Préambule légal (et moral) :
Ce pamphlet (mon préféré) s’adresse à l’homme politique d’extrême droite Éric Zemmour, non au journaliste qu’il prétend avoir été, ni à l’écrivain de comptoir qui, depuis vingt ans, réécrit l’histoire avec la délicatesse d’un boucher manchot. Il s’agit ici d’un portrait satirique, c’est-à-dire une opération chirurgicale sans anesthésie.
Éric Zemmour, c’est un peu comme un vin rouge mal conservé dans une bouteille d’eau de Javel : il sent la France, oui, mais celle de 1942. Il parle comme s’il avait gobé les archives de Vichy en pilules homéopathiques. Il ne s’exprime pas, il ressuscite. Chaque phrase est une fouille archéologique dans la décharge de l’Histoire.
Son crédo ? La France serait "remplacée" (par qui ? par quoi ? mystère), l’immigration serait une "invasion", et Pétain aurait "sauvé les juifs français". Oui, il a osé. Et il l’a redit. Encore. Et encore. Avec cette façon si particulière de porter ses idées comme d’autres porteraient un brassard.
CNews : le grand barnum de la propagande chic
Mais ce n’est pas venu de nulle part. CNews, la chaîne d’info où l’objectivité va pour mourir, l’a installé pendant des années sur un trône de moquette, à côté d’un Pascal Praud en état d’adoration permanente. À coups de chroniques sur “le prénom des enfants”, “l’insécurité culturelle” ou “la virilité perdue des Français”, Zemmour s’est transformé d’éditocrate fatigué en leader fascisto-compatible.
CNews, c’est un peu TF1 qui aurait fait une syncope morale. Le journalisme y ressemble à un concours de tir au réfugié animé par des oncles bourrés. Et Zemmour y a joué les warm-up de sa campagne comme dans une salle de muscu où chaque altère serait un point Godwin.
Le Maréchal, le retour : en partenariat avec Marion Marécham Pétin
À ses côtés, Marion Maréchal (ou "Marécham Pétin", soyons justes sur l’arbre généalogique) le regarde comme une Jeanne d’Arc néo-libérale qui aurait mis un blazer Hugo Boss. Ensemble, ils rêvent d’une France où l’on rétablirait la peine de mort pour les prénoms non chrétiens, où les femmes accoucheraient sous la surveillance du Puy du Fou, et où la cantine ne servirait que du porc, même pendant Yom Kippour.
Un programme politique ou un sketch de Dieudonné sous Lexomil ?
Mais creusons. Son programme économique ? Un catalogue de mesures ultra-libérales façon Ayn Rand sous cocaïne. Baisse des impôts pour les riches, destruction des services publics, glorification du "travail" (comprendre : Uberisation totale). Côté écologie ? Rien. Le climat peut bien se réchauffer, tant qu’il reste blanc.
Et pourtant, certains votent pour lui, persuadés qu’il "dit tout haut ce que les autres pensent tout bas". Mais non : il dit tout haut ce que Le Pen pensait tout bas dans les années 80, et ce que Maurras écrivait tout en haut de sa cellule en 1945.
Un opportuniste cynique et raciste qui vend du fascisme en barquette familiale
Éric Zemmour ne croit pas en la France. Il croit en sa revanche personnelle. C’est un homme qui a fait carrière en soufflant sur les braises de la haine, comme un vendeur de barbecue dans une forêt en feu. Il ne cherche pas à gouverner, mais à diviser. À hystériser. À fracturer. Il se sert du racisme latent d’une partie de la population pour vendre un produit idéologique périmé : le pétainisme relooké façon startup nation.
Aux électeurs tentés par ce sinistre personnage :
Avant de voter pour ce sosie de Gargamel sous coke, lisez L’Avenir en commun. Oui, c’est long. Oui, c’est dense. Mais c’est un vrai programme. Qui parle de justice, de partage, d’écologie, d’humanité. Pas d’expulsions de masse ou de “grand remplacement”, mais de progrès pour tous. Même pour ceux qui ne s’appellent pas Jean-Baptiste ou Côme.
En résumé :
Éric Zemmour n’est pas un candidat, c’est une régression.
Il ne propose pas une vision, mais une vengeance.
Il ne veut pas gouverner, il veut punir.
Et il le fait avec la morgue d’un petit homme qui se rêve en grand maréchal.
La conclusion ?
Zemmour n’a rien d’un visionnaire. C’est juste un fossoyeur, mais avec une cravate.
Et franchement, on a déjà assez de morts à enterrer.
Marc Arnaud