60.000 festivaliers par jour dans un esprit de fête, de respect et de partage
Depuis ce jeudi 18 jusqu’au dimanche 21, se déroule la nouvelle édition du HELLFEST, référence mondiale, c’est le plus grand festival européen des « musiques extrêmes ».Il regroupe : heavy metal, hard rock, punk rock, punk hardcore, grindcore, stoner, thrash metal, death metal, glam metal, black metal.
La présence de musiciens marqués à l’extrême droite fait l’objet d’interrogations depuis plusieurs années. Pourtant, l’usage de « signes de ralliement par l’extrême droite et les mouvements néonazis » dans le milieu du métal reste à pondérer ne devant pas être pris au premier degré : « Un symbole n’a presque jamais une signification absolue. Il faut tenir compte de sa relativité en fonction du contexte. Le Hellfest accueille plein de nouveaux spectateurs, des gens qui veulent voir ce que c’est mais qui ne connaissent pas réellement les codes. Ils vont voir ces symboles, vont mal interpréter leur signification et vont trouver ça grave ». […]
Corentin Charbonnier, docteur en anthropologie, qui réalise un travail statistique sur ce festival depuis ses débuts, fait remarquer qu’« on a plein de groupes de métal qui affichent des symboles issus des cultures nordiques. Et une partie de ces symboles-là ont, effectivement, été appropriés par l’Allemagne nazie puis par des mouvements fascistes. Porter un symbole de Thor ou d’Odin ne fait pas forcément de la personne qui le porte un néonazi » et ajoute « il n’y a pas cette culture d’apologie du IIIe Reich. On n’est pas à l’abri d’avoir quelques personnes mais ce serait ultra-minoritaire. Si on en parle beaucoup c’est aussi parce qu’on a une cristallisation de la société avec un phénomène de dénonciation via les réseaux sociaux ». […]
Le festival clandestin « Black Metal Blitzkrieg » était censé se tenir à la rentrée près de Verdun (ville où a été donnée une messe à la gloire de Pétain) . Il mettait à l’affiche six groupes néonazis européens adeptes du Black Metal National-Socialiste (NSBM) affilié à des idéologies païennes, aryennes, antisémites, antichrétiennes et suprémacistes.
L’événement n’avait fait l’objet d’aucune publicité sur les réseaux sociaux. Seul un flyer, édité en langue anglaise avec une police de caractères gothique, circulait parmi des cercles restreints d’initiés.
Plusieurs centaines de spectateurs débarqués de plusieurs pays d’Europe étaient attendus, le territoire ciblé présente l’avantage géographique de se situer au carrefour de la France, de l’Allemagne et du Benelux.
Le groupe tête d’affiche, NORDGLANZ, originaire de Frankfurt am Main, est actif depuis un quart de siècle. Les Allemands se lamentent dans leurs morceaux de la défaite du Troisième Reich, estimant que celle-ci a engendré la « mort » de leur peuple. Ils affublent de honte les résistants antinazis de Weiße Rose (la rose blanche).
Comme leurs aînés contemporains d’Adolf Hitler, ces musiciens multiplient les références à la mythologie germanique, se réclamant du wotanisme, une croyance selon laquelle Wotan (la version en vieux haut allemand du dieu suprême Odin), serait chargé de faire naître une race aryenne pure. À ce propos, la date avancée du 20 septembre n’avait pas été choisie au hasard : elle correspond à l’équinoxe d’automne, rite païen visant notamment à honorer Odin.
L’autre tête d’affiche sont les finlandais de GOATMOON (voir vidéo jointe) qui appelle à « l’Holocauste total ». Extrait de son titre « Aryan Evil » : « Je ris dans la cour de la synagogue en flammes. Je sens l’odeur des juifs, la puanteur de la chair brûlée ».
L’examen des paroles de son leader fJaakko Lähde, alias « BlackGoat Gravedesecrator », sympathisant de l’organisation néonazie Mouvement de Résistance Nordique, montre qu’il n’existe aucune ambiguïté quant à ses intentions politiques terroristes.
Lors de ses concerts, le groupe n’hésite pas à déployer des drapeaux nazis et à entonner des « Sieg ! Heil ! » avec son public, extraits :
« Alors que je tranche la gorge des traîtres à ma race, l’honneur grandit en moi. Je suis celui qui amène l’Holocauste total. Bientôt, ce monde sera pur », exprime-t-il dans le morceau « Pure Blood ».
« À l’ombre de la croix gammée, avec fierté, nous détruirons tout ce qui est étranger à ce pays. Avec la puissance de nos mains blanches et la gloire hyperboréenne, nous tuerons les parasites un par un », scande-t-il dans « Death Before Dishonour ».
« Le temps des sympathies envers les nègres est révolu, notre légion marche avec force », chante-t-il dans « Finnish Steel Storm ».
« Églises incendiées, prêtres pendus. Ici, on guérit la maladie appelée christianisme », débite-t-il encore dans « Disease ».
NB : Suite à ce morceau, pour ne parler que de notre pays, bon nombres de chapelles, de fontaines et de calvaires bretons ont été détruits ou incendiés.
Autres invités du Festival : les italiens de Frangar, les suisses d’Eidkameraden, les français de Formoraich et les anglais de Sunwheel.
Le Festival 2025 ayant été reporté à 2026, l’affiche ne changera pas.
Chic !
Aece Aece