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En 2005 la commémoration du centenaire de la mort de Jules Verne a donné jour à de nombreux écrits ou émissions autour de ses œuvres et de ses positionnements. D’un coté, nous avons un Bourgeois Amiénois, tranquille, anti communard de la pire espèce qui, 17 ans plus tard, se lance dans la politique (à 60 ans) sous une étiquette radicale-socialiste. De même, Jules Verne, s’il s’accommode d’un conformisme certain dans sa vie quotidienne, fait apparaître dans son oeuvre littéraire, un tout autre visage.
Un de ses principaux personnages, le fameux capitaine Némo est un révolté, en marge de la société. Il distribue les trésors qu’il pille aux « révolutions » qui secouent à l’époque les continents.. Ce dernier déclare d’ailleurs qu’il a « rompu avec la société tout entière pour des raisons que j’ai moi seul le droit d’apprécier. Je n’obéis pas à ses règles et je vous engage à ne jamais les invoquer devant moi ! ». Son éditeur, Jules Hetzel, n’aura de cesse de surveiller l’auteur et de « cadrer » certains de ses écrits. Ainsi, lorsque le capitaine Némo meurt (in l’île mystérieuse), sa dernière parole est « indépendance ». Hetzel réécrit alors ce passage et fait mourir le libertaire Némo avec ses propos tout à fait incongrus de sa part : « Dieu et Patrie ! »…
Dans son roman posthume (les naufragés du Jonathan), le Kaw-djer, une des principales figures de l’ouvrage déclare : « De maître, il n’en est pas, il ne peut y avoir pour tout homme digne de ce nom… J’étais, je suis, je serai de ceux qu’on catalogue sous le nom infamant d’anarchistes. Comme eux, j’ai pour devise : ni dieu ni maître ».
Parallèlement Jules Verne ne cache pas son admiration pour Pierre Kropoktine et pour Elisée Reclus (dont il possède tous les ouvrages).
Globalement, son œuvre littéraire ne cesse d’exalter l’esprit d’indépendance de l’individu face à la société. Il s’inscrit dans une tradition individualiste très importante à l’époque qui le pousse à avoir une sympathie naturelle pour les idées libertaires tout en ayant une aversion marquée pour toute théorie collectiviste.
ES