Tours : spectacle d’aliénés pour fêter le droit d’asile !

samedi 10 décembre 2011
par  siksatnam
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Le Duce Pierre Louis Mériguet dans toute sa splendeur. Faux Tourangeau mais vrai bourgeois et vrai con, s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer ! Et puis aussi, lui et ses nazes, vrais collabo du préfet... On vous passe aussi leurs liens directs avec les flics...

Voir ci-dessous l’article de "La colonne de fer".

Par contre, triple zéro à La "Nouvelle République" pour son article répugnant sur le sujet...

Hier, vendredi 9 décembre, avait lieu à Tours une manifestation de soutien aux demandeurs d’asile. Depuis quelques semaines un collectif a en effet mis en place de nombreuses actions afin de soutenir des familles déboutées de leur droit d’asile et mises à la rue alors que de nombreux logements sont actuellement vides en Indre-et-Loire. Le rendez vous était donné à 18 h devant la préfecture. Le groupe d’extrême droite Vox Populi en a profité pour organiser un contre rassemblement afin de se faire un peu de publicité, leur initiative de marché de noël de la semaine dernière n’ayant pas franchement soulevé les foules. On n’a pas été déçus…


Quand les néo-nazis s’en prennent aux collabos…

Globalement, les néo-nazis n’aiment pas trop les étrangers, ce n’est un scoop pour personne. Seulement, depuis quelques années, les néo-nazis en ont eu marre de passer pour des gros cons, et on décidé de devenir fashion, n’hésitant pas pour cela à sacrifier leur folklore sur l’autel de la communication politique. Exit, donc, battes de baseball, croix gammées et autres “Sieg Heil” (du moins à première vue). Ne dites plus “néo-nazis”, mais “identitaires”. Ne dites plus “racistes” mais “ethno-différencialistes”…

Seulement, avec cette nouvelle stratégie, ça devient difficile de dire publiquement qu’il faut virer les étrangers pour le simple fait qu’on ne les aime pas. Du coup, on va se planquer derrière des arguments sociaux : désormais, les étrangers viennent travailler en France pour concurrencer les salariés français et faire baisser les salaires, et ceux qui défendent les sans-papiers deviennent les collabos du patronat.

Bien sûr le discours est absurde, pour la simple et bonne raison qu’il existe en France un code du travail et un salaire minimum, qui s’appliquent pour tout le monde, français comme étrangers. En fait les seuls pour lesquels ce droit ne va pas s’appliquer, c’est ceux qui ont interdiction de travailler et se retrouvent du coup à bosser au black, notamment les étrangers en situation irrégulière. Le meilleur moyen de mettre fin à cette concurrence déloyale tout en améliorant les droits de tout le monde, c’est donc de régulariser les sans papiers. Certes les capitalistes profitent de l’immigration clandestine. Alors, coupons leur l’herbe sous le pied et transformons cette immigration en immigration légale. Ça parait logique, mais ça, quand on est identitaire, c’est difficile à comprendre.

Toujours est il qu’hier, les “résistants” de Vox Populi avaient décidé que vraiment y en avait marre, et qu’il était temps de se révolter contre les “collabos” qui soutiennent les étrangers.

Un petit échauffement et on part en manif

Rendez vous était donné à 18h devant la préfecture. Nous arrivons sur les lieux à 17h55. Rien, si ce n’est quelques flics, et des militants de notre bord. D’autres arriveront. Avec quelques camarades libertaires, nous surveillons l’arrivée des benêts d’extrême droite. Toujours rien. Vont ils venir ? Au bout de quelques minutes, un type passe sur le trottoir d’en face, blouson Lonsdale rouge, chaine qui dépasse de la poche, crâne rasé, petit-bourgeois. Le type nous regarde salement, puis s’en va. 5 minutes après, c’est un jeune couple de Charles-Edouard/Marie-Chantal qui nous passe devant, parlent d’une manif… Rien de bien préoccupant, on commence à s’ennuyer ferme…

Et, ô joie, c’est le moment que choisissent nos croisés turons pour arriver. Leur armée populaire d’une petite vingtaine de skinheads éméchés se met en rang, derrière les pauvres flics chargés de faire tampon. Le chef, Pierre-Louis Mériguet, a choppé un mégaphone et se met à déblatérer ses conneries, pendant que son petit groupe d’hommes des cavernes tente de recréer une ambiance de stade, qui dans les faits se rapproche plus de celle d’un match opposant le Racing Monceaux les Mines à l’AS Trincamp un dimanche après midi que de celle d’un clasico au Santiago Barnabeu.

Très vite, nous nous regroupons et répliquons en chantant des slogans internationalistes, ou encore en pointant les paradoxes qu’il y a à s’afficher comme des rebelles tout en jouant gratuitement la milice pour le compte de Sarkozy et de son préfet (au moins, quand ils veulent pourrir nos manifs, les flics sont payés).

Et puis, on se dit qu’on a peut être mieux à faire que de perdre notre temps avec une poignée de connards, du coup on les plante là, et on part en manif comme prévu. Le cortège d’une cinquantaine de personnes s’ébranle. Nous ne sommes pas nombreux, mais on se fait entendre, et on sensibilise la population. De nombreux tracts sont distribués, tandis que nous égrenons les slogans : “Un toit c’est un droit, réquisition des logements vides”, “Des papiers pour tous ou plus de papiers du tout”, “Français, immigrés : même patron, même combat”… La manifestation emprunte le boulevard Heurteloup, où des tracts sont distribués au sein du marché de noël, puis la rue Nationale.

