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Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE, NI CHARLIE !

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" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les coeurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

La dialectique de la guérilla – Abraham Guillen
Article mis en ligne le 7 mai 2022
dernière modification le 29 avril 2022

par siksatnam

Le mot “Résistance” revient à la mode, souvent mal employé. De comparaisons farfelues à la Résistance française ( le maquis par exemple) sur des sujets sans liens où, du moins comparaison à la va-vite. A l’utilisation de ce mot en vue d’un futur fascisant possible où, effectivement le mot retrouverait son sens. Ce mot soulève beaucoup de questions. Mais il contient avant tout une notion stratégique.

Tout personnage, livre, moment historique lié à la “stratégie” à la “tactique”, peut faire débat, peut être intellectuellement enrichissant, à condition de le penser avec éthique et notions sociales et “politiques” qui sont les nôtres.

La notion de “maquis” en France est assez proche de celle de guérilla dans les pays hispanophones. Il est donc normal de voir ressurgir de ci de là “le manuel de guérillero urbain” de Marighella. Mais il n’y a pas que lui, dans le même registre d’idée il y a sûrement des choses à “prendre” chez Hannibal Barca, Jomini, les Tupamaros, chez les stratèges chinois ou japonais, Clausewitz ou l’art de la guerre de Machiavel.

Le souci avec Marighella c’est bien que dès le départ il nous fait part d’une grande idée, c’est les fondements idéologiques, et ici malheureusement le doctrinaire est présent, il nous ressort la vieille tambouille idéologique marxiste avec les dérives dictatoriales qu’elles entraînent. Puis la suite est avant tout tactique et ici, cette partie à fait ses preuves et mériterait discussion vis à vis de l’éthique du lecteur(rice).

Ce qui est dommage c’est que sur cette question le mouvement anarchiste qui plus est s’oppose à la militarisation généralisée n’est pas sans réponse.
Des amis du Café Anarchiste ont, devant cette lacune entrepris la traduction de “la dialectique de la guérilla” de Abraham Guillen.
Il y a dans ce texte des parties datées ou discutables, mais il reste les grandes lignes qui sont intéressantes.

Abraham Guillen : (13 mars 1913 – 1er août 1993), était un écrivain, économiste et éducateur espagnol. Il était un vétéran de la guerre civile espagnole, influencé par l’ anarchisme[1] . il fut l’un des écrivains révolutionnaires les plus prolifiques d’Amérique latine dans les années 1960.

LES CATÉGORIES DE L’ART MILITAIRE

Une armée est composée de parties qui forment un tout. Certaines de ces parties peuvent être détruites au cours de certaines campagnes, mais si vous savez comment faire la guerre de manière stratégique, l’armée ne sera jamais isolée pour être anéantie.

La philosophie de la guerre conseille de ne jamais entrer dans une bataille problématique : il faut mener une bataille décisive lorsque l’on est sûr de la victoire, grâce à des connaissances stratégiques.

Une insurrection armée contre l’État bourgeois ne doit pas se déchaîner si les conditions révolutionnaires objectives et subjectives ne sont pas en place ; c’est-à-dire si la logique des faits et des lois historiques n’opère pas encore en faveur du mouvement révolutionnaire.

Si une armée révolutionnaire n’est pas puissante, sa stratégie consiste à mener des opérations offensives et défensives qui fournissent, au quotidien, ses propres petites victoires et des défaites à l’ennemi. Cette stratégie doit être pratiquée jusqu’à ce que la corrélation des forces en présence soit favorable à l’Armée populaire de libération. Lors de la première phase de la guerre révolutionnaire, il faut éviter d’être la cible des armes lourdes ennemies : il n’est pas nécessaire de rester un objectif militaire, collé au sol. Contre la tactique de l’ennemi, qui veut anéantir les guérilleros, en une seule bataille, nous devons recourir à la stratégie du combat dans de nombreuses petites batailles, que l’ennemi doit perdre jusqu’à ce qu’il soit fatigué et démoralisé.

N’obtenez pas de succès tactiques qui constituent, à long terme, des défaites stratégiques. Par exemple, l’opération Teruel – déclenchée par les républicains contre les franquistes en 1938 – fut, au départ, un triomphe tactique ; mais, plus tard, elle devint une défaite stratégique de grande importance, puisque les franquistes, dans leur contre-offensive, coupèrent le territoire républicain sur deux fronts : le Centre-Sud et la Catalogne-Aragon. Dans une guerre politique, tout n’est pas décidé par les armes, à la manière des offensives systématiques des pays impérialistes.

Les troupes et le matériel dépensé par les républicains espagnols dans l’offensive de Teruel et dans la bataille de l’Ebre, les ont laissés épuisés et, par conséquent, à la merci de l’ennemi, qui a ainsi pu gagner la dernière bataille, en raison de l’épuisement de l’adversaire. L’erreur stratégique de ces deux opérations est que les républicains ne doivent pas hâter la fin de la guerre en la décidant par les armes ; Il était important, de gagner du temps, jusqu’à ce que l’Europe ait à entrer dans la deuxième guerre générale, pour que les républicains soient en leur faveur avec la contradiction entre démocraties et pays totalitaires, qui éclate en 1939.

Pour gagner du temps, en Espagne, la stratégie a imposé la doctrine de l’économie des forces, passant même, si nécessaire, par la création d’un front discontinu de grandes et petites unités de guérilla. En ce sens, la guerre ne peut être gagnée que lorsque les conditions internes et externes, qui lui sont inhérentes, mûrissent : aspects économiques, diplomatiques, sociaux et politiques contraires au triomphe de l’adversaire et favorables à sa propre cause.

Entre les nations de grande puissance industrielle, la stratégie de l’offensive soutenue ou « blitzkrieg » [1], basée sur de grandes batailles, convient ; Entre une nation sous-développée et une nation industrialisée, la guerre a une stratégie différente que celle entre pays impérialistes.

Un pays faible, combattant un pays fort, doit mener une guerre de manœuvre, avec des armes et des unités ligués avec une grande puissance de feu et une grande mobilité. Les offensives de guérilla doivent être menées après que le service d’information, dans le champ ennemi, indique, avec une rigoureuse précision, les zones vulnérables, isolées et dispersées de l’adversaire. En principe, il est nécessaire d’agir contre des troupes équipées d’artillerie antichar pour saisir ces armes et les utiliser ensuite, à son avantage, contre l’ennemi ; Eh bien, compter sur des “bazookas”, avec des mines en plastique antichar et avec de l’artillerie sur une armée mécanisée, comme l’armée nord-américaine. La guerre de Corée et du Vietnam est un bon test de cette tactique qui nous permet de lutter avantageusement contre un ennemi plus puissant que notre propre armée en matériel de guerre ; mais cela dans sa propre lourdeur l’empêche de se déplacer agilement sur tous les terrains.

Pour manœuvrer sur le terrain, les propres troupes doivent marcher avec une ligue sans entrave, tandis que l’ennemi (comme c’est le cas des Yankees), est paralysé par ses lourds problèmes logistiques. Lorsqu’on opère contre une armée lourde, l’obtention d’une seule victoire résout, pendant un certain temps, les approvisionnements en nourriture, en armes et en munitions obtenus sous forme de butin. En ce sens, l’administration de l’industrie de guerre et de guérilla ont, en principe, un ennemi. Cette vérité conditionne les succès des premières opérations de guérilla : l’oublier, c’est créer des contradictions économiques et stratégiques insolubles, logistiquement, dans son propre camp.

Dans une bonne stratégie, il est nécessaire de résoudre les aspects particuliers des différents fronts, en ayant une vue d’ensemble des opérations. La vraie guérilla doit manger peu et marcher beaucoup ; économiser les munitions et la nourriture ; apprivoiser la faim, comme la meilleure arme secrète contre un ennemi puissant.

PRINCIPES DE LA GUERRE SUBVERSIVE

La résolution des problèmes stratégiques et tactiques – qui sont présentés dans une campagne de libération anti-impérialiste – nécessite, en bref, de prendre en compte ces principes de guerre révolutionnaire :

Opposer l’esprit d’aventure tendant à mener des opérations offensives non préméditées, à l’étatisation et à la passivité sur toutes les lignes des fronts : cela conduit à la défaite.

Abandonner la stratégie de décision rapide de la guerre, en vous opposant aux longues batailles ; recommander à l’état-major la pratique d’une guerre prolongée, au cours de laquelle il doit y avoir de nombreuses batailles courtes avec des décisions rapides.

Pratiquer une guerre de fronts mobiles : jamais de position ou sur des fronts stables et continus, en particulier pendant les première et deuxième phase de la guerre révolutionnaire.
Ne pas s’engager dans une double stratégie avec des attaques dans deux directions, mais une action et une direction.

Centraliser la décision stratégique dans l’état-major général, en laissant une grande autonomie au commandement des petites et grandes unités, afin qu’elles s’adaptent, à tout moment, à la situation tactique la plus propice à l’économie de leurs forces.

La guérilla doit être un moyen permanent de propagande et d’organisation politique, dans les régions où elle se produit. Elle doit aider les paysans, les ouvriers et les patriotes à punir sans relâche les manifestations militaristes despotiques de leurs propres rangs.

Les guérilleros doivent punir leur propre banditisme et celui des autres : pratiquer une discipline militaire stricte et nécessaire, sans que cela conduise à ériger des commandants qui deviennent des chefs de guerre.

Les guérilleros doivent être démocratiques et montrer l’exemple pour gagner en prestige et en population.

Les cadres de la guérilla doivent être flexibles : préparés politiquement ; peu sectaire ; dialecticiens sagaces, en politique de guerre.

L’organisation qui dirige un mouvement de libération doit trouver des alliés dans les classes sociales progressistes ; l’usage et l’abus de la terreur ne gagnent pas mais perdent de la population.

La guérilla doit progresser, jour après jour, en augmentant toujours sa force ; corrige tes erreurs ; récoltez toujours de nouvelles leçons ; leurs cadres militaires doivent s’efforcer de sortir de leur niveau primitif, passant sans cesse à un niveau tactique et stratégique supérieur pour arriver à une compréhension rationnelle de la politique de la guerre, de la dialectique de la guerre.

En temps de guerre, il faut toujours tenir compte de l’interaction entre ses propres forces et celles de l’ennemi ; entre les opérations et les campagnes ; entre le repos et l’attaque (concentration, dispersion, attaque, défense, avance, retraite, attaque principale et attaque de dispersion, etc.). La guerre doit être menée en coordonnant des opérations qui couvrent tout (armée régulière) et des opérations décentralisées (armée de guérilla, opérant dans la zone ennemie) ; la guerre de position et la guerre de mouvement doivent être synchronisées ; décision rapide et divertissement ; l’action doit être harmonisée entre les grandes et les petites unités ; entre les cadres de commandement et les troupes ; entre les régions propres et ennemies ; entre des zones qui appartenaient et qui ne le sont plus, ou entre des régions frontalières et maritimes avec l’intérieur ; les régions chaudes et froides doivent être utilisées militairement – en temps voulu : dans la lutte contre l’ennemi : puisqu’il s’agit d’une guerre politico-militaire, c’est essentiel pour remporter la victoire ; Il est nécessaire d’étudier les tâches effectuées dialectiquement de manière ordonnée, afin de ne pas prendre de l’avance ou de prendre du retard dans la réalisation des objectifs principaux et secondaires dans un combat ou une bataille.

CATÉGORIES STRATÉGIQUES

Les catégories de la pensée stratégique sont, entre autres, les suivantes : temps, espace, feu, mouvement, nombre, surprise, économie de forces, liberté de mouvement, information objective, etc.

Savoir combiner ces catégories, que ce soit en combat offensif ou défensif, réside dans l’art de la guerre, le secret de la victoire.

Epaminondas, Alexandre le Grand, Pyrrhus, Hannibal, César, Frédéric II d’Allemagne, Napoléon et d’autres grands capitaines ont su, par intuition ou par intellection, harmoniser opérationnellement les catégories de la pensée stratégique.

