ils m’annoncent
avoir d’or et déjà lancé un appel à témoin au sujet de mon interpelation, et
être en relation avec plusieurs militants ayant filmé ou photogrphié la
manif pour me disculper. Je leur en suit extremement reconaissant.
Pour l’instant, affaire à, suivre...

Juste quelques remarques au sujet de tout ça : j’ai pris conscience que si
j’avais une certaine conaissance théorique de ce qu’il convient de faire et
de ne pas faire en GAV, celle-ci n’a pas vraiment fait le poids contre la
grosse pressions des flics et mon ignorance du déroulement pratique des
faits : j’ai accepté un avocat commis d’office, j’ai initialement décliné
l’offre de voir un médecin, j’ai accepté la comparution immediate... Un
effort de formation dans le parti est à faire à ce sujet !
.

X (info legal team)


Trois membres de la CNT 85 victimes de la violence d’état

Comme de nombreuses personnes, plusieurs membres de la CNT Vendée se sont déplacés à Tours le 15 janvier 2011 afin de manifester leur opposition aux thèses du Front National et dénoncer le fait qu’avec Marine Le Pen, le visage devient souriant mais la vieille rhétorique raciste, xénophobe et populiste reste d’actualité.

Au cours de la manifestation dans le centre ville de Tours, nos compagnons ont, comme c’est d’usage le réflexe de filmer une arrestation musclée. Sur le moment les forces de l’ordre « demandent » de ne plus filmer.

C’est plus tard dans la journée, après la manifestation qu’ils sont pris en chasse dans les rues de Tours par une quinzaine de policiers de la BAC casqués et cagoulés. Les flics veulent récuperer le film. Trois copains sont alors interpellés de manière très violente, tonfa, coup de poing, strangulation, injures, menaces de mort, intimidations. Direction le commissariat.
C’est l’interpellation de M. qui fut la plus violente. C’est également lui qui se voit reproché « des violences aggravées » et « jets de projectiles sur les forces de l’ordre ». Il sera relâché sans avoir vu le médecin qu’il demandait. Plus tard son médecin diagnostique un trauma sérieux au thorax, une semaine d’ITT. Y et E sont relachés sans chef d’accusation.

La CNT 85 dénonce les méthodes de l’Etat policier, ainsi que le déchaînement de haine orchestrée et ciblée. Cette politique de la peur et de la violence n’entame en rien notre détermination à lutter quotidiennement contre le fascisme et le capitalisme !

La CNT 85 apporte son soutien à l’ensemble des 22 personnes interpellées lors de cette manifestation antifasciste de Tours, exige la relaxe des 2 manifestants déjà condamnés, et l’arrêt immédiat de toutes prochaines poursuites judiciaires.

Plus largement, nous réclamons l’arrêt de l’ensemble des poursuites et la libération des personnes incriminées lors des différents mouvements sociaux en France et dans le monde !

A Tours, ici et ailleurs, radicalement antifasciste.


L’Union Locale des syndicats CNT de vendée.


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