Bandeau
Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE, NI CHARLIE !

Le Site de Demain le Grand Soir est issu de l’émission hebdomadaire sur "Radio Béton", qui fut par le passé d’informations et de débats libertaires. L’émission s’étant désormais autonomisée (inféodé à un attelage populiste UCL37 (tendance beauf-misogyne-alcoolique)/gilets jaunes) le site continue sa route.

Le site a été attaqué et détruit par des pirates les 29 et 30 septembre 2014 au lendemain de la publication de l’avis de dissolution du groupe fasciste "Vox Populi".

Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les coeurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

L’extrême droite en rangs serrés derrière Zemmour
Article mis en ligne le 10 novembre 2021
dernière modification le 30 octobre 2021

par Le Plombier

Des dizaines d’articles ont été publiés sur Eric Zemmour : Zemmour par-ci, Zemmour par-là… Cette surenchère d’informations fait qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. On vous propose, modestement, un petit bilan de l’attitude des mouvements nationalistes à l’égard du polémiste raciste, ainsi qu’un exemple local pour illustrer la façon dont les ralliements se font tout azimut, rassemblant les ennemis d’hier.

Il est connu que les amis d’Eric Zemmour se trouvent avant tout au sein du camp réactionnaire qui lui est acquis : ceux issus ou gravitant autour de la Manif pour Tous comme Sens commun, les conservateurs chrétiens comme Jean-Frédéric Poisson et son mouvement Via, ceux qui sont sur une ligne plus identitaire comme Marion Maréchal ou les animateurs de la revue L’Incorrect, et plus largement l’ensemble des médias conservateurs, de Valeurs actuelles à Causeur (bien que certains d’entre eux se démarquent, comme la revue Limite qui reproche au polémiste des positions ultralibérales et trop sécuritaires).

Autre soutien ouvert : tous ceux qui œuvrent à l’union des droites, ou à l’émergence politique de ce qu’ils appellent « la droite hors les murs ». Si Zemmour avait décliné l’invitation de Robert Ménard aux rendez-vous de Béziers pour le lancement du mouvement mort-né « Oz ta droite » en 2016, il est bien présent, trois ans plus tard, à la « convention de la droite » aux côtés de Marion Maréchal, pour discuter de de « l’alternative au progressisme » et parler « d’islam, de fiscalité, d’identité, d’immigration. »

Et les autres ?

À l’exception des plus antisémites (Civitas, Égalité & Réconciliation, les Nationalistes… au sein desquels il y en a quand même qui hésitent !), la plupart des mouvements et personnalités d’extrême droite, à l’exception évidemment des principaux dirigeants du RN de plus en plus isolés, affichent clairement leur soutien, parfois de longue date.

Cela étant, le principal intéressé ne souhaite pas forcément être accompagné de ces boulets : il préfère s’imaginer en leader d’une droite décomplexée, avec comme référence le RPR des années 1980. Et c’est vrai qu’il faut bien reconnaitre que ce n’est pas tant Zemmour qui tente de rassembler l’extrême droite autour de lui, que l’extrême droite qui tente de se rassembler autour de Zemmour, comme elle l’a fait, faute de mieux, autour de Marine Le Pen dans la perspective des présidentielles de 2017.

La rapidité avec laquelle certains à l’extrême droite, et par forcément ceux qu’on attendait, ont sauté sur l’occasion de se démarquer de Marine Le Pen, qui s’est fâché avec à peu près tout le monde, est assez stupéfiante. Même le quotidien national-catholique Présent, qui, envers et contre tout, était jusque-là resté fidèle à Marine Le Pen, commence à faire les yeux doux à Zemmour. Seul Alain Sanders, un chroniqueur régulier du quotidien, parle du « coucou Zemmour » dans le camp nationaliste, et considère Marine Le Pen comme « la candidate naturelle d’une droite populaire et de conviction », sans compter que l’admiration du polémiste pour De Gaulle a aussi du mal à passer.

Il est probable, d’ailleurs, que certains nostalgiques de l’Algérie française, une composante à ne pas négliger de l’extrême droite française, lui reprochent aussi son admiration pour De Gaulle : mais ses récentes déclarations sur CNews à propos de l’Algérie (« il n’y avait pas de nation algérienne avant la colonisation, c’est la France qui a fait l’Algérie ») pourraient très bien les faire changer d’avis.

Des soutiens de la première heure, mais gênants

Si Zemmour donne parfois l’impression d’avoir parmi ses soutiens de nouvelles têtes (cf. les animateurs de Génération Zemmour), du côté de l’extrême droite qui le précède, ces têtes sont plutôt bien connues, comme le montrent les quelques exemples ci-dessous.