Dans la guerre révolutionnaire, plus que dans les guerres nationales ou impérialistes, il existe une autre catégorie essentielle : la population. Eh bien, toute action révolutionnaire qui ne conduit pas à un gain de population pourrait être un succès tactique ; mais, en fin de compte, cela se traduira par un échec stratégique, sans population favorable.

L’usage rationnel de la pensée stratégique implique que les catégories de guerre doivent être connues, en tant que théorie de la connaissance polémique, au niveau des cadres supérieurs, intermédiaires et politiques, tant pour la conduite d’une guerre nationale que pour une révolution sociale. La polémologie (science de la guerre) et la praxiologie (méthode d’action), donnent aux politiques et aux militaires (qui ne peuvent pas aller séparément, mais ensemble dans la guerre révolutionnaire), un large champ visuel de la guerre, ses principes et sa caractérisation. En ce sens, nous dirions que les révolutions (bien que presque toutes soient spontanées) ne triomphent que lorsqu’elles ont des cadres politiques et stratégiques, capables de les conduire à la victoire militaire, d’abord ; à la victoire politique, économique et sociale, plus tard. Une révolution, dans laquelle tous ses facteurs objectifs et subjectifs sont spontanés, est, en général, vaincue, comme les soulèvements désorganisés et stratégiques des paysans et des ouvriers, qui se sont produits dans l’histoire universelle.

La gestion flexible et rationnelle, pratique et intellectuelle que les catégories de réflexion stratégique indiquent, par exemple, que lorsque vous n’êtes pas fort en puissance de feu, en nombre de soldats et en armes lourdes, vous devez donner de l’espace, gagner de la population et des guérillas basées sur le temps, pour que les facteurs secondaires (moraux, politiques, etc.) gagnent la guerre à la table des négociations diplomatiques ou politiques. En ce qui concerne le facteur temps, en tant que catégorie de base de la guerre, il est important de souligner qu’à notre époque, presque toutes les guerres révolutionnaires ont tendance à durer de 5 à 6 ans, en moyenne, conduisant à une négociation politique et diplomatique des conflits. Si le peuple a le moral, une guérilla puissante et une puissante armée de libération, il décide des négociations avec la paix en sa faveur ; si le contraire se produit, la guerre sera perdue ou transformée en une mauvaise paix pour les rebelles.

Dans le cas de Saint-Domingue, en 1965, le manque d’espace stratégique pour le colonel Caamano, conduit à des négociations de paix, l’ennemi ayant atteint par la politique ses objectifs de débarquement des « marines », tandis que le peuple dominicain reste sans espoir.

L’analyse des catégories de guerre, leur combinaison et leur opposition dialectique, doit constituer l’étude approfondie du révolutionnaire, stratégiquement préparé à affronter la force répressive sur les travailleurs, tant sur le front interne (armées cipaye [2]) comme celui du front extérieur (armées impérialistes), qui peut opérer contre les insurgés, en même temps ou successivement (cas de Saint-Domingue ou du Viet-nam). Par conséquent, la défense d’une révolution ne doit pas être laissée à l’improvisation, tactiquement et stratégiquement : il est temps pour les révolutionnaires d’en savoir autant sur l’art de la guerre que les meilleurs généraux ennemis afin de les vaincre, rationnellement et stratégiquement, sans faire confiance aux cours d’une guerre révolutionnaire aux facteurs spontanés, aussi favorables soient-ils.

Une synthèse schématique des catégories de la pensée stratégique pourrait être énoncée, de manière concise, dans cet ordre d’idées :

I. – QU’EST-CE QU’UNE STRATÉGIE ?

Le problème de la définition de la guerre totale est si vaste qu’aucun auteur ne s’accorde sur la catégorie ou le concept : stratégie. On pourrait soutenir que la stratégie étudie la guerre dans l’espace, le temps, la population, la nation, la politique internationale, la classe d’armements, la combinaison des campagnes militaires, leur durée et leur objectif politique, la région, le terrain, la période de l’année, etc. En résumé, la stratégie décrit le plan général de guerre, la série de batailles ou de combats pour atteindre la fin politique proposée, ainsi que la durée et l’intensité des rencontres avec l’ennemi, comme une chaîne d’événements prévus, très chers, étant la cause des autres.

La stratégie est également responsable de l’amélioration de la politique et du moral des troupes : inculquer l’enthousiasme et la ferveur aux combattants à travers les mandatés du peuple ; exalter la foi en sa propre idéologie comme cause de lutte ; stimuler le courage des commandants et la bravoure des troupes ; rechercher l’autodiscipline dans la guérilla et la discipline chez les soldats révolutionnaires ; affirment leur idéologie politique, à travers des séances d’autocritique, qui balaient les préjugés moraux et psychologiques propres à la culture, à la politique ou à la philosophie de l’ennemi. Si la morale est au matériel de guerre comme 3 contre 1, comme le disait Napoléon, le combattant révolutionnaire, il doit être prêt à marcher 30 kilomètres par jour puis à se battre pendant 2 heures, comme les « sans culottes » de Napoléon, surtout en guerre des guérilleros, à front mobile (sans régularité des lignes) : étalé sur tout un territoire national ou continental sous la forme d’une « peau de léopard ».

Il est difficile de définir la stratégie, car c’est la doctrine de la guerre totale : elle nécessite par conséquent une connaissance absolue, polytechnique, polyvalente et, en même temps, pratique, puisqu’il faut la laisser pratiquer pour corriger, chaque jour, les propres erreurs stratégiques, stimulant ceux de l’ennemi.

II. – QU’EST-CE QU’UNE TACTIQUE ?

La tactique se confond avec la stratégie. La tactique, par définition, aurait pour objet de préparer les combats dans un lieu du front de guerre ; la stratégie, dans tout l’espace stratégique ; la tactique prend le combat comme une forme isolée ; la stratégie, étudie la succession des combats, leurs usages et finalités politiques, géographiques, économiques, etc. stratégie et tactique sont combinées dans le temps et dans l’espace : la première est plus liée au temps ; le second, à l’espace.

Clausewitz, lors de la définition des tactiques et de la stratégie, déclare : « Deux activités différentes en découlent : préparer et mener individuellement des rencontres isolées et les combiner entre elles pour atteindre l’objectif de guerre. Le premier est appelé tactique ; la deuxième stratégie ». Plus tard, ce théoricien de l’art de la guerre définit la tactique et la stratégie comme suit : « … la tactique enseigne l’utilisation des forces armées dans les rencontres et la stratégie l’utilisation des rencontres pour atteindre l’objectif de la guerre » . [3].

Dans la guerre totale, la tactique est très importante : elle indique le type de combat, les moyens et les objectifs : (batailles, campagnes, combats, casernes, commissariats de police, aérodrome, espionnage, sabotage, attaques, enlèvements, gares fluviales, voies ferrées ou routes, manifestations, actes de protestation, actes de propagande armée, combats nocturnes, etc.) Une régulation tactique de la guerre révolutionnaire est quelque chose qui doit rester secret : elle ne peut pas être publique, comme sa stratégie. Telles ont été les expériences historiques des mouvements de guérilla ces derniers temps, pour ce qui est de garder secrets leurs règles tactiques : il ne faut pas l’écrire mais l’enregistrer dans la mémoire du guérillero, afin qu’il n’y ait jamais de preuves contre lui, afin de ne pas donner des informations précises aux ennemis.

III. – LE TEMPS STRATÉGIQUE

Comme toutes choses, la guerre a lieu dans l’espace et dure dans le temps. Cette vérité, ce truisme, cependant, contient une philosophie polémologique profonde. Clausewitz, analysant la catégorie du temps de guerre, dit : ” … la seule durée du combat suffira à faire, progressivement, que la perte de forces expérimentées subies par l’ennemi atteigne un point où l’objectif politique n’est plus un objectif politique équivalent, et à ce moment-là donc à abandonner le combat” [4]. Comme la guerre est une contradiction, une opposition, entre deux armées, deux nations, deux camps, deux blocs ou deux classes sociales (principaux antagonistes), elle résulte de cette dialectique celle des deux pôles d’une contradiction que l’on développe toujours inégalement par rapport à la un autre, en fonction du temps, et tend à devenir son opposé absorbant et dominant.

Les États-Unis, par exemple, dans la guerre au Viet-Nam, qui se poursuit dans le temps, subissent une perte de forces morales, politiques, matérielles et humaines, qui les découragent d’atteindre l ‘” objectif politique ” qui les a porté à la guerre et le porterait à la table des négociations de la « paix honorable », pour sortir d’un conflit dont la durée n’est pas perçue, convertissant ainsi toutes les victoires tactiques américaines en une grande défaite stratégique. Et bien, malgré le fait que les États-Unis puissent occuper l’espace vietnamien, avec ses grandes unités et ses armements lourds, il n’est pas sûr de gagner une guerre, devant et derrière ses arrières, qui dure dans le temps, puisque ceux qui ont une population favorable peut durer dans le temps ; mais pas ceux qui ne l’avaient pas, même la puissante armée américaine. Le fait que les guérilleros vietnamiens mènent une guerre populaire en surface, partout et sur tout le territoire d’un pays, rend l’ennemi puissant dispersé dans l’espace, pour pouvoir lui survivre dans le temps, le faisant triompher par la stratégie de durée sur la stratégie logistique. Cet avantage du général Temps sur le général Espace serait encore plus favorable dans le continent latino-américain, que dans la petite nation vietnamienne, par rapport aux États-Unis.

La catégorie temporelle stratégique implique qu’entre deux opposés qui s’interpénètrent, l’un s’use et s’épuise plus que l’autre, perdant finalement sa volonté de résister, son moral au combat, sa capacité à poursuivre l’action, souvent en raison d’une démoralisation politique de l’arrière-pays, comme dans le cas des États-Unis, dont la population n’accompagne pas le gouvernement dans une guerre impopulaire : détestée par les étudiants, les ouvriers et les classes moyennes, par toutes les religions, etc.

Dans cet ordre d’idées stratégiques, Clausewitz a recommandé la défense de l’offensive, comme position la plus forte de la guerre, en attendant la perturbation des pouvoirs des forces. Dans le cas de la guérilla, seul le temps peut créer avec elle une grande armée de libération, jusqu’à ce que le grand devienne petit et le petit devienne grand : la guérilla devient une armée victorieuse et la petite zone libérée devient une nation indépendante et souveraine. On dirait donc que la guérilla cède toujours du terrain, mais seulement pour durer ; pour gagner du temps politique ; être crédité des masses populaires, afin de les mettre en action insurrectionnelle. Enfin, lorsque l’ennemi est démoralisé, épuisé, fini, tout le terrain cédé est récupéré à la fois ; mais où le reste de la population est toujours favorable (comme guérilla) à l’armée populaire de libération. Dans l’ancienne stratégie, l’essentiel était de déloger l’ennemi de l’espace et de l’occuper dans des batailles frontales, par la force brute ; Dans la stratégie de la guerre révolutionnaire, l’essentiel est de conquérir la population, politiquement, par l’action, des actes armés selon ce qui est voulu et désiré par un peuple opprimé et exploité.

Dans la guerre populaire, il faut jouer avec l’espace pour durer dans le temps ; Il est plus important de détruire l’adversaire et de s’équiper de ses munitions et de ses armes (en encerclement et en combat d’annihilation), que de prendre des villes ou des régions entières, qui ne pourraient plus tard se tenir dans une grande bataille frontale, faute d’artillerie, d’aviation et de blindage. Un ennemi puissant (avec une énorme économie de guerre) ne doit jamais avoir la chance de battre une armée populaire dans une grande bataille qui dure des jours ou des semaines. Au contraire, tant que la ville ne dispose pas d’armes lourdes, il faut obtenir des succès courts et nombreux, fuyant les grandes batailles comme la peste.

