Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE !

Le Site de Demain le Grand Soir est issu de l’émission hebdomadaire sur "Radio Béton", qui fut par le passé d’informations et de débats libertaires. L’émission s’étant désormais autonomisée (inféodé à un attelage populiste UCL37 (tendance beaufs-misogynes-virilistes-alcooliques)/gilets jaunes/sociaux-démocrates ) et, malgré la demande des ancien-ne-s adhérent-es de l’association, a conservé et usurpé le nom DLGS durant de trop nombreux mois. Heureusement, le site continue son chemin libertaire... Finalement, au début 2023, l’équipe de l’émission a enfin pris la décision de changer de nom (et nage dans une confusion de plus en plus campiste). L’émission DLGS redémarre alors sur une autre radio (RFL101) à compter du 25 novembre 2025.

Le site a été attaqué et détruit par des pirates les 29 et 30 septembre 2014 au lendemain de la publication de l’avis de dissolution du groupe fasciste "Vox Populi".

Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les cœurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

Indonésie, pour le programme maximal !
Article mis en ligne le 31 octobre 2025
dernière modification le 28 octobre 2025

par siksatnam

Bien qu’ils s’inscrivent dans une longue vague de mobilisations urbaines de masse qui s’étendent sur plusieurs années, les violents soulèvements qui secouent aujourd’hui l’Indonésie ont débuté le 25 août, lorsque des étudiants et des travailleurs ont organisé des manifestations contre le projet d’augmentation des allocations logement des membres du Parlement, dont les salaires sont déjà dix fois supérieurs au salaire minimum national de la classe ouvrière indonésienne. Les allocations parlementaires ne sont que la dernière des attaques féroces du président indonésien Prabowo Subianto contre la classe ouvrière, soutenu par une militarisation rampante et guidé par le diktat de l’austérité néolibérale qui se traduit par une réduction de plusieurs milliards de roupies dans les dépenses consacrées à l’éducation, à la protection sociale et à la santé publique.

Depuis le jeudi 28 août, avec le meurtre d’Affan Kurniawan, un chauffeur de mototaxi de 21 ans écrasé par un véhicule militaire blindé de la police de Jakarta durant la répression du soulèvement, nous n’avons assisté qu’à une accélération de la propagation des manifestations dans toutes les îles et à une escalade de la violence et de la colère parmi les manifestants, avec le pillage et l’incendie des propriétés d’un certain nombre de politiciens, ainsi que d’une demi-douzaine de bureaux régionaux de la Chambre des représentants.

Sur le terrain, divers groupes et individus impliqués dans la lutte comptent parmi les anarchistes et les communistes, mêlant différents niveaux d’implication et d’organisation. Plusieurs groupes ont formulé des revendications, dont deux en particulier : celle de Perhimpunan Merderka (« Association pour la liberté ») visant à abolir le gouvernement unitaire au profit d’une démocratie directe par le biais de « conseils populaires », et celle de Perhimpunan Sosialis Revolusioner (« Association socialiste révolutionnaire ») appelant les travailleurs à mener la lutte dans les usines et les lieux de travail afin de former et de coordonner des comités de grève et des conseils ouvriers.

À la lumière des récents rapports faisant état de découragement, de désescalade et d’une tendance généralisée au retrait, Marxist Forum appelle nos camarades anarchistes et communistes indonésiens à promouvoir un programme maximaliste au sein des assemblées et des conseils de coordination. Cela implique l’organisation de milices d’autodéfense (un fusil pour chaque travailleur !), la réorganisation de la production en-dehors des capitalistes et en vue de son appropriation sociale ; cela implique aussi de soutenir les soulèvements et d’empêcher les travailleurs de retourner au travail, de coordonner les travailleurs des industries clés pour arrêter la production et les opérations, par exemple, dans les ports et le fret aérien, afin de paralyser l’économie nationale ; cela implique toujours la prise de contrôle des télécommunications et des datacenters afin de faciliter la circulation continue de l’information à l’intérieur et à l’extérieur du pays, etc.

Et cela implique surtout de RÉSISTER À TOUTE TENTATIVE DE NÉGOCIATION. Saboter les directions syndicales, expulser les intermédiaires et les négociateurs syndicaux, s’opposer aux pacificateurs qui souhaitent rétablir le statu quo, résister par tous les moyens nécessaires à la récupération des révoltes pour des intérêts politiques particuliers et par des groupes qui souhaitent limiter la colère de classe du prolétariat indonésien et le faire basculer vers un pacifisme libéral et la passivité. Sans prendre possession du mouvement et en luttant contre la tendance à rester à la traîne derrière le prolétariat en rébellion, la responsabilité des éléments les plus conscients et les mieux organisés des soulèvements consiste à pousser la classe à avancer partout où elle accuse du retard. Les anarchistes et les communistes ne doivent pas avoir peur de dépasser les limites du prolétariat, partout où il hésite à avancer, et de faire prendre conscience à la classe où elle va et ce qu’il faut faire pour y arriver !

La classe, tout en continuant à agir en tant que classe, se trouve désormais sur la scène politique. Pour généraliser les soulèvements en une insurrection totale, il est plus que jamais nécessaire d’imprégner les lieux de lutte d’une orientation communiste claire et d’aller au-delà de l’économique et du politique pour s’approprier directement et immédiatement le social. Camarades, le prolétariat indonésien est à l’aube de quelque chose qui pourrait être plus grand que nous tous. Pour franchir le pas, la classe doit être contrainte d’intervenir directement dans l’histoire et d’entamer la transformation communiste consciente de la société indonésienne.

PAR TOUS LES MOYENS NÉCESSAIRES ; IL NE PEUT Y AVOIR AUCUN COMPROMIS.

Panjang umur Revolusi !

[Vive la Révolution !]

Traduction française : Les Amis de la Guerre de Classe / The Friends of the Class War