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Demain Le Grand Soir
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Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

Marche de la fierté : le face-à-face évité
Article mis en ligne le 29 janvier 2012
dernière modification le 31 janvier 2012

par siksatnam

Un article bien crade de la NR suivi d’un beaucoup plus correct du site "Du Trash et Des baisers !!!". A la fin, cerise sur le gâteau, la vidéo des fachos !


Ci-dessous l’article de la Nouvelle Répubique du 29 janvier 2012.

Tours. “ La marche pour la fierté tourangelle ” organisée hier soir s’est déroulée sans heurts. La police a contenu le défilé et les contre-manifestants.

L’association tourangelle d’extrême droite Vox Populi organisait hier soir une « marche de la fierté tourangelle » en centre-ville de Tours. Un défilé martial sur le thème de la préférence identitaire, avec tout le décorum et la mise en scène, un brin folkloriques, qui scandent les démonstrations du mouvement autonome : des jeunes gens et des moins jeunes en marche rangée, qui brandissent à bout de bras des oriflammes de la Touraine et des torches. Le tout au son du roulement de tambour.

En réaction à cette marche, des militants d’extrême gauche, mais aussi des étudiants, des représentants des mouvements gays et lesbiens avaient prévu une contre-manifestation. La confrontation était redoutée dans les rues du centre-ville, mais elle n’eut pas lieu. D’abord parce que les forces de police ont canalisé de bout en bout les deux défilés, et fait en sorte que le face-à-face n’ait pas lieu. Ensuite parce que les responsables de Vox Populi ont retardé leur défilé de près d’une heure, affichant ainsi une volonté manifeste d’éviter tout affrontement. Les « antifascistes » se dispersaient quartier Plumereau dans la froidure du soir, vers 20 h, au moment où sur le parvis de la cathédrale, les 90 membres de Vox Populi –- dont beaucoup de jeunes, notamment de jeunes filles – commençaient leur lente marche à pas cadencé vers la rue Nationale. Ce défilé s’arrêtait finalement rue Paul-Louis-Courier devant une plaque rappelant le passage à Tours de Jeanne d’Arc. Hormis quelques sifflets, ce défilé suscitait finalement surtout l’étonnement et la curiosité chez les passants.

repères

Vingt-cinq policiers, dont vingt en tenue anti-émeutes, et une dizaine de policiers municipaux étaient mobilisés hier soir pour, dans un premier temps canaliser la contre-manifestation des « antifascistes », puis, ensuite, encadrer le défilé des identitaires en évitant tout « contact » avec les passants aux intersections sensibles. Le secrétaire général de la préfecture, Christian Pouget, suivait sur le terrain - et à vélo ! – la progression des manifestants des deux côtés et l’intervention des forces de l’ordre.


Pascal Landré

(Photos NR, Patrice Deschamps)

Flambeaux et tambours dans le landernau tourangeau

Du trASh et DeS bAiSerS !!!

J’avais prévu un "no-comment" sur la soirée d’hier, un billet brut composé uniquement de photos. Mais il est difficile de ne rien dire, de ne pas réagir.

Encore une fois, le groupuscule d’extrême droite Vox Populi a pu battre le pavé de la cité tourangelle en toute impunité. Un défilé martial lourd en connotations, au son des tambours, des flambeaux et des drapeaux de la Touraine...

90 personnes manifestantes, nous dit la NR, mais combien sont de Tours ? L’an passé, Vox Populi avait invité des groupuscules fascistes de la région parisienne pour gonfler le nombre, cette année encore combien étaient-ils ? Tours ne doit pas devenir le lieu de rassemblement des fascistes de France (pardon apparemment on ne dit plus ça, la mode est de dire identitaires).