IV. – L’ESPACE STRATÉGIQUE

La guerre révolutionnaire a cessé d’être l’esclave des positions régulières, du cadrage géométrique de l’unité avec l’unité sur le front, à droite et à gauche, puisque les guérilleros peuvent passer, s’ils le veulent (et c’est toujours leur mission) sur le terrain ennemi, car il marche sur tous les terrains, au moyen de petites unités de combat, à la fois en ville et sur le terrain.

En général, une armée populaire révolutionnaire ne doit pas donner, en même temps, plusieurs combats ou batailles dans l’espace, comme Hitler avançant, simultanément, vers Moscou (capitale de l’URSS) et vers le Caucase (capitale du pétrole). Quiconque veut chasser deux lièvres en même temps perdra les deux et leur temps, inutilement.

Pour la guérilla de la campagne ou de la ville, l’important est de se déplacer rapidement dans l’espace, seul moyen de pouvoir durer dans le temps ; en ville, des véhicules en constante évolution ; sur le terrain, étant deux fois plus rapide que l’ennemi, dans les marches hors route ; mobilité, rapidité, sécurité et combativité sont les quatre vertus stratégiques fondamentales de la guérilla.

Pour vaincre un ennemi puissant, qui serait dans la relation du géant avec le pygmée, comme dans le cas de l’armée nord-américaine et de la guérilla latino-américaine, il n’y a qu’un seul moyen stratégique infaillible, pour obtenir la victoire du peuple : mener la guérilla les 22 millions de kilomètres carrés que compte l’Amérique latine, avec lesquels il n’y aurait jamais un soldat yankee par kilomètre carré. Étant dans cette dispersion, le Pentagone serait vaincu, dans le vaste espace stratégique latino-américain, pas même avec des armes mais avec des clubs. La guerre se prolongeant dans le temps et s’étendant dans l’espace, les guérilleros latino-américains peuvent et doivent vaincre ensemble les armées impérialistes et les armées cipayes.

Dans la guerre, l’espace et le temps sont stratégiquement interdépendants : lorsqu’une armée est très forte en forces, en machines de guerre et en puissance de feu, elle essaie de gagner du terrain ; Lorsqu’une armée ou une guérilla est extrêmement faible, elle tente de gagner du temps, échappant aux barrières et aux batailles que propose l’adversaire.

En revanche, lorsqu’une armée est plus nombreuse, plus ses mouvements, ses marches et ses déploiements sont lents. En revanche, une guérilla ou une minuscule armée populaire, soutenue par la population, peut passer, autant de fois qu’elle le souhaite, à l’arrière de l’ennemi, se décomposant en petites unités, capables de marcher sur tous les terrains, comme ce serait le cas de la Guérillas vietnamiens, algériens, cubains, etc. Ceci est possible lorsque la population informe à temps des mouvements de l’encerclement ennemi, de la quitter avant qu’elle ne se referme sur la guérilla.

Gagner du temps est stratégiquement très important :

a) cela vous permet de vous retirer sur un terrain et une population favorables, puis de passer du combat défensif au combat offensif ;

b) attire l’adversaire vers des gorges et des zones où des guérillas séparées peuvent être réunies en peu de temps, pour utiliser leur maximum de puissance de choc, d’assaut et de feu ;

c) fatigue l’adversaire avec des marches de poursuite sans fin, jusqu’à ce que son moral baisse, auquel point la guérilla lance une offensive explosive, encerclant et anéantissant l’ennemi séparé de la majeure partie de son armée.

Bref, le temps est dans le combat comme sa durée. La guérilla doit chercher des victoires petites et rapides, pour ne pas perdre sa supériorité éphémère en nombre et tirer contre une puissante armée régulière, à laquelle il ne faut pas donner l’occasion d’une longue bataille, mais une très courte dans le temps et une petite dans l’espace.
Un groupe de guérilla ne doit pas s’étendre trop dans l’espace : son point de séparation limite doit être donné par pas plus d’une journée de marche entre toutes les colonnes de guérilla séparées d’une base d’opérations afin de remplir le principe stratégique de la vie séparés et combattent ensemble : parce qu’une troupe qui ne participe pas aux combats est comme si elle n’existait pas.

La stratégie de guérilla, sur le terrain et en ville, doit préparer des batailles dans de grands espaces et pour un temps de combat très court, afin d’être fort là où l’ennemi est faible, ne lui donnant pas la possibilité de devenir fort avec un combat prolongé, jusqu’à ce que les réserves puissent être mobilisées. Si cela se produit, la guérilla serait collée au sol : elle serait anéantie par un adversaire plus puissant en nombre et en feu, dès que ses forces pourraient être rassemblées, si le combat se prolongeait. La stratégie sublime d’une guérilla est basée sur la “blitzkrieg”, jusqu’à ce qu’elle croisse en nombre de forces et de puissance de feu sur son adversaire, en fonction du temps, pour donner de l’espace et le soutien de la population.

Une guérilla urbaine ou rurale, bien dirigée tactiquement et stratégiquement, ne doit pas commettre la maladresse de tomber dans une guerre de position, dans une défense statique, car une petite troupe, qui se défend, subit toujours la loi de l’adversaire, restant cloué au sol. Il faut donc être en faveur de la guerre de mouvement, des attaques éclair, de la guerre en surface, pour forcer l’ennemi dans le sens des mouvements voulus par la guérilla, avec lesquels il perdra l’initiative dans les opérations : sa liberté de mouvement.

Une guérilla révolutionnaire doit être comme une étoile filante traversant tous les lieux, mais inaccessible ; il doit être un moyen de propagande politique constante, pour élever le peuple en armes, sur tout le territoire d’un pays. La guérilla est un point rebelle : elle indique que si elle s’arrête elle sera immédiatement encerclée, puisque le point n’est pas la surface ; doit se déplacer partout pour laisser des centaines de points rebelles ; ainsi la guerre révolutionnaire se répandra dans tout l’espace en fonction du temps, de la durée politique et stratégique de la guérilla.

Une armée de guérilla est à l’intérieur de la ligne intérieure : entourée d’un ennemi très grand et puissant : pire, la guérilla peut, de jour comme de nuit, passer de la ligne intérieure à la ligne extérieure pour encercler une unité ou une ville dans le champ ennemi qui, si vous les voyez, ils seront encerclés comme la ligne intérieure et avec moins de puissance de feu et moins de nombres que les guérilleros. Cette fine dialectique de la guerilla transforme le faible en fort en fonction du temps et de l’espace, et vice versa.

Dans une guérilla urbaine, les possibilités de durée et de clandestinité cohérente sont en rapport direct avec l’extension plus ou moins parcellaire d’une ville, de la quantité de population favorable dont elle dispose. Dans une petite ville, avec une population de seulement quelques milliers, s’il y a un maximum de population favorable, une guérilla peut opérer avec de nombreuses possibilités de succès, notamment dans les guerres insurrectionnelles contre un envahisseur détesté par tout le peuple.

Une guérilla urbaine doit chercher les « ghettos » prolétariens où la population fournit un abri, comme la « Casbah » d’Alger ou les « ghettos » noirs des villes nord-américaines. Il y a, cependant, une limitation stratégique et politique à ces guérilleros : que leur population favorable se termine au-delà de la population de couleur, arabe ou noire.

En ce sens, Alger avait deux villes : l’arabe et l’européenne. Les villes nord-américaines sont deux villes en une : en noir et blanc. En ce sens, la guérilla peut triompher dans une zone à population favorable, mais ne progresse pas dans une zone à population défavorable, où, au contraire, elle est trahie par les forces répressives. L’avantage de la « Casbah », cependant, était que l’intérieur du pays algérien était défavorable à l’occupant français. En revanche, les noirs nord-américains du « ghetto » urbain, ont une population peu favorable à l’intérieur du pays nord-américain. Le nègre américain doit donc être libéré parallèlement à la guerre de libération latino-américaine contre l’impérialisme du dollar. Les « ghettos » noirs nord-américains constitueront ainsi l’arrière-garde populaire favorable aux latino-américains sur le territoire même des États-Unis. La libération du prolétaire de couleur nord-américain est liée, politiquement et stratégiquement, à la libération du « tiers monde », en particulier des peuples latino-américains.

Bref, sur le problème de l’espace urbain stratégique, les guérilleros de la ville ne devraient jamais le quitter ni ses « ghettos » ou banlieues, car ils seraient exposés à être immobilisés par l’ennemi comme un poisson sur terre. Il faut toujours être dans la forêt des maisons : parce qu’à quelques pâtés de maisons, plus loin ou plus loin ici, personne ne connaît personne ; C’est, par conséquent, une grave erreur stratégique d’être une guérilla urbaine et d’aller vivre dans une petite maison près de la ville ; même si l’on sortait triomphalement d’une clôture, comment retournerait-on à la ville dans un espace vide de maisons et avec des routes gardées ? La guérilla urbaine ne doit pas quitter la ville avant de se rendre à la montagne, comme une guérilla qui n’a plus le choix, puisque sa photo est bien connue dans toutes les villes ou la ville où il opère.

V. – PRINCIPE DE L’ÉCONOMIE DES FORCES

L’application nationale de ce principe constitue le secret du génie militaire, chez le chef d’une guerre ou d’une révolution. Clausewitz souligne le ” principe de surveiller en permanence la coopération de toutes les forces ou, en d’autres termes, de veiller constamment à ce qu’aucune partie d’entre elles ne reste inactive”, indiquant que “le gaspillage des forces est encore pire que leur utilisation inappropriée“.

Il est évident que toute troupe qui n’intervient pas au combat, directement ou indirectement (en tant que réserve immédiate), est comme si elle n’existait pas. Par conséquent, une grande armée peut être annulée tant qu’elle ne pourra jamais rassembler toutes ses forces, dans le temps et dans l’espace, contre une guérilla rurale ou urbaine. Une guerre est menée avec une stratégie sublime, lorsque le plus petit camp est, cependant, plus grand, plus fort et plus puissant, à l’endroit choisi pour la bataille, que la puissante armée, incapable de rassembler toute sa puissance de feu et de nombre, parce que la guérilla échappe à toute possibilité que son adversaire ait le temps de lui être supérieure dans l’espace qu’elle a choisi pour le bref et rapide combat d’encerclement, d’anéantissement instantané.

Une armée populaire doit planifier ses opérations de telle sorte qu’elle soit toujours 2, 3, 4, 5 ou … plusieurs fois supérieure à l’ennemi, en un point donné et pendant un temps très limité, pour l’encercler et s’approvisionner aux dépens de ses provisions, armements et munitions. Avec des effectifs et des tirs supérieurs, une guérilla lance le filet : l’adversaire y tombe toujours, si l’opération a été bien planifiée et que l’information est objective et fraîche. De cette manière, même si l’ennemi est 1000 fois supérieur sur tout le front, par rapport à une guérilla rurale ou urbaine, il peut être néanmoins 5 fois puissant, en un lieu donné, tant qu’il ne s’engage pas dans une bataille d’usure,de durée, de défense du terrain ; car ce qui lui importe, c’est de détruire l’ennemi et de vivre de ses réserves logistiques.

En stratégie, l’important est de battre l’ennemi sans rassembler ses forces ; peu à peu ; battu séparément ; un par un ; jusqu’à ce que le petit côté devienne grand et que la corrélation des forces en présence soit perturbée. Ce n’est qu’alors, lorsqu’une guérilla est devenue une grande armée de libération, qu’elle peut mener de grandes opérations pour occuper l’espace entre les mains de l’ennemi ; Mais si les armes lourdes et l’aviation font défaut, la fin de la guerre ne doit pas être accélérée, au moyen de grandes batailles, car les guérilleros convertis en armée pourraient être vaincus en tant qu’armée régulière : sans marine, sans blindés, ni artillerie et aviation. Dans une guerre révolutionnaire, l’objectif de classe de la victoire militaire totale décidée par les armes n’est pas fondamental, mais secondaire ; le but est la paix plutôt que la victoire ; bien que le premier puisse être une conséquence du second ; Mais dans une guerre révolutionnaire, la paix est toujours décidée à la table des négociations : les généraux sont donc obligés d’agir en diplomates, comme cela s’est produit en Indochine, en Algérie, etc.

