Louis Guilloux

lundi 26 février 2007

"... Je détruis toute idole, et je n’ai pas de Dieu à mettre sur l’autel. Il faut avoir une bien piètre expérience de la vie pour oser croire à de pareilles foutaises. Les paradis humanitaires, les Edens sociologiques, hum ! Qu’il attende seulement d’avoir quarante ans, et d’être fait cocu par la femme aimée. Ensuite, on en reparlera. Ah ! Là là. Dans ce monde, chacun se débrouille, chacun y est pour son compte, pour sa peau. Des conquêtes ? Celles qu’on opère soi-même. Oui : être un loup."

" ...Toute croyance m’est suspecte. Je pense, n’est-ce pas, avec Stirner, de son vrai nom Kaspar Schmidt, je pense donc que "toute croyance est une fêlure" quand elle n’est pas hypocrisie. Ceci, je ne l’emprunte pas à Stiner, fit-il en levant le doigt. On peut concevoir cette fêlure dans la noblesse, mais aussi dans... L’inverse, dans une espèce d’improbité, dit-il, avec une moue de dégoût et comme pressé de se débarasser de cette pensée..."

"... Faire de la souffrance une valeur ! Bobard mortel, savamment cultivé par de pauvres types tous fous d’orgueil, qui tous écrivent pour prouver qu’ils sont plus intelligents que les autres, qu’ils ont plus d’ame, qu’ils ont plus et mieux souffert que le commun des croquants, comme si cela avait une importance quelconque !! Ah, là là ! Depuis qu’il y a des hommes, et qui pensent, ou font semblant, ce qui est kif kif..."

Le Sang Noir

1935


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