Le Parti national breton (PNB) actuel est né en 2021 sous l’impulsion de Boris Le Lay, un pur néonazi en cavale au Japon qui cumule plus de 10 ans de condamnations à des peines de prison et une notice rouge d’Interpol.
Le groupuscule d’extrême droite radicale prône entre autres la construction d’un mur à la frontière bretonne, le « droit [pour chaque citoyen breton] de s’armer librement » pour défendre « l’État breton » ou encore, l’interdiction de l’avortement.
Le nom du parti reprend le même que celui utilisé par un mouvement créé dans les années 1930, dissout à deux reprises pour sa collaboration avec le régime nazi pendant la Seconde guerre mondiale.
Depuis moins d’un an, le PNB tente de s’immiscer dans les événements culturels et politiques locaux, parfois à coups d’agressions violentes. Comme en octobre 2024, où plusieurs de leurs militants ont frappé à coups de poing et de manche de pioche Florian Le Teuff, adjoint écolo à la ville de Nantes, qui avait protesté contre leur présence à une manifestation transpartisane.
Si l’enquête est toujours en cours pour l’agression de l’élu, deux militants du PNB ont déjà été condamnés à des peines d’un à deux ans d’emprisonnement en mai 2024 pour l’attaque d’un local associatif à Saint-Brieuc. Ils s’entraînaient au combat dans les Active club, un mouvement suprémaciste blanc venu des États-Unis qui a été fondé par un néonazi.
Dans notre cartographie de l’extrême droite radicale, on en a répertorié dans 23 villes françaises.
En juillet 2024, au moment des législatives anticipées, deux autres sympathisants du PNB ont été arrêtés à Quimper. Ils avaient répondu à l’appel du canal Telegram « Division aryenne française » et souhaitaient en découdre en cas de victoire du Rassemblement national.
Aujourd’hui, les militants du PNB ont pour « premier objectif » de participer aux élections municipales de 2026 en présentant des candidats dans les communes de moins de 1.000 habitants.
« Avec les élections qui approchent, on sent leur volonté de s’inscrire dans le mouvement breton et de s’y faire une image respectable » commente Ludovic Le Moignic, conseiller municipal de Saint-Brieuc sous l’étiquette UDB– la gauche autonomiste.
Le 1er mars dernier semble d’ailleurs être l’aboutissement de la stratégie du PNB de s’immiscer dans la vie politique bretonne. Des militants ont pu tranquillement s’exprimer au micro devant la centaine de personnes réunies à l’appel d’organisations de droite et du centre, à l’occasion de l’inauguration du mouvement Bretagne notre avenir.
Texte : Manon Boquen
Illustration : Caroline Varon