Chers camarades révolutionnaires du monde entier, vous avez suivi les événements d’Al-Fashir et l’évolution de la situation sur les plateformes des groupes intéressés par la révolution au Soudan. Nous souhaitons vous faire part des informations suivantes.
Situation interne
Tout d’abord, en mémoire de nos camarades tombés au combat à Al-Fashir et à Khartoum, qui ont porté haut les couleurs du groupe : si nous rejetons catégoriquement le principe du port d’armes – car nous comprenons qu’armer l’un des belligérants ne sert que l’impérialisme et ses intérêts dans ce conflit –, nos camarades morts n’ont eu d’autre choix que de prendre les armes pour se défendre et défendre leurs familles. Ils n’appartenaient à aucune faction militaire avant la guerre, et lorsque Al-Fashir fut assiégée et attaquée par les Janjawid, ils n’eurent d’autre choix que de se défendre. Ils ont combattu aux côtés des Forces Populaires d’Autodéfense, qui ont continué le combat dans la ville même après le retrait du commandement de la 6e Division de l’armée. Le contact avec nos camarades a été rompu le 9 septembre 2025, mais nous avons appris de leurs familles, après leur fuite vers les camps de déplacés, qu’ils sont tombés en martyrs en se défendant. Ils ont défendu leur droit à la vie, à la liberté et à la dignité. Le moins que nous puissions faire pour ces camarades est de prendre soin de leurs familles, avec lesquelles le groupe reste en contact. Elles dorment à même le sol, brûlées par le soleil le jour et transies par un froid glacial la nuit ; elles souffrent de malnutrition sévère et de soins médicaux insuffisants. Nous faisons tout notre possible pour entrer en contact avec leurs familles et les soutenir en hommage aux disparus.
Le camarade « Kahraba » disait détester le Kalachnikov, mais il déteste encore plus voir sa liberté bafouée et sa dignité humiliée. Il est important de préciser qu’après la rupture de nos communications avec les camarades, ils ont été tués à différents moments, mais nous n’avons pas pu le savoir en raison du siège suffocant et du black-out des communications. Nous craignons des représailles des Janjawid contre leurs familles qui se trouvent encore dans les zones contrôlées par les Janjawid. Nous nous contenterons de citer leurs noms, qui resteront gravés dans nos cœurs et dans l’histoire du mouvement de libération.
Nous tenons à vous assurer que nos camarades restants au sein du groupe se trouvent dans des zones éloignées des affrontements armés, mais il reste encore des camarades au Soudan qui portent la voix du groupe à travers le monde. Il n’y a aucun endroit sûr au Soudan, pays au bord d’une guerre civile comme celle qui a ravagé le Rwanda. L’État et les Janjawid ont commencé à mobiliser des milliers d’hommes en vue de l’affrontement imminent. Si la guerre ne cesse pas, ce sera une catastrophe humanitaire où nous prévoyons la mort de millions d’innocents.
Ô camarades des voies de la libération, ô révolutionnaires du monde, la lutte directe contre le pouvoir a un prix exorbitant : nos vies et nos libertés. Vos camarades au Soudan ont choisi de ne pas se taire ; c’est la nature même des révolutionnaires. Nous voulons la paix et appelons à la paix et au rejet de la guerre. Pourtant, les manifestations les plus horribles de l’autorité raciste au Soudan, de la domination impériale et des rivalités internationales se manifestent. Un de nos camarades abonde en ces termes : « L’arme est l’idée, et l’idée est une arme » : soit vous pointez votre idée vers votre bourreau, soit vous mourez en la portant en vous. Ainsi, nous vivons libres ou nous mourons en révolutionnaires. C’est pourquoi nous vous demandons d’amplifier les campagnes de soutien à travers le monde : nos camarades ont un droit sur nous – leur défense d’Al-Fashir est une défense de tous les révolutionnaires. Après la chute d’Al-Fashir au Soudan, le pays est confronté soit à la division en deux dictatures militaires, soit à la guerre civile et à des rivières de sang.
Faites un don pour soutenir vos camarades au Soudan.
Gloire et éternité à nos révolutionnaires libres.
Secrétaire général du Groupe, Fawaz Murtada