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Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE, NI CHARLIE !

Le Site de Demain le Grand Soir est issu de l’émission hebdomadaire sur "Radio Béton", qui fut par le passé d’informations et de débats libertaires. L’émission s’étant désormais autonomisée (inféodé à un attelage populiste UCL37 (tendance beauf-misogyne-alcoolique)/gilets jaunes) et, malgré la demande des anciens adhérent-es de l’association, a conservé et usurpé le nom DLGS. Heureusement, le site continue son chemin libertaire...

Le site a été attaqué et détruit par des pirates les 29 et 30 septembre 2014 au lendemain de la publication de l’avis de dissolution du groupe fasciste "Vox Populi".

Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les coeurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

BERNARD, 10 ANS PLUS TARD
Article mis en ligne le 13 novembre 2020
dernière modification le 12 novembre 2020

par Le Plombier

En 2010, sortait en salle le film documentaire Bernard, ni dieu ni chaussettes, qui dressait le portrait de Bernard Gainier, un des derniers diseux en patois beauceron des textes du poète Gaston Couté. Mais quelques années plus tard, aux salles de cinéma succédèrent les salles d’hôpital. Ce gardien de la mémoire paysanne perdait la sienne. L’histoire aurait pu s’arrêter là… Mais c’est sans compter sur les mystères du cerveau et son désir inébranlable de liberté, le ciel peut attendre !

En 2007, quand j’ai demandé à Bernard Gainier si je pouvais le filmer dans son quotidien il m’a rétorqué que j’avais vraiment du temps à perdre, ça tombait bien c’est ce que je cherchais à filmer justement… le temps perdu. « Pourquoi filmer un pésan com’moué ? » me demandait-il souvent, quand il ne m’envoyait pas bouler avec ma caméra. Je me suis armé de patience, le tournage a duré trois ans.

C’est à la sortie du film au cinéma en 2010 qu’il a commencé à comprendre mon obstination… Il était « en haut de l’affiche » et les réactions du public furent tout de suite chaleureuses et enthousiastes. Bernard devenait un héros de cinéma. S’il n’a que faire des honneurs, l’homme est tout de même fier de cette reconnaissance tardive. Lui, le gardien d’une mémoire paysanne, le passeur d’une poésie populaire, et d’une langue, le patois beauceron, qui disparaitra avec ceux de sa génération. Bernard est un « diseux » resté fidèle à une tradition libertaire et humaniste qui a marqué sa ville de Meung-sur-Loire. Rabelais y écrivit son Pantagruel, François Villon fut jeté dans les geôles de son château, et c’est là que grandit le poète Gaston Coûté, « Le Rimbaud de la Beauce » qui connut son heure de gloire dans le Montmartre de la Belle Époque.