Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE !

Le Site de Demain le Grand Soir est issu de l’émission hebdomadaire sur "Radio Béton", qui fut par le passé d’informations et de débats libertaires. L’émission s’étant désormais autonomisée (inféodé à un attelage populiste UCL37 (tendance beaufs-misogynes-virilistes-alcooliques)/gilets jaunes/sociaux-démocrates ) et, malgré la demande des ancien-ne-s adhérent-es de l’association, a conservé et usurpé le nom DLGS durant de trop nombreux mois. Heureusement, le site continue son chemin libertaire... Finalement, au début 2023, l’équipe de l’émission a enfin pris la décision de changer de nom (et nage dans une confusion de plus en plus campiste). L’émission DLGS redémarre alors sur une autre radio (RFL101) à compter du 25 novembre 2025.

Le site a été attaqué et détruit par des pirates les 29 et 30 septembre 2014 au lendemain de la publication de l’avis de dissolution du groupe fasciste "Vox Populi".

Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les cœurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

Aux origines du slogan attribué à Durruti : "Nous renonçons à tout sauf à la victoire".
Article mis en ligne le 1er octobre 2025
dernière modification le 28 septembre 2025

par siksatnam

Dans le cadre des dernières recherches en cours autour de la mort de Durruti entreprises par Juan Heredia, avec l’aide active des Giménologues, nous avons souhaité établir la traçabilité du célèbre slogan « Nous renonçons à tout sauf à la victoire », attribué de son vivant à Durruti par le journaliste Ilya Ehrenbourg.

Nous mettons en évidence le mode opératoire de ce qui apparaît comme une falsification, et le relais dont elle a bénéficié au sein de la CNT-FAI, avec la complicité d’Abad de Santillan dans un premier temps, puis celle de l’ensemble des instances supérieures du mouvement après la mort de Buenaventura.

Ce travail nous semble d’autant plus nécessaire qu’aujourd’hui encore la démarche de Durruti est affublée de ce slogan, y compris dans des publications libertaires, sans distanciation critique. (1)

Ce sous-chapitre « Aux origines du slogan attribué à Buenaventura Durruti : “Nous renonçons à tout sauf à la victoire” » sera inclus dans un ouvrage à paraître : "Nouvelles investigations sur la mort de Durruti et les circonstances de sa venue à Madrid.(2)

Revenons aux conséquences du refus de Durruti de céder aux injonctions de la CNT-FAI de rejoindre Madrid. Au cours de l’automne 1936, les manœuvres s’intensifient pour le faire plier, et ce bien avant l’annonce officielle de l’entrée de ministres de la CNT dans le gouvernement central. C’est à ce moment qu’intervient la publication du « fameux » slogan dans un reportage d’Ilya Ehrenbourg paru dans les Izvestia le 5 octobre 1936 (3). Il avait été dépêché en Espagne en 1931 comme correspondant de ce journal à l’avènement de la IIè République, afin d’y suivre de près la situation. Selon ses dires, à l’époque il aurait déjà eu un premier entretien avec Durruti dans un bar de Barcelone.
Ehrenbourg est l’inventeur du slogan « Nous renonçons à tout sauf à la victoire » (4), qu’il met dans la bouche de Durruti lors d’une rencontre entre les deux hommes sur le front d’Aragon, fin août ou début septembre 1936. Il est probablement aussi l’auteur (5) de l’article « Funérailles de Durruti » paru dans les Izvestia du 23 novembre 1936. Dans cet extrait, l’auteur fait carrément de Durruti un bolchévique admirateur de Staline :

"La rébellion fasciste le retrouve en Catalogne. Il fait preuve de courage, de fermeté de volonté et d’un don d’organisateur-leader. Il devient la principale force organisatrice du Front républicain en Aragon. Sous sa direction, un détachement de 12 000 hommes, d’une discipline inhabituelle, opère. L’émergence d’un gouvernement populaire unique en Catalogne, avec la participation des anarchistes, doit beaucoup à l’influence des dures leçons de la lutte contre le fascisme.

Durruti évolue, se rapprochant de plus en plus du parti communiste. Avant son récent départ au front, il nous déclarait fièrement : ’Oui, je me sens bolchevique. Je suis prêt à accrocher un portrait de Staline dans mon bureau’. » (6)

Juan Heredia, Les giménologues , 16 septembre 2025.