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Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE, NI CHARLIE !

Le Site de Demain le Grand Soir est issu de l’émission hebdomadaire sur "Radio Béton", qui fut par le passé d’informations et de débats libertaires. L’émission s’étant désormais autonomisée (inféodé à un attelage populiste UCL37 (tendance beaufs-misogynes-virilistes-alcooliques)/gilets jaunes/sociaux-démocrates ) et, malgré la demande des anciens adhérent-es de l’association, a conservé et usurpé le nom DLGS. Heureusement, le site continue son chemin libertaire...

Le site a été attaqué et détruit par des pirates les 29 et 30 septembre 2014 au lendemain de la publication de l’avis de dissolution du groupe fasciste "Vox Populi".

Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les coeurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

La Clef : perdue ?... pas encore…
Article mis en ligne le 15 février 2021
dernière modification le 16 février 2021

par siksatnam

Depuis les années 70, un temple du cinéma d’art et d’essai survit envers et contre tous, au cœur du quartier latin à Paris. Il est aujourd’hui menacé de disparition.

Pour mieux comprendre, revenons sur quelques dates : 1981, le cinéma est revendu au Comité d’Entreprise de la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France et le lieu passe alors de 3 à 2 salles, 1990, deux associations se succèdent et font de la Clef, le cinéma historique parisien, où sont programmés des films venus d’Afrique, d’Amérique du Sud et du monde arabe. En avril 2018, le propriétaire veut vendre le bâtiment, deux anciens salariés tentent de le racheter en vain et c’est la fermeture officielle.

Prix libre et autogestion

Heureusement, en septembre 2019, un collectif de réalisateurs, d’activistes, membres de diverses associations, de cinéphiles décident d’occuper La Clef. C’est la naissance de la Clef Revival et de l’association Home Cinéma. Des séances à prix libre, une par jour, accompagnées de débats et des films expérimentaux, ou bien des documentaires militants se succèdent dans une organisation horizontale. La programmation est très différente des autres cinémas d’art et d’essai et attire de plus en plus de spectateurs.

Géant de l’entreprenariat dit « social et solidaire »

En août 2019, le Groupe SOS (organisation française spécialisée dans l’entrepreneuriat social) signe, une promesse de vente avec le comité social et économique de la Caisse d’Epargne Ile-de-France (CSECEIDF) qui possède les murs du bâtiment. Le groupe, dirigé par Jean Marc Borello, un proche d’Emmanuel Macron, l’un des fondateurs de la République En Marche. Un ombre plane sur l’avenir de La Clef.

Préemption espérée

Le collectif pensait être soutenu par la mairie de Paris et la mairie du 5ème …Mais en période d’élections municipales, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ! Et pour contrer le mastodonte, le collectif demande à nouveau une préemption par la mairie de Paris, là, le désengagement des pouvoirs publics est flagrant. Le vœu déposé dans ce sens par les écologistes, les communistes et les élus du groupe Génération n’est pas défendu par l’exécutif parisien.

Tout les oppose

D’un côté donc, un lieu « auto-géré », de l’autre un groupe comptabilisant 21 000 salariés qui n’a de solidaire que le nom, une entreprise qui pèse plus d’un milliard de chiffre d’affaire et a le culot de dire qu’ils ne comprennent pas pourquoi La Clef Revival et eux sont en opposition. Ils s’engagent, même « par écrit » à maintenir la programmation du collectif. On devine facilement ce que le lieu deviendrait dans les mains de ce groupe en allant sur le site http://communeimage.com/. De l’événementiel, du co-working, une start-up de la culture, ouverte aux entreprises les après-midi, pour rentabiliser une culture que personne ne veut rentable. Fini le cinéma associatif. Après le greenbashing, vive le squatbashing !!!

Une occupation politique et non un squat d’habitation.

Pour revenir à la chronologie, il reste quelques dates importantes, celle du jugement du tribunal confirmant l’expulsion le 19 décembre 2019 et des fins de semaine joyeuses de mars 2020 à mai ; durant le premier confinement, le bastion de résistance propose chaque vendredi soir, des projections sur le mur au-dessus du cinéma., Un printemps tâché par le 8 mai, quand six membres actifs de l’association sont condamnés à une astreinte journalière de 350 euros et une amende de 4 000 pour occupation illégale. Expulsion pas expulsion, le combat s’intensifie et chaque nuit 3 membres au minimum dorment dans le local.

Un délai supplémentaire et une amende effacée.

Le procès en appel est jugé le 21 septembre, le délibéré tombe le 28 octobre, un délai de 6 mois est accordé et l’amende effacée. L’idée trotte de plus en plus : la Clef doit devenir un bien commun pour préserver son indépendance sa liberté. Un crowfunding, un financement participatif est ouvert sur Helloasso.Quatre mois plus tard, la cagnotte comptabilise plus de 70 000 euros.

Un cinéma libre et citoyen

Le collectif continue de travailler sur un projet de reprise du cinéma dans le cas où la Mairie de Paris tiendrait sa promesse de racheter le bâtiment. Pour sortir le bâtiment de la spéculation immobilière, il faudrait 4,3 millions : 100 000 euros avec la cagnotte, 2 millions du mécénat, un emprunt d’un million (avec les 300 000 euros de subventions, la rénovation du lieu serait effectuée). La ville de Paris a jusqu’au 19 février pour préempter sinon SOS sera propriétaire de la Clef.

MT