Arrivés à sa hauteur, nous pénétrons dans la galerie nationale avec banderoles et slogans, sous l’œil intrigué des clients. Un petit tour et puis s’en va : le but, aujourd’hui, c’est de sensibiliser, pas de se mettre les commerçants à dos. Lorsqu’on ressort, nous envisageons de remonter vers le vieux Tours pour mettre fin à la manif : cela fait déjà un certain temps qu’on défile, et la pluie ne cesse pas.

Le cortège oblique donc vers la rue des Halles, afin de terminer la manif sur la place Plum’. Seulement, pour ça, il nous faut passer devant le magasin de fringues London Calling, dont le patron n’est autre que Pierre-Louis Mériguet, le gourou de Vox Populi himself. En même temps, il faut bien avouer que rendre la monnaie de la pièce à ce bouffon en le provocant un tout petit peu -juste en passant devant son magasin- ça titille pas mal nos cerveaux de gauchistes…

C’est à partir de ce moment que la manif de soutien aux demandeurs d’asile va prendre un tour totalement surréaliste et se terminer en apothéose…

La Guerre du Feu 2.0

Les flics bloquant l’entrée de la rue du Change, les manifestants obliquent par le passage du Pélerin et pénètrent dans la rue de Chateauneuf. Nous sommes à 10 mètres du magasin de Pierre-Louis, et vu le barrage de flics, on n’ira pas plus loin. C’est à ce moment là que le Pierre-Louis susdit sort de son magasin, toujours accompagné par un demi-quarteron de ses singes de l’espace.

Visiblement le type est passablement énervé, nettement moins jovial qu’une heure auparavant, et surtout pas mal stressé. Car Pierre-Louis ne craint pas l’affrontement physique. Pierre-Louis est un guerrier des temps modernes. Pierre-Louis vous prend à lui tout seul, comme Stallone prend à lui tout seul l’armée russe dans Rambo 3. Bref, Pierre-Louis n’est pas une tapette. Par contre, il y a un truc dont Pierre-Louis a peur, c’est qu’on touche à son beau magasin. Certes, Pierre-Louis défend la France, mais il défend encore plus la propriété privée. Alors sa propriété privée à lui, forcément… Bien sûr, ce n’est absolument pas dans nos intentions de faire quoi que ce soit à son magasin ; mais pour sa défense, il ne peut pas trop le savoir. Du coup, Pierre-Louis flippe sa mère, et quand Pierre-Louis flippe sa mère, il perd son self-contrôle, s’énerve et veut tout casser.

Le sympathique commerçant se transforme alors en une espèce d’animal enragé, mi-ours, mi-sanglier et re-mi-ours derrière. Il débloque à fond, court partout, insulte tout le monde, fait des allers-retours frénétiques devant ses troupes comme les méchants dans les films de guerre, balance à tout va des “toi si je te retrouve, je te pète la gueule !”. De là où on est, on n’arrive pas à distinguer si un filet de bave lui coule ou non des lèvres. Dommage. Et puis, n’y tenant plus, il tente de passer au travers du filet des keufs pour se jeter, à lui tout seul, sur les manifestants, façon Léonidas dans 300, les ralentis en moins. Sauf que là, on n’est pas dans un film…du coup les flics le rattrapent, le maintiennent, le renvoient derrière, l’obligent à calmer ses ardeurs de martyr.

Le ridicule aurait pu s’arrêter là, il n’en est rien. En effet, pendant que leur “führer” s’escrime à perdre toute crédibilité, une douzaine de ses adeptes, se croyant sans doute eux aussi dans 300 et cherchant à nous impressionner, entreprend de sauter d’un pied sur l’autre en se frappant la poitrine et en poussant des cris évoquant vaguement le mugissement d’une vache en train de se faire monter par le taureau (hyper impressionnant comme cri de guerre !). Chaque énergumène nous gratifiera ainsi d’une étrange chorégraphie évoquant un subtil mélange entre un supporter du PSG ivre un soir de match contre l’OM et un orang-outan pris d’une soudaine envie de pisser. C’est sensé faire peur, c’est pathétique. Allez les gars (choses ?) encore un effort avant de ressembler à des guerriers spartiates !

Après avoir assisté sidérés à cette scène incroyable, et comme on avait pas pensé à emmener des cacahuètes, on a décidé d’aller, comme prévu, dissoudre notre petit cortège place Plum’. On a fait demi tour, en laissant lâchement les flics en compagnie de ces gens là. C’est vrai que pour une fois, on les aurait presque trouvés, surement par contraste, intelligents et avenants. Après la dissolution du cortège, terrorisés par les menaces du vendeur de T-shirt qui nous avait promis de nous retrouver coûte que coûte, nous sommes allés nous cacher sur une terrasse de bar de la place Plum, pour partager une verre bien mérité avec nos camarades, parmi lesquels beaucoup de nouvelles têtes. Bien sur, entre deux sujets sérieux, les exploits de Pierre-Louis et de ses amis revinrent souvent dans la discussions…

Pierre-Louis, on est pas potes, loin de là, mais te voir dans un tel état nous inquiète cependant. Tu n’es pas si vieux que ça, te taper un ulcère ou un infarctus à ton âge, ce serait quand même triste. C’est bientôt la saison du ski et, comme tu as du pognon de côté, tu devrais en profiter pour te prendre une petite semaine à Val d’Isère durant les fêtes. Respirer un peu l’air pur loin de nous ça ne peut te faire que du bien. Tu peux aussi emmener tes potes débiles avec toi : s’amuser dans la neige ça leur plaira, c’est sûr.