Le principe de l’économie des forces réside dans le fait d’être fort et décisif dans le lieu choisi pour le combat, indépendamment d’être le côté faible. Par conséquent, il est nécessaire d’avoir plus de performances tactiques dans les forces, grâce à une stratégie brillante. Surtout, une guérilla révolutionnaire doit fonder sa doctrine militaire sur l’entourage et l’anéantissement de l’ennemi, pour le démoraliser, vivre retranché dans ses moyens logistiques et emporter progressivement ses forces matérielles : (armes, soldats, positions stratégiques, etc. ).

Pour mener à bien une stratégie correcte, en ce qui concerne le principe de l’économie des forces, il faut partir d’une dialectique de la guerre, basée sur toujours faire le contraire de l’ennemi : s’il avance, recule ; s’il se retire, poursuivez-le sans relâche ; s’il est dispersé, concentrez-vous pour le battre : unité par unité ; s’il est fort dans l’espace, abandonnez-le mais gagnez du temps en attirant une population favorable ; s’il veut de grandes batailles, donnez-lui des combats courts et explosifs ; Si vous voulez une bataille de lignes, faites la guerre en surface, partout et nulle part avec un front fixe.

Employer rationnellement le principe de l’économie des forces est typique d’un commandant victorieux ; les « généraux buveurs de sang » ont tendance à être en faveur de la bataille frontale : la guerre d’affrontement de masse, qui laisse le champ de bataille jonché de cadavres par les deux camps opposés.

Epaminondas battait toujours ses adversaires en nombre inférieur, en général, mais avec une sensibilité supérieure à la place décisive ; Hannibal a vaincu les Romains à Cannes avec les deux tiers de leurs forces, au moyen d’une brillante manœuvre d’enveloppement ; Napoléon était toujours victorieux tant qu’il pouvait se battre avec une relative supériorité numérique, même s’il ne l’était pas absolument ; il savait rassembler ses troupes à l’endroit décisif avec plus de puissance de choc, de feu et de nombre que ses ennemis. Quand il était impossible d’y parvenir – selon Clausewitz – il a perdu les batailles de Leipzig, Laon et Waterloo.

Dans la guerre révolutionnaire, le principe de l’économie des forces est plus important que dans la guerre des fronts réguliers, des armées basées sur de grandes unités. En Algérie, par exemple, pas plus de 40 000 guérilleros urbains et ruraux ont amené une armée avec plus de 600 000 soldats et policiers à la table des négociations de paix.

Fidel Castro raconte que lors de la bataille de Guisa, en 1958, l’armée rebelle affronta avec 200 guérilleros, dont 100 novices, quelque 5000 soldats réguliers appuyés par des chars, l’aviation et l’artillerie, sans pouvoir faire face à cette machine de guerre ou expulser les guérilleros de leurs positions.

Dans la guerre révolutionnaire, ce qui importe, c’est l’homme et non la machine de guerre. Les Américains dépensent au Viet-Nam environ 25 milliards de dollars EU par an, pour financer l’intervention de leur armée de plus de 500 000 soldats, dotée d’un grand luxe d’équipements militaires modernes. Cependant, les guérilleros vietnamiens, chaque fois qu’ils le proposent, apparaissent partout et disparaissent comme ils sont apparus, après avoir vaincu les cipayes et les Yankees, dispersés en petites unités, à cause de la guerre révolutionnaire en surface.

VI. – LIBERTÉ DE MOUVEMENT

Lorsqu’une force de guérilla entre dans l’attaque, elle doit le faire avec la supériorité du feu et du nombre, afin de ne pas être coincée au sol par le feu et la force de l’ennemi, afin de ne pas perdre sa liberté de mouvement, une stratégie fondamentale de la guérilla, basée sur la mobilité et la surprise. Obliger l’adversaire à modifier ses plans opérationnels, à suivre, sans initiative, les combats imposés par la guérilla, c’est avoir, à tout moment, la liberté d’action. Simuler une feinte d’un côté et attaquer de manière décisive de l’autre, fatiguer l’adversaire dans de longues marches, l’emmener sur le terrain choisi pour l’entourer et l’anéantir, c’est savoir faire la guerre de mouvement, sans jamais perdre l’initiative, base de la victoire. Esquiver un coup violent de l’ennemi dans un endroit défavorable et l’attaquer et l’encercler dans un terrain et une population favorables, c’est connaître l’art de la guerre de mouvement, toujours attaquer là où l’adversaire est faible, l’éviter là où il est fort.

Tous les principes de la guerre sont résumés en un seul : conserver l’initiative dans les opérations, en utilisant toujours la quantité de forces et le feu approprié pour effectuer une manœuvre rapide d’encerclement et d’anéantissement de l’adversaire, l’attaquant de manière inattendue.. En réalité, la liberté d’action stratégique est obtenue sur la base du principe de l’économie des forces, en essayant d’être supérieur, dans un temps et un espace, à l’endroit choisi pour le combat. Pour être fort à un point décisif, il faut éviter la guerre défensive et statique, qui répartit les forces avec une profondeur ou une densité égale sur tout le front. Au contraire, la dispersion des forces dans un grand secteur permet une concentration dans un autre, étant donc forte là où l’ennemi est le plus faible. Parce que la guerre révolutionnaire est, dans le cas de la guérilla, une guerre sans fronts fixes, elle lui permet d’être plus forte à un moment donné, simplement parce qu’elle ne peut pas être plus forte du tout jusqu’à la troisième phase de la guerre révolutionnaire.

La dialectique du petit côté est de faire le contraire du grand côté, de préserver la liberté de mouvement, sans laquelle les guérilleros ne parcourent pas un pays, ne propagent la révolution, soulèvent le peuple en armes et dispersent l’ennemi dans tout le pays. l’espace, afin qu’elle puisse être plus forte à l’endroit choisi pour le combat offensif.

Contrairement aux guerres de libération, dans lesquelles les guérilleros ont la liberté de mouvement, les grandes puissances nucléaires sont neutralisées par l’équilibre de la terreur atomique. Dans le cas de l’URSS et des USA, la guerre se réduit aux déclarations explosives et au lancement, en grande pompe, de fusées intercontinentales, de satellites artificiels et d’annonces de bombes super-nucléaires. Cependant, dans le cas de la « crise caribéenne », en 1962, les deux puissances nucléaires maximales sont parvenues à un accord, échangeant les sites de roquettes Yankee en Turquie contre des roquettes soviétiques à Cuba, sans que les Soviétiques en tiennent beaucoup compte aux Cubains. Dans la crise au Moyen-Orient, pendant la « guerre de sept jours », entre juifs et arabes, les grandes puissances – soviétiques et anglo-saxonnes – n’étaient que des témoins ou des spectateurs, incapable de faire la guerre ou la paix. Cela signifie donc que la liberté de mouvement n’est pas appréciée par les grandes puissances, mais par les guérilleros qui se déplacent dans le temps et l’espace, avant d’accéder au pouvoir, de devenir un gouvernement, d’avoir des villes, des industries et un espace fixe à défendre.

Il est plus facile de passer de la guérilla au premier ministre que de cette position à la guérilla, encore une fois. Fidel Castro est moins stratégiquement libre en tant que chef du gouvernement qu’en tant que commandant de la guérilla dans la Sierra Maestra. Par conséquent, l’histoire n’est plus faite par les grandes puissances, avec des armements lourds et des armes nucléaires, mais par un homme qui s’est rebellé contre les tyrannies, qui a mené une guerre révolutionnaire pour un espace large et long, où c’est lui qui prend l’initiative de pouvoir mener à bien l’Histoire contemporaine.

Stratégiquement, pour ne pas perdre la liberté de mouvement, l’initiative dans les opérations, la liberté d’action, une guérilla ou une armée de libération ne doivent pas libérer des villes ou de vastes étendues de terre, avant que l’ennemi ne soit très abattu, démoralisé, épuisé, contraint d’entrer en paix, car la guerre est longue et fini avec leurs réserves morales et politiques. Dans la guerre révolutionnaire, il doit toujours y avoir une liberté de mouvement de la part de l’armée de libération, afin d’avoir le Temps, l’Espace, la Population, le Moral, l’Union Générale du Peuple, qui sont plus forts que les généraux du Pentagone.

VII. – LA SURPRISE DE L’ATTAQUE

On a toujours dit que, dans une attaque surprise, le succès était en soi assuré, car cela constituait la moitié de la victoire. Pour Clausewitz, la surprise signifie, sans exception, le fondement de toutes les entreprises stratégiques et tactiques ; Mais pour le garantir, il est nécessaire que les opérations soient tenues secrètes, menées à une vitesse extrême et bien informées de la quantité, de la qualité et de la direction ou de la situation de l’ennemi, afin d’obtenir la supériorité absolue du feu et du nombre sur lui. .

La surprise est plus un élément tactique qu’un élément stratégique : un ennemi est surpris dans un petit espace, mais c’est difficile dans tout un vaste territoire, en raison du mouvement des troupes et de la durée de leurs marches dans le temps. La surprise est typique des mouvements rapides, apparaissant là où l’ennemi ne s’y attendait pas, ou atteignant un point devant lui, marchant rapidement sur tous les terrains.

Dans les mouvements de guérilla urbains et ruraux, il faut faire très attention à ce que l’ennemi n’introduise pas d’espions, car la surprise représente plus de la moitié des succès des combats. Si l’adversaire connaissait le lieu, l’heure (H) et le jour (J) d’une opération de guérilla, elle serait facilement détruite, car sa supériorité est très relative et son infériorité absolue est très grande. Seul un souterrain cohérent peut garantir les opérations offensives de guérilla, leur sécurité et le facteur de surprise en leur faveur, sans lequel ils ne peuvent survivre face à une puissante armée régulière répressive.

L’idéal pour une guérilla n’est pas seulement de surprendre l’ennemi, mais de le tromper chaque fois qu’il est possible de le faire, de telle sorte qu’il essaie d’être fort là où la guérilla ne l’attaque pas, et qu’il ne soit pas préparé là où il va recevoir le coup décisif et surprenant.

Dans une ville, la guérilla doit partir d’une armée opérationnelle de pas moins de 50 guérilleros strictement clandestins : une fois qu’elle a commencé ses opérations, elle ne doit laisser personne entrer, pendant trois ou quatre mois, jusqu’à ce qu’elle ait produit une importante population favorable, qui doit être hautement filtré, jusqu’aux échelons de commandement de l’armée de libération. Pour réserver la surprise, personne ne doit en savoir plus que ce qui est essentiel pour remplir sa mission, ou connaître trop de gens d’action pour bien cloisonner les étapes de combat.

Lorsque la guerre révolutionnaire atteint son point culminant, dans des moments dramatiques de répression, il s’agit de chercher des informations sur les guérilleros, en arrêtant à gauche et à droite, afin de trouver le chef de file de l’armée de libération. Par conséquent, nul ne doit en savoir trop, mais seulement ce qui le concerne, pour ne pas ouvrir de brèches où l’adversaire entre dans les commandos de la guerre révolutionnaire, pour les paralyser d’arrestations, de dénonciations et de répressions sanglantes.

Sur le terrain, la surprise dépend souvent des marches nocturnes, d’avoir un sac à dos qui résiste aux munitions et à la nourriture pendant quelques jours, en utilisant, au sol, tout ce qui est comestible, et en l’améliorant avec les apports du sac à dos, La programmation d’un sac à dos de guérilla, qui avec l’aide des ressources du terrain dure plusieurs jours, constitue la base de la mobilité de la guérilla, car de cette façon on ne reste pas soumis au terrain, dépendant des approvisionnements, comme une armée lourde. La guérilla doit rarement dormir au même endroit, à la fois en ville et à la campagne, pour qu’une mobilité maximale lui donne plus de sécurité, plus de durée face aux forces répressives.

