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Demain Le Grand Soir
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Officiel : la « clériquine » administrée par l’État a quelques-uns avec les impôts de tous
Article mis en ligne le 20 avril 2020

par Le Plombier

L’UFAL avait déjà réagi à l’hallucinant communiqué du Conseil « scientifique » prônant « l’accompagnement spirituel » parmi ses préconisations de lutte contre l’épidémie de COVID 19. Eh bien, cette administration de « clériquine », bourde obscurantiste indigne d’un organisme scientifique, a bien été prise au sérieux par les Pouvoirs publics. Décidément, la proximité d’Emmanuel Macron avec « les » cultes (en fait, l’Église catholique) sera toujours une source inépuisable d’atteintes à la laïcité, fussent-elles fondées sur de pures sottises. Ainsi, un communiqué du 9 avril du ministère de l’intérieur annonce –sans rire- la mise en place d’un « dispositif d’écoute et de soutien spirituel » par les institutions de la République « laïque ».

Ceux qui « éprouvent le besoin » d’être mis en relation avec « une personne à même d’assurer un soutien spirituel » le seront désormais par deux intermédiaires officiels : le numéro vert gouvernemental d’information sur l’épidémie ; les équipes des établissements de santé et des professionnels médicaux. Lesquels sont tenus de les brancher sur les numéros de contact ouverts par « les principaux cultes » (gare aux erreurs lors du dispatching !). Le tout, évidemment, aux frais du public. Il serait insupportable que les demandes « spirituelles » viennent surcharger des organismes dont la mission essentielle est d’assurer le soin des corps, et le cas échéant du psychisme. Certes, le nombre de pratiquants religieux en France est faible : 9%, tous cultes confondus, déclaraient une « forte religiosité » en 2015, 35% une religiosité « modérée » (Enquête de l’INED « Trajectoires et origines ») –chiffres en baisse régulière. On peut supposer que les demandeurs de « clériquine » se recruteront plutôt dans les 9%. Mais l’effort public à eux seuls consacré n’en est que plus choquant.

Les quelque 60% de Français incroyants ou détachés de leur religion d’origine n’éprouveraient donc, en ces temps difficiles, aucun « besoin spirituel » ? Manifestement, aux yeux de nos gouvernants, il doit s’agir d’un monopole des religions. Vous avez dit « liberté de conscience » ?

Pire, seuls sont pris en compte les adeptes des « principaux cultes » ! Soit, en pratique, un retour éhonté à la notion de « cultes reconnus » du Concordat (triste système auquel la loi de 1905 a mis fin) ! Nous aura-t-on assez répété officiellement que la laïcité c’est « la neutralité de l’Etat, qui n’avantage ni ne discrimine aucun culte »…

Entendons-nous bien. Que chaque culte s’organise lui-même pour être à l’écoute de ses adeptes n’a rien que de conforme à son libre exercice. Mais 115 ans après la loi de 1905, voici que la République viole l’article 2 de celle-ci, pour « reconnaître » et « subventionner » certains cultes !

Le péché d’oubli de la laïcité aura au moins son châtiment immanent : le ridicule des nouveaux cléricaux qui nous gouvernent. « Le jour d’après », ne manquons pas de le leur rappeler.

Charles Arambourou

16 avril 2020