Bandeau
Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE, NI CHARLIE !

Le Site de Demain le Grand Soir est issu de l’émission hebdomadaire sur "Radio Béton", qui fut par le passé d’informations et de débats libertaires. L’émission s’étant désormais autonomisée (inféodé à un attelage populiste UCL37 (tendance beaufs-misogynes-virilistes-alcooliques)/gilets jaunes/sociaux-démocrates ) et, malgré la demande des anciens adhérent-es de l’association, a conservé et usurpé le nom DLGS. Heureusement, le site continue son chemin libertaire...

Le site a été attaqué et détruit par des pirates les 29 et 30 septembre 2014 au lendemain de la publication de l’avis de dissolution du groupe fasciste "Vox Populi".

Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les coeurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

Des anarchistes ukrainiens prennent les armes contre l’invasion russe
Article mis en ligne le 28 juin 2022
dernière modification le 27 juin 2022

par siksatnam

EL PAÍS accompagne plusieurs de ces activistes dans le bataillon qui ont rejoint des antiautoritaires et des antifascistes.

Quand un journal libéral donne un éclairage positif sur des anarchistes ukrainiens... en lutte contre l’ennemi commun.

Vilka et Step [pseudo de deux jeunes activistes ukrainiens] reçoivent EL PAÍS dans un garage automobile de la province de Lviv, région ukrainienne à la frontière de la Pologne. Le reportage vidéo qui accompagne cet article montre la réception d’un chargement apporté par trois compagnons polonais. Une fourgonnette vient de traverser la frontière avec des caisses contenant surtout des médicaments, du matériel chirurgical et des protections pare-balles. Il y a aussi des générateurs d’électricité, des bidons d’essence, des pansements... C’est du matériel acheté par des collectifs anarchistes de Pologne, d’Allemagne, des Pays Bas et qui sont destinés au Comité de Résistance, le bataillon formé de militants anarchistes, antiautoritaires et antifascistes. Le Comité de Résistance fait partie des Unités de Défense Territoriale, la milice formée par des civils avec le feu vert de l’armée ukrainienne. La plupart des unités constituent selon des critères géographiques : par villages, par quartiers, et même par rue dans les grandes villes. Même si la majorité de leurs membres ne partagent pas l’idéologie de Vilka et Step, ceux-ci sont convaincu.e.s que l’auto-organisation et l’autonomie de ces colonnes miliciennes va comme un gant avec leurs idées anarchistes. "L’idée des anarchistes qui participent à la lutte armée, c’est qu’on ne se bat pas pour l’État ukrainien mais pour les gens en Ukraine", souligne Vilka.

Depuis 2014, les mouvements d’extrême-droite ont su rentabiliser la guerre dans les provinces de Lougansk et de Donetsk pour augmenter leur pouvoir et leur influence. Le Bataillon Azov, une milice de néonazis, est à présent un régiment intégré dans l’armée régulière qui continue à porter les insignes nazis. Cependant, Vilka et Step croient qu’à la différence de la situation en 2014, dans la guerre de 2022 il y a tant de gens différents qui ont pris les armes dans les unités de défense territoriale que l’influence des groupes d’extrême-droite s’est complètement diluée. Il y en a toujours mais son influence est moindre, estime Vilka. C’est une idée partagée par d’autres soldates [sic] interviewées par EL PAÍS au cours de précédents reportages. L’existence de milices d’extrême-droite est instrumentalisée par la Russie pour qualifier de nazies la totalité des unités militaires ukrainiennes. Step considère que Vladimir Poutine fait un usage retors de l’antifascisme. "Ce sont de faux antifascistes qui mettent en prison les vrais antifascistes dans son pays. En Russie la répression est féroce contre toute opposition, y compris anarchiste. Beaucoup de nos ami.e.s sont en prison et beaucoup de russes se sont réfugié.e.s en Ukraine pour fuir le régime de Poutine", dit Step.

L’anarchisme n’est pas nouveau en Ukraine. Ici, il y a un siècle, l’Armée Noire de Nestor Makhno, a créé une fédération de communautés paysannes qui s’est étendue à travers le sud-est de l’Ukraine, la côte de la Mer Noire et la péninsule de Crimée. Elle a constitué le plus grand territoire "sans dieu ni maître" de l’histoire contemporaine. Même s’il n’y a pas une continuité historique avec les makhnovistes, les mouvements anarchistes ukrainiens s’en inspirent, ainsi que de la CNT espagnole et son rôle dans la Guerre Civile. A l’époque l’Espagne reçut des milliers de volontaires qui formèrent les Brigades Internationales, Aujourd’hui le Comité de Résistance a lancé un appel pour que des anarchistes et antifascistes d’autres pays rejoignent leur lutte en Ukraine. Sur Telegram, il y a un formulaire pour rejoindre leur bataillon sur le front de Kiev. “Le régime actuel en Russie est proche du fascisme et nous souffririons bien plus sous ce régime homophobe, sexiste et xénophobe. De plus, notre identité nationale aussi est importante", proclame Vilka pour expliquer pourquoi les collectifs libertaires ont décidé de répondre par les armes contre l’invasion russe.

La vidéo de El País (La Guerre des Anarchistes ) avec l’interview de nos compagnons anarchistes

https://elpais.com/videos/2022-03-16/anarquistas-ucranios-toman-las-armas-contra-la-invasion-rusa.html#

Traduction de l’espagnol Monica Jornet Groupe Gaston Couté