Dans les guérillas rurales, quand il y a déjà quelques centaines de guérillas, on peut aspirer à maintenir une base de guérilla, non pas rigoureusement accrochée au sol, mais se déplaçant librement le long de la ligne intérieure d’un massif montagneux et boisé, ce qui est le plus approprié. pour la création d’une base de guérilla. Dans les guérillas urbaines, chaque guérilla doit avoir quatre ou cinq domiciles, afin de passer rapidement de l’un à l’autre, en particulier dans la première phase de la guerre révolutionnaire, qui est la plus difficile pour la sécurité, la survie et le combat. Une fois qu’une ville s’est réchauffée, lorsque les quartiers populaires et autres sont une population favorable, la guérilla doit être en leur sein, car il sera difficile pour l’armée ennemie et la police répressive de les appréhender. En conséquence, Pour produire une population favorable, pour soulever des quartiers entiers contre un régime tyrannique détesté, il faut faire des choses qui conduisent à gagner de plus en plus de population : le seul moyen de réussir la guerre révolutionnaire, tant en ville qu’à la campagne.

VIII. – LA SUPÉRIORITÉ DU NOMBRE

En guerre, il ne suffit pas, pour mériter la victoire, d’avoir la supériorité absolue du nombre de combattants, mais plutôt, stratégiquement, il faut atteindre la supériorité numérique en un certain lieu et à un certain moment ; même si c’est pour un temps limité, surtout dans le cas d’une armée de guérilla, face à une puissante armée régulière, qui a une supériorité absolue dans tout un pays ; mais pas à un endroit donné, où les guérilleros attaquent avec une superiorité du nombre et de feu, par la surprise.

Pour Clausewitz, “La supériorité numérique n’est qu’un des facteurs qui produisent la victoire et que, par conséquent, loin d’avoir tout réalisé ou même l’essentiel par supériorité numérique, peut-être en avons-nous obtenu très peu, selon la manière dont les circonstances pertinentes varient souvent” [5]. Ainsi, par exemple, Frédéric II de Prusse a vaincu, à la bataille de Leuthen les Autrichiens composé de 80 000 soldats avec 30 000 soldats Prussiens ; dans la bataille de Rosbach, il a vaincu 50 000 alliés avec 25 000 soldats à lui ; Napoléon remporta la bataille de Dresde avec 120 000 Français contre 220 000 ennemis ; dans l’antiquité, Cyrus a vaincu Crésus et ses alliés avec de grands nombres inférieurs ; à son tour, Alexandre le Grand a vaincu les descendants de Cyrus avec une infériorité manifeste des troupes ; Hannibal a gagné avec moins de troupes que les Romains, mais avec de meilleures tactiques de manœuvre, dans la célèbre bataille de Cannas ; Dans la guerre révolutionnaire moderne, les guérilleros de Fidel Castro à cuba, du Sud Viet-Nam et de l’Algérie, triomphent de puissantes armées régulières, en nombre inférieur, pire avec sa supériorité dans un endroit choisi pour l’offensive de guérilla. Une armée de libération, de formations régulières légères, couvertes par ses propres guérilleros sur le dos de l’ennemi, doit fonder sa doctrine stratégique sur la réalisation d’une relative supériorité du nombre et du feu, à un point donné, puisqu’elle a une infériorité absolue dans le monde entier. front de guerre. En termes stratégiques, une force de guérilla doit essayer de concentrer rapidement, furtivement et habilement une grande force là où l’ennemi est petit ; Il faut atteindre une relative supériorité, dans le temps et dans l’espace, pour déclencher une attaque décisive, rapide, dévastatrice, instantanée et surprenante. Il doit fonder sa doctrine stratégique sur l’obtention d’une supériorité relative du nombre et du feu, à un moment donné, car il a une infériorité absolue sur tout le front de guerre. En termes stratégiques, une force de guérilla doit essayer de concentrer rapidement, furtivement et habilement une grande force là où l’ennemi est petit ; Il faut atteindre une relative supériorité, dans le temps et dans l’espace, pour déclencher une attaque décisive, rapide, dévastatrice, instantanée et surprenante. Il doit fonder sa doctrine stratégique sur l’obtention d’une supériorité relative du nombre et du feu, à un moment donné, car il a une infériorité absolue sur tout le front de guerre. En termes stratégiques, une force de guérilla doit essayer de concentrer rapidement, furtivement et habilement une grande force là où l’ennemi est petit ; Il faut atteindre une relative supériorité, dans le temps et dans l’espace, pour déclencher une attaque décisive, rapide, dévastatrice, instantanée et surprenante dans le temps et dans l’espace.

Dans l’art de la guerre, la chance du combat dépend de la combinaison, objectivement et subjectivement, des principes tactiques et stratégiques afin que le pilote le plus brillant mérite la victoire, même en étant le moins fort, en puissance de feu et en nombre, sous forme absolue ; mais pas relativement au même endroit de la rencontre entre deux forces combattantes.

La corrélation des forces en présence, au point même de la bataille, est un facteur décisif : car s’il y a beaucoup de troupes loin de là, qui n’interviennent pas, c’est comme si elles n’existaient pas stratégiquement. Pour une troupe de guérilleros, utiliser toutes les forces est très important car, sinon, si la guérilla est rare et n’a pas les forces rassemblées, elle se prête à être battue séparément. Dans cet ordre d’idées, à la campagne ou en ville, les guérilleros doivent vivre séparément (pour avoir plus d’adaptabilité au terrain, pour mieux se ravitailler, pour aboutir à un souterrain cohérent) ; mais à la condition qu’au moment décisif, tous les guérilleros puissent coopérer de manière combattante au même endroit ou en des lieux différents (surtout dans les villes pour disperser fortement l’ennemi,pour être plus fort que lui à un moment donné et pas du tout).

La force militaire brute, le nombre de soldats, bien que ce soit l’un des facteurs les plus décisifs du combat, ne donne pas de résultat stratégique ni pour le feu ni pour la manœuvre, quand il s’agit de troupes composées d’éléments humains inégaux, avec une faible discipline, mauvaise préparation politique, moral bas, maigre combativité tactique et mobilité lente. Dans les guérilleros, la victoire dépend de la supériorité de l’ennemi, non pas en nombre, mais en morale, politique, discipline, esprit de sacrifice, vitesse de marche et bonne conduite avec les populations ; à savoir souffrir de la faim, de la soif, du quartier, de la pluie, de la fatigue, de l’insomnie, etc. Tous ces facteurs subjectifs doivent être l’arme secrète de la guérilla contre l’armée réactionnaire, qui a des facteurs objectifs (supériorité du nombre et du feu) en sa faveur. Dans les guerres révolutionnaires,Le moral décide plus de la victoire que du matériel de guerre : enfin, le camp qui dure le plus longtemps, qui résiste le plus, qui a le plus de moral au combat, gagne toujours.

Dans les guerres impérialistes et nationales, la victoire est toujours décidée par les éléments primaires : (le feu et le nombre), c’est-à-dire la masse humaine et l’économie de guerre, la stratégie logistique ; Mais dans les guerres révolutionnaires, ce qui est décisif, enfin, c’est le moral, la politique, la population favorable, la capacité de résister à l’infini, face à une grande puissance, comme le Viet-Nam face à la puissance brute et logistique du Pentagone : incapable de gagner la guerre au moyen de l’électronique, de la marine, de l’aviation, des véhicules blindés, de l’infanterie régulière, des masses d’artillerie, des troupeaux d’hélicoptères, etc.

Le commandant en chef d’une armée répressive, qui fait ses calculs stratégiques en ne tenant compte que des facteurs quantitatifs de tir et de nombre, est exposé à la défaite, car la performance de ses troupes dans une guerre révolutionnaire ne sera pas élevée, si les guérilleros et leurs unités volantes régulières se combinent pour disperser l’adversaire, dans le temps et dans l’espace, à la fois dans les montagnes et dans les villes, dans une guerre totale, sans lignes fixes ou continues, mais toujours avec la guerre en surface.

La supériorité numérique d’une armée sur une autre est écrasante lorsqu’elle est fluide, mais elle ne donne pas la victoire lorsqu’une grande armée ne peut se déplacer devant les opérations d’une petite armée, qui l’épuise peu à peu en faisant la « stratégie de l’artichaut » . A Salamine, la flotte perse, supérieure en nombre à la Hellenique, fut vaincue, en 480 (BC), car les navires helléniques y utilisaient toute leur puissance de combat avec liberté de mouvement.

L’art stratégique d’un commandant réside, au cours d’une campagne ou au moment d’un combat ou d’une bataille, dans la recherche de la supériorité en nombre et en tir relatif, même s’il est absolument inférieur sur chaque front de bataille. À cet égard, voici quelques concepts du général von Bernhardi : « … infligeant de telles pertes à l’adversaire jusqu’à ce que sa supériorité numérique devienne nulle ou inutilisable », conduit à la conclusion suivante :« Un général est capable de compenser la supériorité de l’adversaire, à condition que la corrélation numérique des forces en présence le laisse , d’une manière ou d’une autre, le pouvoir d’infliger des pertes suffisamment fortes pour détruire son adversaire »[6]

Pour que la corrélation des forces en présence soit favorable à une armée de guérilla, il faut battre séparément les fractions de l’armée ennemie ; vous devez séparer vos forces dans l’espace au moyen de la guérilla sur les surfaces ou comme dans les taches de peau de léopard ; Il est nécessaire de s’infiltrer au travers des interstices de ces spots avec des guérilleros à l’arrière ennemi ; Il est nécessaire d’avoir une faible profondeur de troupes en ligne fixe et une forte densité de force dans la place définie pour le combat, mais sans y rester longtemps, une fois l’opération terminée ; Tous les combattants révolutionnaires doivent être engagés simultanément au même endroit et au même moment, ou dans des espaces différents et en même temps, pour obtenir de grandes performances stratégiques:puisque l’utilisation successive ou fractionnée d’une petite force (guérilla) la rend plus petite en étant dosée dans le temps et dans l’espace ; la quantité de forces doit être ajustée à l’espace d’une opération militaire, de manière à ce qu’un combat circulaire contre l’ennemi soit possible, ou qui donne une victoire totale ; une guérilla doit être déplacée le long des lignes internes, pour que, en montagne ou en ville, elle ne soit ni trop lourde (pour ne pas perdre la mobilité stratégique), ni trop petite (pour ne pas manquer de supériorité tactique, de feu et de nombre), afin d’avoir toujours la liberté de mouvement et d’initiative dans les opérations ; il faut être un guérillero suffisamment mobile et maniable pour pouvoir déplacer l’avant vers l’arrière ennemi, en traversant tout le terrain : se dissoudre parmi la population favorable, ayant, en lui, la guérilla d’arrière-garde combinée avec la guérilla d’avant-garde ; Il faut durer dans l’espace urbain ou montagneux, gagner du temps et une population favorable, quand l’adversaire tend à encercler avec une grande supériorité de nombre et de feu ; Il faut toujours être informé du point faible de l’ennemi, pour tomber sur lui et remporter une et une autre petite victoire, mais une fois ajoutée, une à une, elle donnera la victoire finale ; il faut briser les clotures contre les guérilleros en passant entre deux colonnes ennemies largement séparées (ou en faisant face à l’une d’elles avec un feu et un nombre bien supérieurs, dans un combat de nuit) ; Il faut toujours avoir une idée claire de la quantité et de la qualité de ses propres troupes et de celles de l’ennemi, pour ne pas entrer plus que du combat avec 80 à 90% de chances de victoire ; Il faut conserver la plus grande extension possible dans les montagnes dans un cantonnement de guérilla, afin de ne pas être surpris et repris par l’ennemi, puisque l’extension permet la dispersion, à la fois en ville et sur le terrain, pour donner de la fluidité à la guérilla, à condition de toujours rassembler vos forces pour combattre ensemble ; Toutes les forces disponibles doivent être utilisées en vue de réaliser un plan stratégique, afin que toutes coopèrent, à tout moment, pour atteindre cet objectif, sans passivité ni immobilité.