Alors certes on peut me dire que tout est légal et donc qu’il n’y a aucune raison de leur interdire leur rassemblement. Certes, ils ne sont qu’un groupuscule auquel il ne faut pas prêter plus d’influence qu’ils en ont. Certes, les contre-rassemblements antifascistes légitiment quelque-part leur présence et porte l’attention sur leur mouvance. Cependant, même en sachant tout ça et en n’étant pas naïf sur les évènements, cette histoire est choquante en plusieurs points :

Un traitement médiatique à revoir : Choquant est le traitement de l’info par la NR, qui fait preuve d’une triste complaisance. J’aimerai pourtant que le quotidien local aille au charbon, s’interroge sur les dessous de cette mouvance extrémiste, aille interroger les services préfectoraux qui autorisent ces rassemblements, interroger les politiques de tous bords qui ne pipent jamais mot sur cette présence néo-fasciste dans notre ville... Bref j’aimerai que la NR fasse son boulot d’enquête et d’informations...

Des perturbations en toute impunité : Choquant de voir que depuis des mois et en toute impunité, les militants de Vox Populi peuvent venir perturber tranquillement les rassemblements de RESF, les cercles de Silence, la Gay-Pride (menaçant même sa tenue) et j’en passe...

Deux poids, deux mesures ? : Choquant de voir qu’à l’inverse, hier soir pour la contre-manifestation anti-fasciste, qui se voulait pacifiste et bon enfant, sur un ton "carnavalier", et qui avait pour but d’alerter la population sur la tenue du défilé de l’extrême-droite, les services préfectoraux ont sorti l’artillerie lourde.

Les photos de la soirée :

Le rassemblement "antifasciste" :

crédit photo : Du trASh et DeS bAiSerS !!! et Henry X. HOFBAUER

Pour finir, je vous laisse avec ce texte de Jack Vivier déniché par Gaël, qui nous parle de Tours dans les années 30. Rien à changer ou si peu...

"Cette image d’une Touraine assoupie ne nous surprend pas ; la Touraine pansait ses plaies, soignait ses blessures, se relevait lentement et difficilement de l’hémorragie sanglante de la grande guerre, spoliatrice en vies humaines, énergies et cerveaux.

Tours était administrée par un maire socialiste qui, le temps s’écoulant, avait perdu la fougue de sa jeunesse et devenait peu à peu le quarante-huitard barbu, comme l’a décrit du Moulin de La Barthète dans Le Temps des illusions.

Homme calme et serein, il avait porte ouverte pour tous ceux qui venaient vers lui ; ses moeurs étaient simples : il aimait cultiver son jardin et ne dédaignait pas la pêche à la ligne.

Le Bourgueillois était une terre radicale, à la convivialité toujours très grande et aussi très vivante ; la région d’Amboise était dirigée par un radicalisme plus agissant et plus performant. Loches et ses alentours étaient républicains, à note plus conservatrice. Quant au Chinonais, pétri d’histoire, il était resté le pays touristique par excellence, au prestigieux château, là où bonne humeur et gaieté avaient trouvé demeure. On y cultivait la vigne, le ciel était clément, on y vivait un bonheur simple dans la paix.

Ce pays de Touraine ne connaissait pas la pauvreté, bien qu’il n’y eût que peu ou pas d’industries et qu’il fût essentiellement à vocation agricole.

Bien vivre et vivre bien, c’est ce à quoi aspiraient Tourangeaux et Tourangelles - comme l’avait d’ailleurs noté si justement Henry James en 1882.

Cette philosophie première du vécu quotidien était celle que pratiquaient les paysans et citadins de ce terroir.

Remous politiques, scandales financiers ne les troublaient guère ; les luttes électorales enflammaient les esprits, mais ce n’étaient que feux de paille temporaires et très vite le calme renaissait.

En 1934-1935, les partis de droite s’étaient beaucoup agités : défilés des francistes de Marcel Bucard portant la chemise bleue, Croix-de-Feu du colonel de La Rocque, Jeunesses patriotiques de Taittinger, Camelots du Roi...

La gauche, elle aussi, avait connu ses rassemblements, et quelques manifestations tourangelles s’étaient déroulées.

Un comité de vigilance d’intellectuels antifascistes avait vu le jour, où siégeaient Léopold Sedar Senghor et Daniel Decourdemanche, professeurs au lycée Descartes.

Ce n’étaient de part et d’autre que des vagues sans lendemain, balayant quelques jours une Touraine calme et alanguie."

Quand on pense, qu’une fois fait le sale boulot, tous ces con(ne)s finiront à l’UMP !