En novembre 2018, c’est l’Action française qui invite au Cercle de Flore l’auteur du "Destin français" à venir parler de son livre. Ce dernier, en octobre 2019 sur CNews, lui rendra la politesse en niant avec la plus parfaite mauvaise foi l’antisémitisme de Maurras et de l’AF.

Plus récemment, en novembre 2019, Riposte laïque et le Parti de la France appelaient à un rassemblement de soutien à Zemmour, qui a finalement été annulé à la demande de… Zemmour lui-même. Le polémiste leur a ainsi évité une nouvelle fois de se ridiculiser en réunissant à peine une quinzaine de personnes, ce qui est probablement la raison pour laquelle Riposte laïque et le PDF ne lui en garde pas rancune.

La Nouvelle Droite n’est pas en reste : elle voit en Zemmour celui qui est à même de porter la « guerre culturelle » qu’elle mène contre « l’idéologie dominante » qui serait celle des droits de l’homme et de l’antiracisme, surtout depuis que le polémiste s’affirme plus chaque fois plus franchement de droite. Deux anciens du GRECE ne s’y sont pas trompés, et font désormais la promo de Zemmour sur leur plateforme respective : il s’agit de Jean-Yves Le Gallou et sa fondation Polémia et de Philippe Millau et sa webTV TV Libertés, ce dernier organisant même un réseau de soutien au non-candidat en Bretagne et Pays de la Loire

Au début de l’année, lorsque des comités Zemmour ont commencé à se monter, le tout était chapeauté par le famille Bompard, de la Ligue du Sud, en particulier le fils, qui ont fait pour les régionales de juin une liste "Zou" (avec un Z comme Zemmour) avec comme tête de liste en PACA Valérie Laupiès, dont nous vous avions déjà parlé à propos de son soutien à… Civitas.

Mais il est souvent intéressant de voir que c’est plutôt en général dans le mélange des genres que les soutiens à Zemmour se retrouvent plus volontiers. Ainsi, en Picardie, un certain nombre d’élus du Rassemblement national sont sur les starting-blocks pour envisager une campagne présidentielle derrière Zemmour, en collaboration avec leurs ennemis d’hier des Républicains ou du groupuscule Parti de la France, même si ils avaient toujours gardé de bonnes relations.

Dans l’Aisne, un département où le RN avait une base militante et où il faisait de très gros scores électoraux, certains conseillers municipaux ont quitté le navire d’après un journal local . On y apprend que la conseillère municipale RN de Saint-Quentin Sylvie Saillard et le conseiller municipal Romain Dumand (de Gauchy, une petite ville près de
Saint-Quentin) ont déjà fait leur choix pour Zemmour.

Les deux conseillers municipaux de Soissons ou l’ancienne conseillère régionale et conseillère municipale de Château-Thierry Mireille Chevet, fille du caricaturiste d’extrême droite Pinatel, sont quant à eux plus hésitants pour afficher tout de suite leur soutien.

Le "référent régional" d’Eric Zemmour serait Nicolas Millet, un ancien responsable du Front national de la jeunesse de l’Aisne, originaire de Villers Cotterêts la ville dirigée par le RN Franck Briffaut, qui depuis a rejoint Jean Messiha et son Institut Apollon pour en devenir trésorier. On vous avait parlé de Millet, qui s’était illustré au lendemain des attentats de novembre 2015 en publiant des photos d’armes à feu accompagnées de commentaires comme "aux armes patriotes bordel de merde". La dernière provocation de Zemmour à Milipol dû particulièrement l’exciter…

D’autres soutiens à Zemmour se précisent dans cette région, même si les
Républicains sont pour l’instant discret, Xavier Bertrand étant le président de cette région. Ainsi, dans la Somme, des militants comme Xavier Jésu est partant déjà pour Zemmour. Il était passé par le SIEL et a été candidat Rassemblement Bleu Marine, et on l’avait aperçu lors d’un rassemblement anti-migrants avec Thomas Joly et l’éphémère Pegida France.

Toujours dans la Somme, Patricia Wybo, plusieurs fois candidate du RN dans ce département, ancienne conseillère départementale et présidente du groupe RN dans le département, est elle aussi un fan du polémiste islamophobe.

Le président des "Amis d’Eric Zemmour" de la Somme, François Miramont, est, quant à lui, ancien adhérent de Debout la France… Et comme si ça ne suffisait pas, entre les anciens RN et LR, on retrouve dans cette région le Parti de la France et leur président Thomas Joly, qui affiche un soutien visible à Eric Zemmour.

La campagne présidentielle de Zemmour, si elle se concrétise, sera pour tout ce petit monde l’occasion de grandes retrouvailles !

La Horde