Les guerres révolutionnaires doivent mobiliser toute la population en armes, pour neutraliser la supériorité numérique des soldats ennemis aux multiples guérillas. Pendant la Révolution française de 1789-93, l’armée révolutionnaire régulière était petite, mais toute soutenue (par 2.551.000 gardes nationaux, qui, comme une vaste guérilla volontaire, étaient irrésistibles avec leurs effectifs supérieurs, sur le champ de bataille, comme à Valmy et Jemappes.

Pendant l’Antiquité et le Moyen Âge, le peuple ne combattait pas, car il était composé de prolétaires, d’esclaves et de serfs, opprimés par des « seigneurs de la guerre ». Ainsi, dans l’Antiquité, sur 1 000 000 d’habitants, très peu de troupes combattaient (de 14 000 à 45 000 hommes en Grèce aux 5ème, 4ème siècle avant JC) ; au temps de Rome (de 14 à 63 000 entre le IVe et le IIIe siècle avant JC) ; entre le XIIe et le XVe siècle (AD), au Haut Moyen Âge, le nombre de troupes par million d’habitants, avec une économie de rareté, ne dépassait pas 2 000 à 10 000 hommes ; À l’ère du capitalisme développé, la guerre s’est produite en tant qu’activité économique d’entreprises enracinées dans les budgets de guerre. Pendant la Seconde Guerre mondiale de 1939/45, l’Allemagne a mobilisé jusqu’à 21% de sa population, soit 17 millions de combattants et assimilés de ses 80 millions d’habitants ; l’URSS a armé 22 millions de soldats (12,8% de sa population de 172 millions d’habitants) ; Les États-Unis ont mobilisé 14 millions de soldats (10% de sa population). Il a été historiquement démontré qu’après une mobilisation de plus de 10% de la population d’un pays, la guerre, si elle est longue, est économiquement perdue, en raison de la détérioration économique, du manque de nourriture, de matières premières, de la production industrielle, de la faim dans le pays. arrière-garde, démoralisation, c’est-à-dire par une défaite logistique. L’Allemagne a réussi à mobiliser jusqu’à 21% de sa population simplement parce qu’elle comptait environ 10 millions de travailleurs esclaves d’Europe, remplaçant ses travailleurs dans les usines et l’agriculture.

La guerre civile en Espagne (1936/1939) a été perdue par le peuple plus par une défaite économique que par une défaite militaire ; le concours de la faim a pris fin ; Eh bien, en mars 1939, s’il y avait eu des ressources, plus d’un demi-million de baïonnettes restaient encore aux mains du peuple – sur les fronts central et sud ; En revanche, le 18 juillet 1936, sans baïonnette, avec un bon moral et une excellente politique, le peuple prend d’assaut la caserne : il remporte moralement la première bataille révolutionnaire. Par conséquent, dans les guerres révolutionnaires, seules les armes et le nombre de soldats l’emportent, mais plutôt le moral, la politique, l’union populaire et la résistance de fer. Au Viet-Nam, par exemple, les Américains peuvent se permettre de dépenser 25 millions de dollars par an, car ce n’est pas beaucoup économiquement pour un pays de 850 000 millions de dette annuell. En revanche, le gouvernement américain craint de perdre moralement la guerre du Viet-Nam à l’arrière, face à la « rébellion noire », aux protestations étudiantes, aux « hippies » et à l’état d’opinion défavorable à la guerre du Vietnam, qui use la morale bourgeoise dans l’arrière-garde américaine.

Une guerre révolutionnaire à l’échelle continentale, entre l’Amérique latine et l’Amérique du Nord, aurait ses meilleurs généraux, en espace et en Temps, dans la guerre prolongée, obtenant ainsi les meilleurs succès démoralisants dans l’arrière-garde nord-américaine.

La supériorité numérique de l’armée du Pentagone est stratégiquement très relative. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sur 8.300.000 combattants américains des forces opérationnelles spécifiques, 600.000 étaient disponibles en permanence (dans des formations militaires ou en cours de transport), sur les 7.700.000 combattants restants les 2/3 (5.130.000) appartenaient aux services ; c’est-à-dire que très peu de soldats étaient en fait des combattants dans la ligne, dans les forces américaines.

Il n’y a donc pas lieu de craindre l’armée américaine : trop bureaucratisée, très bourgeoise, chère en finance (environ 300 millions de dollars US par division pentagonique), qui est un business pour l’industrie lourde, parasite sur le budget de la défense nationale. L’infanterie nord-américaine se distingue par son absence sur les fronts d’affrontement et d’assaut, lorsqu’elle n’a pas de troupes cipayes à employer, puisque la plupart de ses soldats appartiennent aux troupes auxiliaires, aux services, à la bureaucratie de l’état-major, aux troupes paramilitaires, etc. À l’heure actuelle, sur une division pentagonique de 18 000 hommes, il n’y avait pas plus de deux bataillons de combattants de ligne. Par conséquent, pour vaincre la « grande puissance nord-américaine », qui a les pieds d’argile, il faut la battre en la démoralisant par une guerre prolongée, une guerre dans un vaste espace, où il n’y a pas d’issue à la victoire des divisions pentagoniques, mais à une paix imposée par les révolutionnaires : acceptée par les impérialistes yankees, en raison de l’épuisement moral et politique de leurs arrières, plutôt que de leur avant-garde.

La stratégie des guerres matérielles, des grandes unités pentagoniques, n’a plus la possibilité de faire l’histoire des conditions voulues par les généraux du Pentagone, les diplomates du Département d’État et le « big business » de Wall Street. Or, comme toujours, l’histoire est faite par des hommes libres, des peuples héroïques, les classes opprimées se sont rebellées contre les classes opprimantes et les empires du moment, qui disparaissent dans la dialectique implacable de l’histoire de l’humanité.

Quelques hommes, unis dans la pensée et l’action, avec un programme de libération clair et attrayant pour les masses opprimées, peuvent, par une action directe, renverser les classes opprimantes de chaque pays et aussi vaincre les forces impérialistes qui viennent de dehors pour les défendre. L’Amérique latine a l’espace, la population, les villes, les montagnes, les champs, les raisons, les passions, l’homme et le terrain, les conditions stratégiques et tactiques appropriées pour vaincre les armées des oligarchies des natifs et les divisions du pentagone qui viennent les aider, si les paysans, les ouvriers, les étudiants, les intellectuels et les classes moyennes prolétarisées, font un front uni de libération : pour l’unité latino-américaine contre l’impérialisme, la réforme agraire contre les oligarchies foncières et la défense de la liberté et du droit contre les dictatures militaristes.

Les divisions blindées, l’aviation de bombardement, les « marines » du Pentagone, les troupes de choc d’infanterie, les forces répressives des parachutistes, les charges de police, l’artillerie, la cavalerie, ne peuvent rien contre un peuple opprimé et exploité, dont la libération politique, sociale et économique ne peut être reportée davantage au cours de l’histoire. Archimède, connaissant scientifiquement les lois de la mécanique, a déclaré : “donnez-moi un levier et je soulèverai le monde”. Dans la guerre révolutionnaire, une minuscule guérilla, agissant selon les souhaits politiques de tout un peuple, mais dans des circonstances historiques appropriées, peut vaincre les plus grandes armées nationales et impérialistes, même si les deux, par la force du nombre et du feu, combattent contre elle sur le même front. Vous pourriez dire stratégiquement:donnez-moi une dictature, un régime qui est assez odieux pour tout le peuple, et avec une bonne politique de libération et une petite guérilla, je la vaincrai au fil du temps, jusqu’à ce que la petite (la guérilla) devienne grande et la grande (l’armée répressive), devient une force dispersée et moralisée.

Avec une centaine de guérilleros, agissant avec une partie des mécontents, de la démocratie, de la lutte pour la liberté, des désirs de tout un peuple, comme dans le cas du Brésil, avec le gouvernement de Costa y Silva (détesté par la bourgeoisie, les ouvriers, les paysans, les intellectuels, les étudiants et même l’église), si une guérilla ne triomphe pas militairement de l’armée dictatoriale, c’est parce qu’elle a une politique nationale claire, authentique et réaliste, sans hypothèques dogmatiques d’aucune sorte, se représente ainsi que la branche armée du peuple, comme l’espoir national, comme la lumière de la liberté au milieu des ténèbres inquiétantes et honteuses de la dictature.

La force brute du nombre de soldats et la puissance de feu des armes ne décident pas de la victoire dans les guerres révolutionnaires ; Ce n’est pas celui qui a le plus d’armes qui gagne, mais celui qui défend les raisons du peuple contre ses oppresseurs et exploiteurs ; Donnez-moi donc une poignée d’hommes armés de la foi, de la justice, de la liberté et de l’espérance de tout un peuple et je vaincrai les plus grandes armées de la terre ; donnez-moi une minorité active, intelligente, audacieuse, flexible et armée, où il faut défendre la liberté et la justice écrasées par les prétoriens : la victoire sera pour la minorité qui, par ses actions, mobilise la grande majorité des masses opprimées à son secours.
IX. – LA SUPÉRIORITÉ DU FEU

Pour une guérilla révolutionnaire, l’essentiel est d’être toujours plus fort que l’ennemi : d’abord en particulier, à un moment donné ; et puis, en général, sur tout le théâtre de la guerre, quand tout un peuple est pris en armes, par exemple la prédication, la politique et le prestige de l’armée révolutionnaire.

La guerre est un exemple dialectique d’une contradiction dans la présence, représentée par deux côtés opposés qui s’interdépendent, qui se cherchent, se combattent, s’échappent et vont vers un dénouement : victorieux seulement pour l’un des prétendants.

“La guerre est le choc des forces opposées les unes aux autres où il en résulte, par conséquent que le plus fort non seulement détruit l’autre, mais l’entraîne aussi dans son mouvement. Fondamentalement, cela n’admet pas l’action successive des forces, mais la fait plutôt apparaître comme le principal droit de la guerre, celui de l’application simultanée de toutes les forces destinées à intervenir dans l’affrontement »[7].

Pour empêcher une armée puissante de se concentrer contre une petite guérilla, il faut lui donner beaucoup de mobilité sans la fixer au sol, là où l’adversaire pourrait l’encercler et l’anéantir, ayant là toutes ses forces rassemblées, toute sa puissance de nombre et de feu. Une armée révolutionnaire doit attaquer et agir partout, ne laissant aucune partie d’un pays dans un état de passivité, pour que l’ennemi puissant puisse se disperser, qu’il soit toujours plus faible que les révolutionnaires là où ils choisissent de passer à l’attaque. La guerre de surface est une guerre politique sans une possible population neutre, mais plutôt le peuple tout entier en état d’insurrection, sous différentes formes de guerre révolutionnaire ; (grèves, manifestations, manifestations étudiantes, coups de main, attaques contre les communications ennemies,opérations de guérilla à l’arrière de l’ennemi, combat de l’armée de libération dans les zones libérées, etc.).

Pour réussir sur le lieu choisi pour le combat, il faut agir de manière décisive, avec une puissance de feu et un nombre plus importants que l’ennemi, en agissant par surprise, afin d’avoir au moins 80% de succès militaire en sa faveur, quand il s’agit d’une armée de libération révolutionnaire, dans des opérations avec des groupes de guérilla.

