Les fascistes iront-ils à la pêche dimanche ? Les socialistes choisiront-il l’hotel Carlton ou plutôt la cafétéria Géant Casino pour fêter la victoire qui leur est promise ?

jeudi 3 mai 2012
par  siksatnam
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Eric Charden n’est plus... Eric Charden s’en est allé, laissant la pauvre Stone sur le bord du chemin... Rassurez-vous, cependant, ce drame ne fera pas l’objet de ma chronique... Car, d’une part, il est des personnes à Radio Nostalgie qui excellent dans l’exercice oh combien difficile de l’hommage posthume, et que d’autre part, ce serait faire à Charden une publicité qu’il ne mérite peut-être pas... Comment tolérer en effet que le sus-nommé n’aie pas eu l’honnêteté intellectuelle, le courage que son statut d’artiste exige, celui de prendre position à propos du second tour de la présidentielle ?... Doit-on, au prétexte que l’on est atteint d’une maladie incurable en phase terminale, tourner ainsi le dos à la vie démocratique de son pays ?

Toutefois, si nous n’évoquerons pas Charden, restons dans une ambiance romantique du meilleur aloi...

Car c’est une bien belle histoire en effet, que cette love story qui est en train de naître entre François Hollande et 53 % des français... Une union presque charnelle avec ses électeurs, à propos de laquelle on pourrait aisément imaginer le candidat socialiste susurrer à l’oreille de son électorat, dans un accent très Strauss-Khanien :

« Oh oui, caresse-moi l’isoloir... Lèche le collant de l’enveloppe... Introduis-moi ton gros bulletin de vote dans mon urne humide et offerte... Vas-y, viens maintenant dépouille-moi sauvagement le scrutin... »

On a constamment vu durant cette campagne électorale des foules de sociaux-démocrates exaltés, franchissant les cordons de sécurité, qui pour baiser les pieds du leader maximo, qui pour lui arracher un morceau de chemise ou l’une de ses trop rares touffes de cheveux, faisant fi de la mesure et de la retenue qui règnent d’ordinaire rue de Solférino...

Fans hystériques, gigantesques bousculades lors de l’arrivée de la méga star socialiste, service de sécurité totalement débordé, hurlements suraigus de jeunes militantes en délire, quinquagénaires en costume-cravate, même, arborant des tatouages « I love Nicolas Sarkozy in the ass »... Croyez-en l’expérience d’un vieux loup de la politique tel que votre serviteur, c’est à ces détails que l’on reconnaît un futur président de la république...

Jamais avare d’une déclaration fracassante, le héraut de la révolution tranquille, entouré d’une magnifique aura rose pâle, que ses adversaires politiques n’auront pas manqué de mettre sur le compte d’une utilisation massive de produits fumigènes, aurait d’ailleurs affirmé à son cercle de proches, métaphoriquement baptisé « les compagnons de la libération » qu’il allait, ouvrez les guillemets, « lui dégrader sa sale gueule à Sarkozy, lors du débat télévisé de mercredi »... Dans un court instant de lucidité, il aurait même martelé, pour le plus grand bonheur de son électorat : Ne l’oubliez jamais, le vote Hollande c’est le vote futile !

Dans le camp d’en face, et malgré les difficultés auxquelles on est confronté, on veut encore croire que la victoire est possible... Bombant le torse devant son état-major, Nicolas Sarkozy aurait quant-à lui déclaré, comme un dernier argument de campagne, et pas le moins pertinent, d’ailleurs : « Z’y va, la chouma, de voter Hollande, la tehon de l’espace, même ! La socialie c’est trop pas bon pour la santé de l’état ! »... Un argumentaire-choc, qui à n’en pas douter aura marqué les esprits...

Et, si les espoirs de revenir dans la course s’amenuisent, il n’est jamais trop tard pour bien faire... Aussi, tandis que l’ami de la famille François Bayrou semble fâché voire aigri, après une première oeillade du très bonhomme Lionnel Lucas, l’émissaire Gérard Longuet a pris ses responsabilités, choisissant d’adopter une posture fédératrice et rassembleuse... Se voulant le vecteur de l’ouverture par la droite, il lui aura suffi d’une intention délicate, d’un petit « nous et vous c’est pareil » à leur adresse pour troubler tous les néo-nazis de la terre...
Oh, ils s’en sont défendu, ils ont tenté de masquer comme ils pouvaient leur trouble naissant, mais sont bel et bien tombés sous le charme du gestionnaire des canons de la république...

Les fascistes iront-ils à la pêche dimanche ? Les socialistes choisiront-il l’hotel Carlton ou plutôt la cafétéria Géant Casino pour fêter la victoire qui leur est promise ? Carla Bruni sera-t’elle tondue en place publique pour avoir couché avec l’occupant ? Vous le saurez dés dimanche soir en regardant le dernier épisode de votre feuilleton favori, Passion République...


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