Près de 15 000 manifestant·es dans les rues de Tours ! Des jeunes actif·ves, des familles, des retraité·es, des lycéen·nes, des étudiant·es… Toute une population mobilisée.
Dès le matin, près de 2 000 personnes passent à l’action au centre commercial des Atlantes et sur l’autoroute. À 14 heures, la place Jean-Jaurès est noire de monde. Sans encadrement syndical, la manifestation se déploie librement : colorée, déterminée, imprévisible. La police est débordée, la ville semble nous appartenir.
À cet instant, tout paraît possible. On aurait presque pu prendre la mairie et proclamer la Commune de Tours ! Mais voilà : l’énergie était là, le nombre aussi. Ce qui manquait, c’était l’organisation.
Côté politique, quelques militant·es, deux ou trois élu·es écologistes — dont certains anciens gauchistes ont peut-être la nostalgie de leur jeunesse —, mais pas de socialistes. Ces derniers préfèrent visiblement dénoncer les « méchants casseurs qui dénaturent le mouvement social », plutôt que de s’interroger sur ce qui est en train de se jouer dans la rue. Décidément, les bourgeois de gauche ne sont pas les derniers à défendre l’ordre établi !
Vers 17 heures, quelques pillages et une distribution de fringues du H&M. Après 18 heures, les autonomes affrontent les flics dans des heurts soutenus, rue Buffon et place Jean-Jaurès.
Une foule immense, une ville en ébullition, un pouvoir momentanément débordé. Et cette question qui reste en suspens : que pourrait-on accomplir si la puissance collective d’une journée comme celle-ci s’accompagnait d’une véritable organisation ?
Une belle journée d’automne. Une occasion peut-être manquée.

