Sous certaines conditions, 250 guérilleros peuvent avoir plus de puissance de feu que 500 soldats réguliers s’ils sont attaqués, de manière inattendue, dans une gorge ou dans une longue colonne au-dessus de la jungle et la montent, de manière à ce que leur tête ou leur queue puisse être coupée. de leur colonne, sans pouvoir se défendre et attaquer, en même temps, les 500, du fait d’aller en file indienne, très loin les uns des autres. En revanche, l’armée régulière a généralement ses armes spécialisées divisées : artillerie, cavalerie, armure, aviation, etc. Un détachement ennemi, introduit dans une zone de montagne, sans le soutien de son blindage et de son artillerie, peut être détruit par deux ou trois détachements de guérilleros s’ils ajoutent une supériorité de feu à sa triple puissance de nombre : 61 et 81 mortiers légers, bazookas, canons. léger sans recul, les armes automatiques, les bombes à main (plus efficaces à courte portée que les mortiers, les bazookas et les canons sans recul). Quelques groupes de guérilleros lourds et une infanterie équipée de bombes manuelles agissant par surprise, peuvent unir l’artillerie et l’infanterie, marchant sur le terrain en tant qu’infanterie, ce que les armées bourgeoises régulières ne peuvent pas faire, incapables de marcher sur le terrain, sans laissez leurs armes lourdes à l’arrière lorsque vous marchez dans des zones de montagne fortement boisées.

La puissante supériorité feu des Américains au Viet-Nam est neutralisée par les guérilleros utilisant efficacement le terrain, minant les routes et les villages, creusant des tunnels partout pour éviter le napalm et les bombardements aériens, même les paysans font des abris pour leurs buffles. Un peuple qui démarre qui fait la guerre aux taupes, qui transpire en creusant, ne saignera pas et ne mourra pas, ce sera toujours un peuple victorieux et héroïque. Face à la puissance des usines impérialistes, il n’y a qu’un seul remède contre le feu : creuser, utiliser la terre, ne pas regarder l’espace, répandre la guerre partout, pour la gagner, non par les armes, mais par la durée même du conflit, ils démoralisent l’ennemi envahisseur qui, le moment venu, n’a plus de réserves politiques pour continuer la guerre dont ne veut pas son peuple.

Pour triompher au point décisif, choisi pour le combat d’encerclement et d’anéantissement, une armée révolutionnaire au moment de l’assaut, à quelques mètres de l’ennemi, embuscade la route, la forêt, etc., ne doit occuper ni trop ni trop peu d’espace , afin que tous les combattants puissent utiliser leur puissance de choc et de feu contre l’adversaire. Ce n’est qu’ainsi que la guérilla grandit aux dépens des armes et des fournitures prises à l’ennemi au combat, pour participer à sa production de guerre, puisque les guérilleros n’ont ni usines ni ateliers ; mais avec une stratégie brillante, il doit vivre et prospérer avec la logistique de l’adversaire, une armée révolutionnaire bien dirigée.

Les guérilleros, dans l’assaut, doivent utiliser plus de puissance de feu que l’ennemi, combinant pour eux-mêmes, bombes à main, artillerie d’infanterie légère (61, 81 mortiers, bazookas, canons sans recul, etc.), pour percer devant une infanterie, dépourvue d’armes lourdes ou semi-lourdes, isolée de l’essentiel de son armée.

La guérilla doit attaquer violemment, avec une énorme puissance de feu et de nombres, pour que le combat soit très bref ; parce que les munitions ne doivent pas être utilisées en excès, sinon les guérilleros resteraient ainsi désarmés ; il faut toujours collecter plus de matériel et de munitions auprès de l’ennemi, à travers les sièges et les annihilations, que ce qui a été dépensé contre lui pour atteindre ces objectifs, à la fois dans la guerre de montagne et dans la guerre des villes.

Atteindre une puissance de feu maximale est l’un des facteurs les plus décisifs pour la victoire au combat : parce que la puissance de feu fixe l’ennemi au sol, le démoralise et l’anéantit, permettant, à son tour, de manœuvrer au sol alors que l’adversaire est paralysé. . La guérilla, pour triompher, en ville, en montagne et à la campagne, doit toujours rechercher la puissance maximale du nombre et du feu, afin de vivre de l’intendant ennemi, les coupant dans tous les combats, gagner des munitions et des armements.

L’arme automatique idéale pour la guérilla devrait être une mitraillette 22 avec une grande puissance de feu, avec une portée et une efficacité, offensive et défensive, pour transporter beaucoup de munitions ; mais la guérilla ne doit pas avoir de préférences sur les armes ; il doit porter les calibres et les armes de l’ennemi, s’en approvisionner, en vivre, faire la guerre aux dépens des budgets et des entrepôts de l’adversaire.

X.- PRINCIPE DES ARMES COMBINÉES

Il y a quatre grandes périodes historiques de l’armement des techniques de guerre, qui modifient davantage les tactiques militaires que les stratégies. Cela peut changer, techniquement, la façon de faire la guerre ; mais non, stratégiquement, car c’est une autre forme de politique ; son intensité et sa férocité sont en raison directe de la gravité des conflits politiques entre les nations, les blocs de nations et les classes sociales antagonistes.

Des quatre grandes périodes d’armement au cours de l’histoire, nous pouvons énoncer ce qui suit :

1) la hache en silex, le brochet, l’épée, l’arc et les flèches, la baliste et la catapulte, le bélier, dans lequel les armes sont propulsés par la force musculaire humaine ;

2) les armes à feu, utilisées au XVIe siècle de notre ère, le canon, puis les mousquets, dont la cadence de tir et la portée étaient très limitées, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle ;

3) le canon, le fusil, la mitrailleuse, avec un canon rayé et une charge de crosse, d’une grande puissance de feu, qui se sont développés de la fin du XIXe au XXe siècle, au cours des deux dernières guerres mondiales ;

4) les armes atomiques, chimiques et bactériologiques, qui peuvent ou non être utilisées dans une troisième guerre mondiale.

Jusqu’à l’utilisation de l’artillerie avec projectile explosif et pas seulement perforant, les armes ont été de toucher un point coïncidant avec sa trajectoire ; plus tard, avec le projectile qui explose, les armes ne touchent pas un point mais une surface ; Les armes atomiques sont tridimensionnelles : elles détruisent et infectent par leur rayonnement, des kilomètres cubes et non des mètres carrés ; Les projectiles intercontinentaux sont quadridimensionnels : ils transportent ceux de destruction massive, d’un point à un autre sur terre, à des vitesses cosmiques, c’est-à-dire qu’ils réduisent objectivement l’espace stratégique.

Avec des armes unidimensionnelles (fusil, mitrailleuse, épée, brochet, etc.), un seul point est touché : il a peu de pouvoir pour détruire les fortifications, attaquer une redoute, arrêter un camion en mouvement, etc. Ainsi, une guérilla rurale ou urbaine qui ne possède que des armes unidimensionnelles aura du mal à vaincre, partiellement ou totalement, une armée puissante, équipée de nombreux véhicules blindés, artillerie, aviation, c’est-à-dire avec des armes bidimensionnelles. Par conséquent, une guérilla doit s’équiper d’armes légères unidimensionnelles (fusils, mitraillettes, mitraillettes, fusils, etc.) ; mais vous devez ajouter une quantité appropriée d’armes bidimensionnelles (bombes à main, bombes incendiaires antichar, mortiers 61 et 81, bazookas, canons sans recul), qui peuvent être portées à l’épaule, tout-terrain ou dans de petites voitures (en guérilla urbaine) .

L’un des principes de base de l’armement est le suivant : qu’aucune arme ne gagne jamais le combat, en particulier, mais tous, conjointement et harmonieusement, en général. Un autre des principes de l’armement réside dans le fait que toutes les armes sont basées sur le terrain.

Dans les montagnes très hautes et boisées, les armes lourdes sont inutiles : elles ne peuvent pas traverser des pentes abruptes ou traverser le labyrinthe de forêts vierge. Par conséquent, une guérilla, équipée d’armes légères et bidimensionnelles, pourra vaincre une armée régulière, dans la jungle et les hautes montagnes, lorsque cette derniére ne pourra pas utiliser sa cavalerie blindée (chars) ; sa cavalerie aérienne (hélicoptères difficiles à atterrir dans des forêts denses, s’ils sont harcelés par des armes antiaériennes efficaces) ; artillerie lourde et semi-lourde ; l’aviation de combat (si la guérilla utilise bien le terrain, pour échapper au bombardement aérien). Pas plus d’une compagnie ennemie ne peut traverser les hautes montagnes de la jungle en une seule colonne, car il est nécessaire de plonger, car la ligne de marche indienne est très longue et sa tête ou sa queue peuvent être attaquées par les guérilleros. Ceux-ci pourront triompher dans la ligne intérieure (une base de guérilla semi-libérée), s’ils concentrent quatre ou cinq compagnies ou colonnes contre l’un des ennemis, qui est très séparé des autres.

En éliminant les armes lourdes et les grandes unités, en fonction du terrain escarpé des hautes montagnes boisées, la guérilla a deux lois stratégiques en sa faveur :
a) les armes lourdes ennemies contournées (artillerie, armure, etc.) ;
b) les grandes unités militaires supérieures à la compagnie (bataillons, brigades, divisions et corps d’armée), qui sont inopérantes contre une guérilla de montagne, qui se déplace agile et constamment, dans sa ligne interne, sans maintenir un front fixe.

Dans la guérilla urbaine le rendement, le rendement stratégique est meilleur : hélicoptères, avions tactiques à décollage vertical, bombardement aéronautique, qui sont actuellement les armes anti-guérilla par excellence au Viet-Nam, et le seront à l’avenir, ne peuvent être utilisés contre une grande ville (où la guérilla domine la rue, la population) ; mais il ne l’a pas libéré, pour éviter son bombardement, son siège stratégique, logistique, économique, mais pour le faire capituler par faim. Dans la guérilla urbaine, quand une ville entière prend part au combat, sans libérer définitivement une ville, laissant le gouvernement symbolique à l’ennemi, mais ayant le peuple avec la guérilla, l’utilisation de l’artillerie, des blindés, de la cavalerie, de l’infanterie, c’est très dangereux dans la rue, car tous sont des angles d’attaque favorables pour les personnes en armes, que des rues, des fenêtres, des toits, il peut vaincre les forces militaires enfermées dans un labyrinthe de rues, dans un labyrinthe, sans issue pour une armée sans soutien populaire.

Stratégiquement, l’idéal est de combiner les guérillas rurales, montagnardes et urbaines, simultanément, pour mener l’ennemi vers une vaste guerre en surface afin que lorsqu’il se rend sur le terrain avec toutes ses forces, il perde la ville par un coup de grâce à l’arrière. En coordonnant la bataille de la ligne (à l’avant-garde sur le terrain et dans les montagnes) avec la bataille de surface (dans les villes et les champs, à l’arrière de l’ennemi), réside le secret de la victoire dans la guerre révolutionnaire, contre les plus grandes armées nationales ou les impérialistes pour leur venir en aide. La guerre étant une autre forme de politique, mais par des méthodes violentes, ce type de stratégie combinée ville-campagne doit s’appuyer sur l’alliance des populations urbaines et rurales, dans un front uni de libération contre les dictatures oligarchiques.

Les guérilleros doivent donc combiner leurs armes (linéaires et bidimensionnelles), dans tous les cas. Il y en a une multitude : les fusils de chasse à cartouches de balles (qui sont un formidable lance-grenades à courte portée) ; fusils, mitraillettes ; pompes à main ; flacons incendiaires (tout le peuple doit savoir les fabriquer, les plus simples, et les jeter, jusqu’à ce que la rue bouillonne contre une puissance tyrannique et illégitime) ; bazookas, mortiers 61 et 81 (pris à l’ennemi) ; canons sans recul ; mitrailleuses 50 et autres (dans la guerre de montagne, utilisées comme antiaériens contre des hélicoptères, prises depuis des hélicoptères abattus) ; des bombes à main artisanales ou des bombes à main prises à l’ennemi (la poudre de feux festifs, en quantité double ou triple que la dynamite, a le même effet) ; comme les armes blindées peuvent être utilisées des bulldozers, des machines routières de différents types, camions, jeeps et tracteurs avec une protection frontale en béton armé ou avec des toits en acier (barres attachées avec un câble d’acier, laissant un voyant à tirer) ; En tant qu’armes d’assaut puissantes, face à une tyrannie qu’il vaut la peine de ne plus prendre et de tout risquer contre elle, il y a le transport de carburants liquides : (détoné à la dynamite : briser la coque des bouteilles de méthane et d’acétylène) ; la civilisation industrielle urbaine fournit toutes ces armes ; ils sont à la portée du peuple ; Il n’a besoin d’une direction révolutionnaire, agissant dans l’intérêt de la grande majorité opprimée, que lorsqu’il est nécessaire de renverser une dictature sanglante, haineuse et criminelle. Il n’a besoin d’une direction révolutionnaire, agissant dans l’intérêt de la grande majorité opprimée, que lorsqu’il est nécessaire de renverser une dictature sanglante, haineuse et criminelle.

