En décembre dernier, je vous informais qu’une vaste opération de police avait eu lieu le 4 décembre au matin : une large perquisition à l’Institut européen des sciences humaines (IESH) dans la Nièvre, dans le cadre d’une enquête financière. Des responsables de l’Institut avaient aussi été perquisitionnés.
Le nom de cet institut n’est qu’un leurre. Il est en réalité le plus grand centre européen de formation à l’idéologie des Frères musulmans. Plusieurs militants islamistes français y ont été politiquement formés, comme Nabil Ennasri.
L’IESH a été cofondé par Ahmed Jaballah, Frère musulman exilé depuis en Tunisie (car il risquait d’être expulsé en raison de sa radicalité). Il a été inauguré en 1992 par Youssef al-Qaradawi, le plus célèbre théologien de la confrérie. Il était venu spécialement pour cet événement, qui marquait une étape importante dans l’installation et le développement de l’idéologie des Frères musulmans en Europe.
Depuis quelques années, le gouvernement se montre intraitable contre les représentants politiques de l’islamisme. Sa fermeté s’est renforcée ces derniers mois. La méthode choisie est la même que celle appliquée pour faire tomber Al Capone : l’angle financier. Ainsi, Nabil Ennasri a été mis en détention préventive pour "abus de confiance, blanchiment de fraude fiscale aggravée, corruption et trafic d’influence d’agent public". Yamine Makri, autre militant très actif en lien direct avec l’IESH et des associations fréristes, voit tous ses fonds et ressources économiques gelés par le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Economie et des finances (décret paru le 6 juin dernier). Par un autre décret, publié le 16 juin, c’est au tour de l’IESH de voir ses avoirs gelés pour une durée de 6 mois, suite aux perquisitions de décembre 2024. Ce gel concerne également Mohamed Karmous (un des fondateurs) et Saïd Bouhdifi (enseignant du Coran).
L’État semble aller encore plus loin puisque, selon l’IESH, un projet de dissolution est en cours. Dans un communiqué publié le 23 juin, il se défend de toute dérive, affirmant même être un rempart contre… l’extrémisme (les Frères musulmans ne manquent pas d’humour). L’institut annonce qu’en cas de procédure effective, il formulera un recours en référé.
Toutes les sources sont à retrouver dans ce même article publié sur mon site : https://www.naembestandji.fr/actualite/les-freres-musulmans-en-france-dans-la-tourmente-liesh-menace-de-dissolution
Naëm Bestandji