Les moyens violents ne se justifient pas contre un régime de prospérité, de démocratie et de respect de la personne humaine ; Il serait criminel de commettre du terrorisme contre un ordre juridique dans lequel le peuple est le sujet de l’histoire : la violence et l’injustice, politiquement et historiquement, contre la violence et l’injustice des dictatures, ou des invasions impérialistes, comme Saint-Domingue (1965 ), ou la Tchécoslovaquie, en 1968.

Enfin, nous disons que les armes sont combinées et jamais séparées : pour entrer dans une caserne, l’infanterie irrégulière des personnes en armes ne suffit pas ; il faut ajouter de l’artillerie, des blindés (bulldozers dépendant des chars, qui cassent les portes et les murs de la caserne, portant des armures de protection) ; une fois que les chars ouvrent la voie, la ville passe ; Vous ne devriez pas dépenser beaucoup de munitions d’infanterie pour combattre des troupes cantonnées ; Avec les gens déjà dans les rues, comme Madrid en 1936, il faut utiliser la menace du feu, des bombes de super-assaut (chars inflammables, explosés à l’acétylène et à la dynamite, sous des angles divers contre une forteresse). Bref, l’action insurrectionnelle du peuple, quand il se bat pour ses libertés bafouées, quand il ne peut et ne doit plus souffrir du despotisme, alors, alors seulement,tous les moyens sont bons pour atteindre le pouvoir ; renverser la tyrannie ou un militarisme au service de l’impérialisme et des oligarchies. Le pouvoir du peuple est nul s’il est dispersé : les armes sont combinées aux hommes et aux objectifs à travers un État-major de la Révolution, sans lequel la tyrannie de la démocratie l’emporte toujours.

XI.- SERVICE D’INFORMATION

Une armée révolutionnaire doit être, avant tout, un parti en armes, structuré avec une clandestinité cohérente cloisonnée de branche en branche de combat, sans contacts horizontaux de groupe en groupe, mais avec une coordination verticale, politique et militaire, au niveau départemental, régional, provincial, régional, national. Dans la guérilla urbaine, chaque cellule de combat ne doit pas être directement liée à une autre, mais plutôt via un service d’information de zone ou de district, afin que l’armée puisse combattre ensemble, vivre séparément et que les combattants ne soient pas liés, de branche en branche, mais à travers l’état-major général central.

Pour éviter des retards dangereux, il faut être extrêmement discret à tous les niveaux de l’armée révolutionnaire : personne ne doit en savoir plus que ce qui est strictement nécessaire pour remplir sa mission, de sorte qu’en cas d’arrestations de combattants, il n’y ait pas de « raids » sérieux avec des pertes abondantes de matériel logistique.

La guérilla révolutionnaire doit être organisée en cercles : a) l’état-major général central (EMC), dont le sommet ne peut être atteint que par le commandement politique (Front de libération et Conseil de libération), les commandants des grandes agglomérations et régions ; b) dans le deuxième cercle, il y a les commandants de branche régionale ou les commandants de zone de la ville, qui connaissent les membres de l’EMC mais leurs subordonnés ont un contact direct avec ledit corps supérieur ; c) dans le troisième cercle, les milices locales et de comté se forment ; mais dont les commandants ne connaissent que le cercle (2) mais pas le cercle (1) ; d) les commandants locaux et départementaux ou régionaux ne se connaissent pas, sauf par le cercle 2, c’est-à-dire au niveau provincial ou régional. Le service d’information de l’arrière-garde ennemi (SIRE) doit fonctionner parmi tous ces cercles,qui sera connecté au Service d’information avancé (SIA) de l’Armée populaire de libération. Par exemple, si cette armée a libéré une zone de montagne, sans tenir fermement l’espace, mais en se déplaçant, tactiquement et stratégiquement, en son sein, l’AIS rapporte ce qu’elle voit, depuis sa zone avant, de sa position avancée, telle que le service d’information d’une armée régulière d’opérations. Mais une armée révolutionnaire doit être victorieuse, avant tout en ayant les yeux et les oreilles du peuple derrière son adversaire, en tant que service militaire de renseignement et d’espionnage, pour connaître, à chaque instant et heure, les intentions, les mouvements, les quantités des troupes et des armements de l’ennemi, pour être lui toujours, dans le temps et dans l’espace, supérieur au feu et en nombre, l’attaquant étonnamment. Travail d’information,A l’arrière ennemi, le SIRE sera aux commandes : réparti partout à travers l’organisation politique (Front de Libération) et les organes parallèles de Pdoer (commissions de libération locales, provinciales, régionales et nationales), qui exercent le pouvoir clandestinement politiquement, pour laisser le gouvernement ennemi dans un vide déconnecté du peuple.

Si le SIRE indique, avec suffisamment de temps, un encerclement ennemi sur une base de guérilla, le terrain est abandonné, de telle sorte que l’adversaire porte un coup dans le vide ; Si le SIRE indique que très peu de troupes répressives anti-guérilla passent par tel ou tel endroit, vers tel endroit et avec de telles intentions, il séparerait une embuscade avec quatre ou cinq fois plus de nombre et de puissance de feu qu’elle, l’encerclant et l’anéantissant, pour grandir. militairement au détriment du butin – la principale source d’approvisionnement logistique pour l’armée de guérilla.

Le SIRE doit être introduit partout, pour obtenir des informations véridiques et fraîches, car les informations qui arrivent en retard sont inutiles militairement. L’information doit passer par deux ou trois branches différentes : si deux certifient le même fait, l’information est bonne ; Si elle passe par trois canaux et à l’heure, elle est plausible, dans le cas d’informations provenant de l’arrière ennemi via les réseaux d’information SIRE.

Dans chaque région, zone, grande ville, province, etc., il doit y avoir un centre d’information (sélecteur et classificateur des informations) qui les purifie et les transmet par codes radiotéléphoniques, messages, etc. vers l’EMC de la province, de la région ou de la base de guérilla. Dans le cas d’une base de guérilla, en montagne, les agents de liaison (personnes qui apportent l’information) et ceux qui la sélectionnent (informateurs), doivent être séparés, ne pas se connaître, mais fonctionner à travers le commandement local ou départemental, qui , à son tour, il sera en contact direct avec la base de guérilla. Séparer le lien, l’information et le transport des fournitures, en branches séparées, même au sein d’une même ville, empêche l’ennemi de découvrir les liens entre la ville et la guérilla,sans quoi il n’y a aucune possibilité d’étendre la guerre révolutionnaire.

Le SIRE des villes et villages, à proximité de la base de guérilla, doit opérer en contact avec le SIA, sans passer par l’état-major provincial ou le commandement de la guérilla, car les informations qui y transitent feraient perdre beaucoup de temps, arriver sans valeur militaire jusqu’à la SIA, c’est-à-dire jusqu’au commandement en chef d’une base de guérilla.

Dans la guérilla urbaine, la SIA étudie directement ses objectifs : elle rassemble toutes les informations nécessaires, pour que l’EMC planifie les opérations, sans faire de faux pas : savoir, objectivement, avant d’agir comme le terrain est, quel est le point faible, combien ils le défendent, etc., etc. Le SIRE, dans la guérilla urbaine, est introduit dans toutes les institutions, police, armée, marine, aviation, ministères, défilé politique, syndicats, centres sportifs, cercles, clubs, etc., etc., pour recueillir des informations. Par principe, on dit que ce qu’un EMC sait secrètement, s’il faut très peu de temps pour passer de la programmation à l’action, l’ennemi aussi. Dans une guerre révolutionnaire, une guerre singulièrement politique, pour savoir ce qui se passe, est commentée, dite et faite,il produit les informations nécessaires pour savoir ce qui se passe en faveur ou contre la guérilla. Une armée de libération, qui donne toujours des confidences vraies et opportunes au SIRE, pourra triompher de ses ennemis, non pas tant à cause de son expertise tactique et stratégique, mais grâce à la collaboration informative de la population favorable : sans amis au sein du peuple, une guérilla ne peut pas prospérer. devenir une armée de libération. Si la population informe au lieu de rendre compte de l’ennemi, la meilleure guérilla tactique sera vaincue politiquement.Sans amis dans la ville, une guérilla ne peut pas prospérer pour devenir une armée de libération. Si la population informe au lieu de rendre compte de l’ennemi, la meilleure guérilla tactique sera vaincue politiquement.Sans amis dans la ville, une guérilla ne peut pas prospérer pour devenir une armée de libération. Si la population informe au lieu de rendre compte de l’ennemi, la meilleure guérilla tactique sera vaincue politiquement.

Un bon service d’information doit avoir toutes sortes de collaborateurs : (garçons, jeunes bergers et paysans ; vieillards, jeunes filles qui découvrent tout ; pharmaciens, médecins, secrétaires municipaux ; professionnels de toutes sortes ; marchands de camions ; les cultivateurs proches des zones de guérilla, moins méfiants (ou qui ne peuvent les empêcher de traverser les zones de danger) ; soldats, sous-officiers et officiers de l’ennemi ; dans les villes, les plus aptes à transporter des pièces sont les balayeurs de rue, les laitiers, des livreurs de toutes sortes, quand il y a beaucoup de ratissage dans les rues, car ils peuvent cacher un morceau de papier entre les bouteilles, etc.

L’idéal de l’information est de se renseigner deux jours à l’avance d’une liste de noms à détenir, ou d’une marche ennemie vers tel point et avec tel matériel et nombre de troupes, pour que l’armée de libération quitte sa place (si la corrélation des forces est défavorable), soit pour céder du terrain et attirer l’ennemi vers un tel endroit, où toutes les forces de guérilla seront rassemblées autour de lui de tous côtés, sans qu’il puisse s’échapper, pour s’approvisionner en matériel et équipement.

Le SIA et le SIRE, connectés en permanence, sont les yeux et les oreilles de l’armée de libération : s’ils fonctionnent bien, les guérilleros auront plus de victoires que de défaites, pouvant ainsi continuer à former une grande armée populaire de libération.

Par principe, le service d’information doit essayer avec son armoire contrefaite, toutes sortes de documents, passeports, etc. les combattants, de changer leurs noms autant de fois que nécessaire, afin d’échapper à la chasse policière. Les timbres de l’ennemi seront tous faits en gravure : un cliché est toujours dressé pour chaque documentation, timbre et ordre pris à l’ennemi ; Nous pouvons prendre de vieux papiers et copier les timbres dessus ; Il faut avoir la possibilité que la guérilla ait trois ou quatre personnalités : prêtre, professionnel respectueux, militaire, homme d’affaires, étranger, etc.

Bref, le sujet du service d’information est vaste : mais en bref, nous dirons que le lieu d’une opération ne doit jamais être révélé à personne le jour (J), l’heure (H), ou là où se trouvent les matériels de guerre.

Sans un bon service d’information, dans une guerre révolutionnaire, sans que le peuple soit les yeux et les oreilles de la guérilla, à l’arrière et sur le front ennemi, il y a une possibilité que la guérilla vaincre le soldat régulier : toujours avec plus de puissance et de feu. , que l’armée révolutionnaire. Mais si la guérilla est bien informée avec des nouvelles fraîches, avant qu’elles ne perdent leur validité, la petite chose (la guérilla) gagnera toujours gros (l’armée réactionnaire). Eh bien, dans les opérations, sachant combien d’ennemis il y a, ils peuvent être vaincus avec un nombre supérieur et tirer des guérilleros, à un moment donné et pour un temps très limité.